Des aliments biologiques, certes, mais surtout nutritifs

Dans le cadre d’un projet-pilote en alimentation organisé par Équiterre, des enfants sont invités à se nourrir de produits agricoles biologiques et locaux.
Photo: Jacques Nadeau Dans le cadre d’un projet-pilote en alimentation organisé par Équiterre, des enfants sont invités à se nourrir de produits agricoles biologiques et locaux.

Probiotiques, antioxydants, produits de santé naturels. Diverses substances auraient des propriétés thérapeutiques. Hélène Baribeau, diététiste-nutritionniste, fait le point sur des approches alternatives en santé et insiste sur l'importance d'une saine alimentation.

C'est connu! Bien manger contribue à demeurer en santé. Il n'y a pas si longtemps, on croyait qu'il suffisait d'avoir une alimentation équilibrée pour y arriver. Par la suite, de nombreuses études ont démontré les vertus thérapeutiques des oméga-3, des probiotiques et des antioxydants. L'industrie alimentaire a rapidement vu là un marché à exploiter. Une nouvelle gamme d'aliments enrichis a envahi les tablettes des épiceries. Après les produits sans sucre, sans sel et sans gras, on trouve désormais des biscuits au thé vert, du yogourt aux probiotiques, du jus d'orange enrichi de calcium, bref, de plus en plus d'aliments dits «fonctionnels».

Des produits efficaces?

Ces produits ont-ils réellement un potentiel préventif ou curatif? Selon Mme Baribeau, les aliments fonctionnels peuvent, dans une certaine mesure, combler des carences nutritionnelles de la population. «Par exemple, une personne qui n'aime pas le poisson peut se tourner vers des aliments enrichis d'oméga-3. Toutefois, ces aliments ne contiendront jamais autant d'oméga-3 que le saumon, par exemple. Il faut donc en consommer une quantité considérable pour obtenir la dose adéquate.»

La diététiste-nutrionniste souligne aussi que ces produits peuvent avoir des effets pervers. «Pensant bien faire en choisissant des oeufs oméga-3, certaines personnes abandonneront leur consommation de poisson. Elles risquent donc de manquer de certains nutriments. D'autres opteront pour des aliments enrichis alors qu'elles n'en ont pas besoin. Elles consomment déjà des vitamines et minéraux de façon naturelle, en mangeant sainement.»

Faire preuve de prudence

À l'heure où on cherche à prendre sa santé en main, de nombreux consommateurs se tournent vers les produits de santé naturels. Selon un sondage mené en 2005 par la firme Ipsos-Reid pour le compte de Santé Canada, 71 % des Canadiens consomment régulièrement des vitamines, des minéraux, des remèdes homéopathiques, des plantes médicinales et autres. Ces produits peuvent faire beaucoup de bien. Ainsi, Santé Canada recommande aux adultes de plus de 50 ans de prendre chaque jour un supplément de 400 UI de vitamine D. Essentielle à l'absorption du calcium par l'organisme, la vitamine D peut prévenir notamment l'ostéoporose et le cancer du colon.

Cependant, il faut utiliser les produits de santé naturels avec prudence. «Ceux-ci ne sont pas inoffensifs et comportent des contre-indications, explique Mme Baribeau. Par exemple, quelqu'un qui souffre d'anémie ne devrait pas prendre de suppléments de calcium. Cela peut nuire à ses réserves en fer. Les produits de santé naturels peuvent aussi interagir entre eux et avec certains médicaments ou aliments. C'est pourquoi il est recommandé d'en parler avec son pharmacien ou un naturopathe avant de consommer des produits de santé naturels.»

Bien manger...

Mme Baribeau insiste également sur le rôle préventif que joue l'alimentation. «Ce que l'on mange a des répercussions majeures sur notre organisme.» Pour lutter contre le cancer qui touche une personne sur trois, elle conseille de manger de 8 à 10 portions de fruits et de légumes par jour, soit plus que le recommande le Défi santé 5/30. «Ils constituent une source importante d'antioxydants et aident bien contrôler son poids.»

Dans le cadre de notre démarche santé, la diététiste recommande d'adopter le plus possible une alimentation biologique. «On a ainsi la certitude que les aliments sont exempts d'organismes génétiquement modifiés [OGM], de pesticides et d'agents de conservation», précise-t-elle. Doit-on uniquement manger des fruits et des légumes biologiques? «Non, répond catégoriquement la spécialiste. Il est plus important de manger des légumes avec des pesticides que pas de légumes du tout.»

Afin d'être en forme, on privilégiera également une alimentation équilibrée comportant des aliments des quatre groupes décrits dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement, soit des produits céréaliers, des fruits et légumes, des produits laitiers et des viandes et leurs substituts. «On limitera sa consommation de viande rouge — porc, boeuf, agneau, veau — à quatre portions par semaine, conseille la spécialiste. Plus que cela, le risque de cancer augmente considérablement.»

On a donc tout intérêt à remplacer la viande par des légumineuses au moins deux fois par semaine. De même, on mangera deux repas de poissons gras tels le saumon, la truite ou la sardine. On ira ainsi chercher un apport suffisant en bons gras, soit en oméga-3. Pour combler tous ses besoins nutritifs, il faut aussi consommer des graines et des noix tous les jours. Enfin, on boira de l'alcool — un dépresseur du système nerveux — avec modération. Il est conseillé de ne pas dépasser une consommation par jour. On se désaltérera plutôt avec de l'eau ou du thé vert, ce dernier étant très riche en antioxydants.

... en petite quantité

Pour rester en santé, il faut aussi se garder de trop manger. «Près de 60 % des Québécois ont un surplus de poids, ce qui est extrêmement nocif, prévient Mme Baribeau. Cela cause le diabète, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires. Il faut donc faire davantage d'exercice, mais aussi réduire son apport calorique.» On se met au régime donc? «Surtout pas, dit-elle. Les régimes, surtout s'ils sont très draconiens, contribuent au gain de poids. La meilleure formule pour maigrir, c'est d'écouter les signaux de satiété et de faim que notre corps nous envoie, quitte à en laisser dans notre assiette. C'est du gaspillage sain.»

Enfin, il faut aussi s'assurer de mieux maîtriser son taux de cholestérol et consommer des grains entiers. «On doit mettre de côté les riz blancs, les pâtes blanches et le pain blanc, qui ont des effets nocifs à long terme», précise la nutritionniste. On évitera aussi les aliments transformés, qui contiennent trop de sel ou de sucre. On privilégiera plutôt les plats cuisinés à la maison. Cela permet de mieux contrôler la qualité des gras ainsi que la quantité de sucre et de sel dans les aliments.

Autant de conseils pouvant contribuer à nous garder en santé.

Collaboratrice du Devoir
1 commentaire
  • Claude Stordeur - Inscrit 12 mars 2008 11 h 25

    Chassez le naturel...il revient au galot

    A trop se fier aux super-grandes compagnies comme Unilever par exemple, ont se tire dans le pied, elles ne recherchent que le profit immédiat pour contenter les actionnaires du jour. A chaque minute un actionnaire peut décider de vendre ses actions et faire crouler la compagnie, si la boule de neige des autres actionnaires se fait assez vite.
    même chez Costco, lieu de dépense immense, il est possible de se procurer des produit frais à bon prix en hiver. Faire son pain soi-même avec une machine a pain est très facile aussi...