Élan d'enthousiasme à droite

Photo: Agence Reuters

Se faisant clairement le contrepoids des syndicats, le monde des affaires a accueilli le rapport Castonguay avec un empressement non feint. Ses membres appellent d'ailleurs le gouvernement à une application rapide des principales recommandations qu'ils jugent parfaitement réalistes, même si certains ne sont pas chauds à l'idée de voir la TVQ être augmentée.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime qu'il n'y a que du bon dans ce rapport, qui mise d'abord sur des idées, non pas révolutionnaires, mais bien pragmatiques et déjà appliquées avec succès ailleurs dans le monde. Seule ombre au tableau, la hausse de la taxe de vente, rejetée d'emblée hier par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, au grand soulagement du président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) juge pour sa part que la préservation d'un système de santé universel de qualité passe forcément par une plus grande implication du secteur privé dans la livraison des soins de santé, cela «tout en respectant la capacité collective de payer des Québécois». La mixité sera à cet égard plus que bienvenue, croit la FCCQ, qui appelle elle aussi à la mise en branle rapide des changements proposés.

De son côté, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité a vu apparaître l'idée d'une franchise à payer avec beaucoup de plaisir, cette dernière n'étant pas sans rappeler les mécanismes financiers qui existent déjà dans les coopératives de santé. Mais cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix. «La cotisation annuelle devra être autorisée seulement dans les cliniques de première ligne dont le contrôle est exercé par les citoyens», a insisté la présidente-directrice générale du Conseil, Hélène Simard.

Pour sa part, le président de l'Institut économique de Montréal (IEDM), Paul Daniel Muller, a salué «un rapport d'une très grande envergure». Équilibré, bien fait, ce dernier reprend plusieurs idées déjà mises en avant lors de commissions semblables, notamment celles présidées par Michel Clair et Jacques Ménard, puis abandonnées en chemin. «Cette fois, il faut plonger. On ne peut plus se permettre de petites "réformettes", l'ampleur du problème est devenu trop importante», a dit M. Muller.

L'institut Fraser, un groupe de réflexion de droite, croit lui aussi que le rapport Castonguay est sur la bonne voie, notamment sur le plan de la mixité, qui est un pas important qui doit être fait. «Cependant, augmenter la TVQ et créer un fonds spécial pour financer les dépenses de santé ne sont pas de bonnes idées. Notre régime de santé n'a pas besoin d'un surcroît de financement mais d'une véritable réforme», a estimé Tasha Kheiriddin, directrice pour le Québec et la francophonie à l'Institut Fraser.

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