Un autre anti-inflammatoire tombe en disgrâce

Force est d'admettre que les anti-inflammatoires qui appartiennent à la classe dite des COX-2 ne font guère long feu sur les tablettes de nos pharmacies, sauf exception. Hier, Santé Canada a en effet annoncé le retrait immédiat de l'anti-inflammatoire Prexige, moins d'un an après en avoir autorisé la vente. Ce faisant, le dernier-né de Novartis rejoint dans la disgrâce le Vioxx et le Bextra, dont les retraits, survenus coup sur coup il y a trois ans, avaient fait grand bruit au pays.

La sonnette d'alarme avait pour la première fois été tirée en août dernier par l'Australie. L'organisme de réglementation pharmaceutique de Canberra, la Therapeutic Goods Administration (TGA), avait alors mis au jour huit rapports inquiétants signalant de graves problèmes au foie suivant la prise régulière de Prexige. À l'époque, Santé Canada avait décidé de ne pas retirer le médicament, préférant ordonner un nouvel examen des plus récentes données de sécurité.

C'est que les doses liées aux problèmes indésirables recensés par la TGA étaient bien supérieures à celles autorisées ici. En Australie, on prescrivait couramment des doses de 200 à 400 mg par jour. Ici, la dose maximale avait été fixée à 100 mg. Mais, même à cette faible dose, deux cas graves ont été signalés depuis sur le territoire canadien, forçant Santé Canada à conclure que «le risque d'effets graves sur le foie dus au Prexige ne pouvait être géré de façon sécuritaire et efficace, même à la dose de 100 mg par jour».

Dans un communiqué laconique séparé, la filiale canadienne de Novartis a annoncé qu'elle «se conform[ait] à la demande de Santé Canada de cesser immédiatement la vente et la commercialisation de Prexige». Les patients qui utilisent présentement le Prexige sont invités à communiquer avec leur médecin pour discuter d'un traitement de substitution approprié. Les consommateurs ne devraient pas jeter le produit, mais plutôt le retourner à leur pharmacie afin qu'il soit éliminé correctement. Novartis s'est d'ailleurs engagée hier à rembourser les cachets retournés.

Contrairement aux anti-inflammatoires traditionnels, comme l'Ibuprofen ou le Naproxen, les COX-2 n'occasionnent pas de problèmes gastro-intestinaux. Le hic, c'est que certains COX-2 ont révélé un risque accru de crise cardiaque et d'accidents vasculaires cérébraux si on les utilise pendant une période prolongée. Cet élément a même forcé le retrait du Vioxx puis du Bextra. Avec le retrait du Prexige, il ne reste plus qu'un COX-2 autorisé au Canada, soit le Celebrex de Pfizer.
1 commentaire
  • Benoît Lavoie - Inscrit 5 octobre 2007 14 h 55

    Rôle de Santé Canada

    Il ne me semble pas exagéré de poser la question suivante:Pourquoi Santé Canada? Sauf erreur, la FDA américaine est plus exigeante que Santé Canada sur toutes ces questions, que ce soit l'approbation des médicaments ou le contrôle des ingrédients dans les produits alimentaires. Quand on pense que sur une simple question d'information aux consommateurs, Santé Canada vise l'ignorance: pas d'étiquetage concernant la présence d'OGM. Sur cette question la FDA ne fait pas mieux. Mais justement, soyez certains que si la FDA ne le fait pas Santé Canada ne le fera pas non plus. Donc, on suit La FDA sur toute la ligne. Calculez ce que coûte d'entretenir Santé Canada et dites-moi si on ne devrait pas plutôt simplement accepter les conclusions de la FDA sur l'inocuité des produits pharmaceutiques ou additifs alimentaires? Ce serait plus sécuritaire et cela coûterait moins cher. De toute façon, jamais Santé Canada n'aura les moyens de pousser les analyses plus loin que la FDA. Sur ce produit, le PREXIGE, la FDA a refusé de l'autoriser et l'australie l'a retiré. Quelques jours plus tard Santé Canada le retire. Et si la FDA l'avait approuvé et si l'Australie ne l'avait pas retiré?? Santé Canada aurait-elle pris l'initiative de le retirer? Poser la question, c'est y répondre. Je ne suis certainement pas un expert sur ces questions. J'apprécierai toute mise au point ou correction.