Des chercheurs repèrent une cible contre les allergies graves

Toronto — Une étude menée par des Canadiens a confirmé qu'un enzyme sanguin semble amoindrir la sévérité des réactions allergiques, ce qui pourrait représenter une bonne piste pour la création d'un médicament contre les allergies alimentaires potentiellement mortelles, comme celles aux arachides ou aux fruits de mer, ou certaines réactions déclenchées par des médicaments ou des piqûres d'insectes.

Le rôle de cet enzyme aurait été démontré dans des recherches sur les animaux, mais cette nouvelle recherche est la première à confirmer le phénomène chez les humains.

Elle démontre que les gens qui ont des allergies potentiellement mortelles et qui ont de faibles niveaux d'acyl-hydrolase du PAF dans leur sang ont des réactions allergiques plus intenses que les gens avec des niveaux élevés d'acyl-hydrolase du PAF.

Selon le chercheur principal, Peter Vadas, l'acyl-hydrolase du PAF élimine un produit chimique appelé facteur d'activation des plaquettes, ou PAF, lequel est produit pendant une réaction allergique.

Les gens ayant un plus faible niveau de l'enzyme ne peuvent neutraliser le PAF assez rapidement pour prévenir une réaction allergique intense, explique M. Vadas. L'étude doit être publiée aujourd'hui dans le New England Journal of Medicine.

Quantifier les risques

Si ces conclusions sont corroborées par d'autres scientifiques, elles pourraient aussi être utilisées pour aider à quantifier les risques pour les personnes souffrant d'allergies graves, ajoute M. Vadas.

Selon lui, cette étude pourrait ouvrir la porte au développement d'un médicament qui pourrait être pris par des personnes atteintes d'allergies graves sur une base quotidienne pour les protéger contre d'éventuelles expositions aux produits qui causent leurs

réactions.

À voir en vidéo