Maladie du travailleur du pop-corn - L'Union des consommateurs demande le retrait du diacétyle

L'Union des consommateurs demande au gouvernement canadien de revoir rapidement ses règles d'étiquetage afin de mieux informer les consommateurs de la présence dans leurs aliments d'additifs potentiellement dangereux pour la santé humaine. Cette transparence leur permettrait ainsi de déceler plus facilement le diacétyle, un arôme de beurre montré du doigt cette semaine par l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA) en raison de son rôle possible dans la formation de maladies pulmonaires et à propos duquel les étiquettes sont pour le moment muettes.

En marge de consultations du gouvernement fédéral tenues hier à Ottawa autour de son plan d'action à venir pour la sécurité des produits alimentaires et de consommation, l'Union des consommateurs a suggéré aux autorités réglementaires de très vite mettre en application la médecine qu'elles préconisent. «Avec son plan, Ottawa dit vouloir faire preuve à l'avenir non seulement de plus de transparence mais aussi d'ouverture face aux consommateurs», a indiqué au Devoir Charles Tanguay, porte-parole de l'organisme consumériste, joint par téléphone. «Dans ce contexte, le gouvernement devrait bien sûr bannir le diacétyle sur-le-champ et, dans le cas contraire, s'assurer que les consommateurs aient toute l'information en main pour éviter d'être en contact avec ce produit.»

Présent dans des milliers de produits alimentaires, dont le célèbre maïs soufflé à saveur de beurre, le diacétyle n'apparaît en effet jamais sur la liste des ingrédients des aliments vendus au Canada. Motif? Considéré par les lois canadiennes comme un agent aromatisant, il entre simplement sous une appellation générique d'«arôme» ou d'«arôme de beurre». Sans plus. «Face aux doutes [sur l'innocuité de cette substance], le consommateur a désormais le droit de savoir, a poursuivi M. Tanguay. Et pour ça, les règles d'étiquetage doivent être modifiées.»

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), qui gère les politiques d'étiquetage au pays, a indiqué hier au Devoir «qu'aucun projet n'était actuellement sur la table» en vue d'une refonte des règlements sur l'étiquetage des aliments au pays. Des modifications juridiques quant à la présentation des arômes et des additifs alimentaires sur les produits ne sont pas non plus au programme, a indiqué Marc Richard, porte-parole de l'agence.

Pourtant, cette semaine, l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation, une entité syndicale basée en Suisse, a demandé à Ottawa de suspendre immédiatement l'utilisation du diacétyle dans l'alimentation et, parallèlement, de réévaluer sa position au sujet de cette substance chimique. L'appel a été lancé aux autorités sanitaires de divers États dans la foulée d'une série de découvertes scientifiques qui tendent à établir un lien entre cet arôme et la bronchiolite oblitérante. Les travailleurs des usines de maïs soufflé, régulièrement en contact avec ce composé chimique, seraient particulièrement touchés par cette maladie.

Malgré ces découvertes, Santé Canada n'a toutefois pas l'intention de passer le diacétyle au crible, a indiqué le ministère fédéral mardi dernier, soulignant qu'il juge que cet arôme «ne fait pas peser de risque particulier pour la santé humaine».

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