Un rapprochement se dessine entre Legault et les médecins

Un premier pas vers un rapprochement a été franchi mercredi soir entre le ministre de la Santé, François Legault, et les médecins spécialistes. D'un commun accord, les parties recherchent maintenant une «voie de passage» pour permettre la reprise des négociations, interrompues depuis décembre.

Au lendemain de cette rencontre au sommet, les deux parties se sont montrées fortement encouragées par le climat et les échanges positifs survenus entre le ministre de la Santé et les médecins.

Qualifiée d'«historique», cette rencontre de cinq heures avec les 34 présidents des associations médicales, qui a pris fin peu avant minuit, a porté tant sur les conditions de pratique que sur la répartition des effectifs et les investissements nécessaires en santé. La question de la rémunération, hautement explosive, n'a été abordée que par la bande. Malgré tout, on conclut à un bilan nettement positif.

«Cette rencontre a permis de rapprocher les parties. On est en train de trouver une voie de passage. Et disons que cette rencontre était un conditionnement des parties pour nous rendre à cette voie de passage», a commenté hier le Dr Yves Dugré, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Selon ce dernier, le ministre a convaincu les médecins de sa volonté de réaliser des investissements importants en santé. Les instances de la fédération ont d'ailleurs accordé un appui sans borne au plan de relance de la santé du ministre Legault, qui estime à 1,8 milliard de dollars le coût du rattrapage budgétaire nécessaire pour donner les services requis à la population du Québec.

Selon le Dr Dugré, sans aborder directement la question des salaires, le ministre aurait aussi reconnu la nécessité de maintenir une «rémunération compétitive» pour «garder les cerveaux au Québec».

Du côté du ministère de la Santé, on s'est montré tout aussi encouragé hier par cette «rencontre d'échanges». «M. Legault considère que ce furent de bons échanges et que cela était nécessaire pour rétablir les perceptions de part et d'autre. On va continuer à échanger pour trouver des bases afin de reprendre la négociation», a fait savoir hier Anne Marcotte, l'attachée de presse du ministre Legault.

Malgré ce rapprochement, les médecins n'entendent toujours pas suspendre leurs moyens de pression dans les universités, où l'annulation de nombreux cours risque de mettre en péril la session actuelle, notamment à l'Université de Montréal. Pour Québec, l'arrêt des moyens de pression, amorcés à la mi-novembre, demeure une condition sine qua non à la reprise de vraies négociations.