Au Québec - Le suicide frappe de plus en plus les 50 ans et plus

Le visage du suicide se transforme progressivement au Québec, si bien que le phénomène frappe de plus en plus les personnes âgées de 50 ans et plus, qui représentent désormais 40 % de ceux et celles qui se donnent la mort chaque année. Il s'agit là d'une tendance lourde à laquelle il faut s'attaquer, selon l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic.

Selon des données de l'Institut national de santé publique du Québec, la proportion des décès par suicide concernant des personnes âgées de 50 ans et plus est passée de 27,2 % à 39,9 % entre 1999 et 2006. Cette progression constante représente une hausse de près de 47 % en seulement sept ans. Et les hommes sont encore une fois les plus frappés, puisqu'ils comptent pour 74 % des personnes de cette tranche d'âge qui ont recours à ce geste ultime.

Une priorité

À l'aube de la 18e Semaine de prévention du suicide, qui se tient du 3 au 9 février, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) réclame donc à nouveau que la prévention du suicide chez les personnes âgées devienne une priorité d'action pour le gouvernement du Québec.

On exige notamment le développement de programmes de prévention s'adressant spécifiquement à l'entourage des personnes âgées suicidaires et l'amélioration de l'accessibilité à des services de santé mentale pour les individus à risque. Pour détecter les signes de détresse, l'AQRP estime qu'il faudrait déployer des professionnels formés pour reconnaître les signes de détresse, et ce, dans les milieux de vie des aînés.

Dès 2004, dans un document intitulé L'Épidémiologie du suicide au Québec: que savons-nous de la situation récente?, l'Institut national de santé publique du Québec signalait que la mortalité par suicide des générations du «baby-boom» sem-ble se maintenir avec leur avancement en âge. Elle ajoutait que, si cette tendance devait persister, le Québec risque de con-naître des taux de décès par suicide très élevés chez les personnes de 55 ans et plus dans les prochaines années.

Cette année, l'Association québécoise de prévention du suicide invite tout un chacun à «ouvrir les yeux» pour tenter de déceler les signes de détresse de ses proches. Et pour trouver de l'aide, autant pour les gens qui ont des idées suicidaires que leurs proches et amis, les intervenants rappellent qu'une ligne téléphonique spéciale est à leur disposition: 1 866 APPELLE (277-3553). Elle est en service 24 heures sur 24, sept jours sur sept. On peut alors les diriger vers les bonnes ressources.
 
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 4 février 2008 10 h 23

    Et leurs motifs ?

    Que sait-on des motifs qui poussent les gens de 50 ans et plus à se retirer de la société dans laquelle ils ont vécu toutes ces années ? Le savoir aiderait sans doute à endiguer l'épidémie.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Line Rainville - Inscrite 4 février 2008 13 h 31

    Et leurs motifs ? Effectivement !

    Je suis d'accord avec M. Berger. Il serait utile de connaître les motifs qui amènenet les personnes âgées à vouloir se suicider ! Ça pourrait donner un point de départ pour faire de la prévention.