Alimentation - Manger santé, de plus en plus bio et végé

Photo: Nancy Lessard
«Nous, les parents, transmettons des habitudes alimentaires à nos enfants. Si on ne veut pas que notre enfant boive des boissons gazeuses, il ne faut pas en boire, ni même en acheter. Même chose pour les biscuits», note Renée
Photo: Photo: Nancy Lessard «Nous, les parents, transmettons des habitudes alimentaires à nos enfants. Si on ne veut pas que notre enfant boive des boissons gazeuses, il ne faut pas en boire, ni même en acheter. Même chose pour les biscuits», note Renée

Auteure, éditrice, conférencière dans le domaine de l'alimentation depuis 20 ans, organisatrice de l'Expo Manger Santé, cofondatrice de l'association Manger Santé Bio, Renée Frappier fait de la saine alimentation une priorité de carrière et de vie personnelle. Et tranquillement, elle voit la société changer. Cette fin de semaine, elle poursuivra son oeuvre en présentant une conférence sur l'importance de manger santé, végé, bio, local, et tout ça, avec plaisir.

«Il y a 30 ans, on ne trouvait pas de tofu à l'épicerie. Maintenant, il y en a partout. Les gens en achètent, mais bien souvent, ils le mettent dans leur frigo et le laissent là, parce qu'ils ne savent encore pas trop quoi en faire. Mais quand même, il y a du progrès», remarque celle qui a été l'une des pionnières dans le développement des coopératives en alimentation naturelle.

Le principe de la saine alimentation est aujourd'hui beaucoup plus connu, reconnu et diffusé, remarque Renée Frappier. Or, sans nécessairement mal nourrir leurs enfants, les parents ne font pas toujours les meilleurs choix en matière d'alimentation encore aujourd'hui, remarque-t-elle.

«D'abord, il faut manger des fruits et des légumes. On ne répète pas assez que les légumes doivent remplir la moitié de l'assiette qu'on sert à un repas. On doit aussi manger beaucoup de légumes crus. Les enfants adorent les crudités. Je ne connais pas un enfant qui ne mange pas les petits bâtonnets de légumes qu'on lui présente. C'est bien de prendre l'habitude de leur en servir alors qu'on prépare le repas», indique Mme Frappier.

Et elle met en garde les parents contre les trempettes, souvent très grasses et très salées. «Il faut habituer les enfants au goût des légumes. Par exemple, je mets souvent juste un peu de jus de citron et quelques grains de sel ou quelques fines herbes dessus et c'est excellent», nous donne comme truc l'auteure de livres de référence en alimentation.

Renée Frappier croit également en l'importance de manger des céréales, du pain et du riz entiers. «Du millet, des galettes de sarrasin, du gruau le matin, bref, il faut varier», explique-t-elle.

Prêcher par l'exemple

Bien que la société ait un rôle à jouer dans l'alimentation des jeunes, Renée Frappier est convaincue que les parents ont également beaucoup à voir avec la façon dont leurs enfants se nourrissent.

«Nous, les parents, transmettons des habitudes alimentaires à nos enfants. Si on ne veut pas que notre enfant boive des boissons gazeuses, il ne faut pas en boire, ni même en acheter. Même chose pour les biscuits. Nous avons le contrôle sur les aliments qui entrent dans notre maison. Si on ne veut pas en manger, il ne faut pas en acheter. Et là, je dis ça, mais il faut bien comprendre que je parle d'habitudes alimentaires. Évidemment, ce n'est pas grave d'acheter ces aliments à l'occasion», affirme-t-elle.

Il ne faut pas avoir peur d'oser, selon la spécialiste. «Je vois souvent dans les dégustations de l'Expo Manger Santé des parents qui n'osent même pas goûter des aliments qu'ils ne connaissent pas, alors imaginez les enfants!»

La communication doit aussi être bonne entre les parents et les enfants. «Si le jeune comprend pourquoi il doit améliorer son alimentation, il adhère mieux au changement», explique la spécialiste et mère de

famille.

De plus en plus végé et bio

Pour mettre toutes les chances de son côté et s'assurer un succès à long terme, il faut toutefois y aller graduellement en matière de changements d'alimentation, selon Renée Frappier. Par exemple, elle encourage les gens à manger de plus en plus végétarien et biologique.

«De plus en plus, les gens doivent essayer de manger des produits du règne végétal, idéalement biologiques: des fruits, des légumes, mais aussi des céréales, des légumineuses, des noix, etc. Progressivement, il faut réduire notre consommation de viande en intégrant du tofu et des légumineuses à nos plats», indique celle qui a pris le virage du végétarisme il y a 30 ans.

Mme Frappier remarque que les gens ne connaissent pas les légumineuses. «Et ils ne les digèrent pas davantage! C'est pour ça qu'il faut y aller progressivement et avec de petites quantités au départ, pour habituer son organisme. Et il faut s'ouvrir, ne pas avoir peur d'essayer», affirme-t-elle.

La clé de l'organisation

On ne s'en sort pas, pour réussir à améliorer significativement son alimentation, il faut de la volonté, mais aussi de l'organisation. «C'est certain qu'aujourd'hui, les mères de famille travaillent à l'extérieur de la maison et plusieurs ne prennent plus le temps de cuisiner. Pour arriver à bien s'alimenter en peu de temps, il faut des stratégies», indique Renée Frappier.

D'abord, il faut prendre l'habitude de tripler nos recettes pour faire congeler des plats. «Lorsqu'on fait cuire du millet ou des fèves rouges, on en fait cuire beaucoup et on en fait congeler également. Ensuite, c'est très facile de sortir nos légumineuses du congélateur pour les intégrer à nos plats. De plus, de nos jours, il existe beaucoup de plats santé et végétariens prêts à manger dans les épiceries, donc ça peut nous simplifier la vie», explique la passionnée de saine alimentation.

Sans nécessairement planifier les repas de la semaine en détail, il faut tout de même prévoir grosso modo ce qu'on mangera si on veut économiser du temps et éviter le gaspillage. «D'abord, chaque semaine, il faut faire une liste de ce qu'on a et de ce qu'on veut acheter pour les repas», affirme Mme Frappier.

Ensuite, on se met aux fourneaux! «La préparation des repas devrait être un temps privilégié pour la famille, ajoute-t-elle. On peut évidemment en faire beaucoup les soirs et les fins de semaine pour que ce soit plus rapide en arrivant du travail. On peut aussi faire participer les enfants; comme ça, ils seront plus enclins à manger ce qu'ils ont aidé à préparer. Enfin, il ne faut pas oublier que ces moments heureux que nous passerons en famille à cuisiner et ces bonnes habitudes alimentaires que nous transmettrons à nos enfants ont toutes les chances de rester ancrées en eux. À leur tour, ils pourront un jour les partager avec leurs enfants.»

Collaboratrice du Devoir

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Renée Frappier présentera sa conférence à l'Expo Manger Santé les 15 et 16 mars, de 16h30 à 17h à Montréal, ainsi que les 29 et 30 mars à Québec, respectivement de 16h30 à 17h, et de 15h45 à 16h15.

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