Saint-Hyacinthe - Demi-soupir de soulagement à l'école vétérinaire

L'école de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe pousse un soupir de soulagement. Un demi-soupir, devrait-on dire, car le ministre fédéral de l'Agriculture, Lyle Vanclief, ne lui a accordé hier que 60 % du financement nécessaire à la modernisation de ses installations, comme l'exige l'Association américaine de médecine vétérinaire (AVMA).

M. Vanclief a annoncé que, pour assurer la salubrité de l'approvisionnement alimentaire des consommateurs, le gouvernement investira 113 millions de dollars dans les infrastructures et équipements des quatre écoles de médecine vétérinaire du pays. Il a avoué que cette somme ne représente en effet que 60 % du montant que réclamaient les facultés. L'école de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe ne recevra ainsi que 35,5 millions des 59 millions qu'elle demandait. La faculté de l'université de Guelph récoltera 37 millions des 62 millions qu'elle espérait.

«Il s'agit d'un investissement qui permettra de répondre aux besoins immédiats des facultés afin qu'elles puissent respecter les normes requises pour obtenir leurs accréditations internationales, a-t-il déclaré. Le gouvernement du Canada continuera de travailler avec les écoles vétérinaires et les gouvernements provinciaux afin d'assurer la solidité de ces institutions vitales.»

Heureux de cette annonce mais néanmoins préoccupé par les 23 millions qui manquent à l'appel, André Dallaire, vice-doyen de la faculté de Saint-Hyacinthe, prend au vol cette porte ouverte par le ministre Vanclief. «En présentant sa subvention comme une action immédiate destinée à nous permettre de surnager, le ministre laisse entendre qu'il y a possibilité d'obtenir des rajustements ultérieurement, précise M. Dallaire. Nous nous réjouissons aussi que le ministre ne lie pas cet octroi de 35,5 millions à une contribution supplémentaire du gouvernement québécois. La somme nous sera accordée sans conditions et est donc disponible maintenant. Nous ne sommes pas tenus d'aller réclamer de l'argent auprès du gouvernement québécois ou encore auprès de l'industrie comme nous le redoutions — et comme les programmes de subvention du FCI l'exigent habituellement.»

Le député de Saint-Hyacinthe-Bagot, Yvan Loubier, savourait lui aussi cette victoire. Il demeurait néanmoins déterminé à exiger du gouvernement fédéral qu'il verse à la faculté de l'Université de Montréal les 23 millions qu'il lui manque désormais pour procéder à toutes les rénovations et agrandissements requis par l'AVMA. «En accord avec la faculté, je continuerai à exercer des pressions sur le gouvernement avec l'aide de la coalition qui s'est constituée pour défendre les demandes de la faculté, a-t-il dit. D'autres organismes nationaux se sont joints à notre coalition, notamment la Fédération des médecins et omnipraticiens du Québec, parce qu'elle juge que la santé des humains est ici en jeu.»

Selon le vice-doyen Dallaire, la subvention annoncée par le ministre de l'Agriculture devrait permettre à sa faculté de prolonger son accréditation limitée auprès de l'AVMA et de «planifier» les travaux nécessaires pour recouvrer un agrément complet. «Nous devrons revoir l'ordre de nos priorités et établir une stratégie qui nous permettrait d'aller chercher les 23 millions qui font défaut — compte tenu que le montant de 59 millions que nous réclamions correspond à une évaluation assez précise des coûts des travaux que nous avait fournie le bureau d'architectes et d'ingénieurs», a-t-il ajouté.

Comprenant que M. Vanclief a octroyé tout ce que son ministère était en mesure d'offrir, le vice-doyen ira donc frapper à la porte d'autres ministères fédéraux.