Les 100 meilleurs employeurs au Canada - Il faut gérer la diversité

Pfizer se retrouve parmi les organismes en santé figurant sur la liste des meilleurs employeurs au Canada. La compagnie pharmaceutique internationale compte plus de 550 employés à son siège social de Kirkland au Québec.
Photo: Agence Reuters Pfizer se retrouve parmi les organismes en santé figurant sur la liste des meilleurs employeurs au Canada. La compagnie pharmaceutique internationale compte plus de 550 employés à son siège social de Kirkland au Québec.

Media Corp, un organisme torontois, publiait il y a trois semaines la liste des 100 meilleurs employeurs au Canada et une liste distincte pour Montréal, identifiant là 15 entreprises. Quatre organismes en santé y figuraient: les porte-parole du Centre de santé universitaire McGill (CUSM), de Merck Frosst, de Pfizer Canada et de IMS Health Canada nous disent comment ils sont devenus des «employeurs modèles».

Plus de 5000 personnes occupent des emplois permanents au Centre de santé universitaire McGill. Normand Rinfret, directeur général adjoint, et Yves Lagüe, directeur adjoint des ressources humaines, brossent un portait des relations de travail à cet endroit. Qu'en est-il alors des principaux corps d'emplois en présence et des professions exercées dans cette institution? «En nombre, ces sont les infirmières qui dominent. Il y a également un groupe important qui est celui du soutien aux soins, dont font partie les gens des services diagnostiques et thérapeutiques. On parle aussi des préposés à l'entretien ménager et au service alimentaire. Les hôpitaux forment l'environnement où il existe le plus de titres d'emplois différents, et ce afin que ceux-ci soient en mesure de répondre adéquatement aux besoins des patients», résume M. Rinfret.

Tout indique que le Centre s'en tire plutôt bien dans l'harmonisation des interventions de chaque groupe dans un tel contexte de diversité: «D'abord, c'est un défi qu'il faut relever tous les jours. C'est cette harmonisation qui sert à obtenir un bon environnement de travail et c'est là une responsabilité qui appartient autant aux syndicats qu'à l'employeur. Je dois dire qu'ici c'est fantastique parce qu'il y a des gens avec lesquels on s'entend et avec lesquels on est capable de parler.» Il en va de même dans les relations avec les divers groupes de professionnels où il est possible d'éliminer les zones grises en étant constamment en mode communication. Yves Lagüe intervient: «Au fil des années, je pense qu'il y a une culture qui s'est développée. Lorsqu'il y a des problèmes qui se posent, la réaction des personnes, c'est d'essayer de trouver ensemble des solutions, ce qui n'est pas toujours facile, pour être honnête. C'est une sorte de réflexe qui sert à sortir "gagnant-gagnant" de certaines difficultés.»

Le Centre a réussi à faire l'unanimité autour d'une idée, ce qui a largement contribué à lui valoir une place d'honneur à titre d'employeur, comme l'indique Normand Rinfret: «Le premier consensus, qui d'après moi est le plus important, c'est que nous sommes tous là pour servir le patient. On essaie d'établir cela comme étant la première valeur à faire valoir. En deuxième lieu, on met l'accent sur le respect mutuel de nos connaissances et de nos expertises. Le Centre figure dans un environnement hospitalier qui est très multiethnique; pour cette raison et en troisième lieu, on favorise l'harmonisation des communications entre les différents groupes.»

Yves Lagüe dégage un autre point positif: «Un élément qui nous caractérise, c'est qu'on est une institution universitaire. Il y a donc des possibilités que le personnel ait accès à du développement qui est très important sur le plan individuel et sur celui des carrières; c'est très présent dans notre établissement.» M. Rinfret ajoute: «Dans un tel milieu universitaire, il y a toujours des choses à améliorer. Dans ce sens, la critique positive est un élément essentiel et l'amélioration continue en dépend.»

Merck concentrée au Québec

Chef principal aux communications de Merck Frosst, Vincent Lamoureux présente cette entreprise solidement implantée au Québec depuis longtemps: «On compte ici à peu près 1100 employés permanents et il y en a plus de 1500 au Canada. C'est ici à Montréal que sont principalement regroupées nos activités. On y retrouve le siège social et également le centre de recherche, le plus gros du genre au pays; on y compte de plus de 80 à 100 représentants répartis sur le territoire.»

