Santé: Legault refuse de tabler sur un improbable consensus des provinces

Québec - Parvenir à un front commun des provinces sur le réinvestissement d'Ottawa en santé est quasi hors de portée. C'est ce que croit le ministre de la Santé, François Legault, qui prend part aujourd'hui à une rencontre avec ses homologues provinciaux et la ministre fédérale de la Santé, Ann McLellan.

«On va essayer d'avoir un front commun des provinces, mais les premiers échos qu'on a, c'est que ça va être difficile d'avoir une position claire des provinces sur le fait qu'on ne doit pas avoir de conditions dans le financement qui sera attribué par le fédéral», a-t-il affirmé hier en entrevue téléphonique au Devoir avant son départ pour Toronto.

«L'histoire nous a montré que certaines provinces sont prêtes, pour avoir des fonds supplémentaires, à laisser Ottawa décider des priorités. On a vu des discussions, sur l'union sociale par exemple, où au début les provinces sont toutes bien jalouses de leurs compétences mais que, plus ça avance, plus elles sont prêtes à faire des compromis», a-t-il ajouté. Seule l'Alberta serait pour le moment du même avis que Québec, surtout au chapitre du respect des champs de compétence des provinces.

Lors de la rencontre, François Legault compte bien brandir la motion unanime adoptée la semaine dernière à l'Assemblée nationale, qui dénonce la «volonté centralisatrice» du rapport Romanow. Le ministre a même apporté avec lui des copies de son plan sur la santé, dévoilé en novembre, qui identifie les besoins du Québec à 1,6 milliard de dollars par année. Aucune condition ne doit accompagner le versement de cette somme par Ottawa, a martelé le ministre, même si le rapport Romanow suggère le contraire. La création d'une caisse-santé pour assurer que l'argent versé soit destiné à la santé est la seule concession que pourrait faire Québec.