Pourquoi l'entreprise figure-t-elle au palmarès des 15 bons employeurs au Québec? «Il y a plusieurs facteurs qui rendent le travail intéressant chez Merck Frosst. Au-delà des conditions de travail et des avantages sociaux avantageux à la base, il y a certains éléments qui ressortent. D'abord, on a une main-d'oeuvre diversifiée sur plusieurs plans. On respecte la diversité culturelle et on reconnaît que les besoins ne sont pas les mêmes selon les catégories d'âge; on offre donc beaucoup de flexibilité aux employés et celle-ci leur permet de poser des choix selon leur âge en ce qui a trait aux avantages sociaux et à l'aménagement du temps de travail.»

Merck Frosst a compris un des enjeux importants qui s'est manifesté dans la société qui est la nôtre: «C'est la conciliation travail-famille. Pour favoriser celle-ci, on a mis en place une garderie absolument extraordinaire qui possède 150 places. On a même deux sites de garderie à côté de notre édifice et celle-ci se démarque par la qualité du personnel et des installations. Les gens s'en servent au maximum. On a commencé avec un seul site et on en a ouvert un deuxième parce qu'on avait des listes d'attente qui n'en finissaient plus.»

IMS Health Canada informe

À l'échelle mondiale, IMS fait figure de principal fournisseur de renseignements et de services de consultation à l'intention de l'industrie pharmaceutique et du secteur de la santé. Au Canada, les activités de l'entreprise sont concentrées à Toronto et Montréal, comme le signale Lucie Bourgeois, sa directrice des ressources humaines: «Il y a environ 275 employés permanents à Montréal et 75 autres dans la Ville-Reine. Il y a chez nous des statisticiens qui forment un personnel extrêmement stratégique; ce sont eux qui développent des méthodologies de projection et qui procèdent à toutes les analyses sur le plan des données pour les clients. Il y a aussi un groupe assez important de gens qui s'adressent directement à la clientèle. Enfin, une grosse équipe s'occupe de la production; ce sont des travailleurs en informatique.»

IMS se distingue au chapitre des relations de travail avec son personnel et Mme Bourgeois explique pourquoi: «C'est en raison d'un ensemble de facteurs et on peut les résumer en deux ou trois points. Depuis mon arrivée en poste il y a trois ans et demi, je suis frappée de constater à quel point les employés sont allumés; ce sont des personnes brillantes qui aiment faire face à des défis, ce qui correspond à la volonté de l'entreprise qui laisse la porte ouverte aux gens pour se développer et pour relever des défis personnels.» Elle relève un autre point important: «Les gens accomplissent ici un travail et ils sentent que celui-ci a un sens. C'est différent que de faire un travail dont on ne connaît pas les impacts sur la société. En plus, ils font ce travail dans un environnement où la culture est fortement basée sur le respect et l'intégrité des gens. On prête énormément attention aux valeurs des employés et on croit fermement que, si on répond à leurs besoins professionnels dans un environnement respectueux, ils vont être appelés à se motiver et à se dépasser, ce qui va répondre à notre succès sur le marché.»

Pfizer et le programme VIVA

La compagnie pharmaceutique internationale compte plus de 550 employés à son siège social de Kirkland au Québec. Ils remplissent tous des tâches administratives, car la compagnie ne poursuit pas d'activités de recherche en sol québécois, laisse savoir Sophie McCann, la porte-parole de l'entreprise.

Elle explique de la sorte les succès de Pfizer dans les relations avec son personnel: «Chez Pfizer, nous ne tenons rien pour acquis, et surtout pas nos employés. Nous continuons de chercher à nous améliorer et à offrir un endroit de travail adapté pour les besoins individuels de ces derniers. Depuis plusieurs années déjà, nous offrons des compensations plus élevées que la moyenne de l'industrie et nous continuons d'améliorer nos bénéfices. Nous croyons sincèrement qu'un employé heureux est un employé productif et créatif.»

Ce quoi, elle ajoute: «Au cours de la dernière année, Pfizer a lancé un nouveau programme intitulé VIVA qui a pour objectif d'améliorer la qualité de vie des employés en offrant un programme accessible et novateur qui leur permet de prendre en main leur santé et leur mieux-être. Le programme est axé sur l'activité physique, la nutrition et la conciliation travail-vie personnelle; ce n'est là qu'un seul exemple parmi les nombreux avantages que nous offrons à nos employés.»

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Collaborateur du Devoir