Ingénierie et pharmaceutique - Agir en complémentarité

SNC-Lavalin Pharma a collaboré avec l’École polytechnique pour développer un programme spécialisé en biopharmaceutique.  Source: Productions Punch
Photo: SNC-Lavalin Pharma a collaboré avec l’École polytechnique pour développer un programme spécialisé en biopharmaceutique. Source: Productions Punch

Dans le domaine de la pharmaceutique et de la biopharmaceutique, on connaît bien l'apport des microbiologistes ou encore celui des chimistes. Celui de l'ingénierie est moins connu du grand public. Pourtant, autant dans le domaine du développement du procédé que dans celui de l'élaboration des plans du laboratoire à construire, l'ingénierie joue un rôle capital.

Même si, généralement, les firmes d'ingénierie spécialisées en pharmaceutique comptent parmi leurs employés sensiblement les mêmes experts que ceux des entreprises qui développent des médicaments ou des vaccins, le rôle de chacun est bien différent.

«Nous avons des chimistes, des microbiologistes et à peu près tous les types de scientifiques que nous retrouvons dans une pharmaceutique. Toutefois, nous ne faisons pas de recherche pour développer nous-mêmes des médicaments ou des vaccins. En fait, nous accompagnons des entreprises qui veulent commercialiser un produit, mais les droits intellectuels ne nous appartiennent pas, évidemment», explique Daniel G. Lachapelle, vice-président principal et directeur général de SNC-Lavalin Pharma.

Un accompagnement complet

Le service d'accompagnement offert par une firme d'ingénierie pour la commercialisation de produits pharmaceutiques ou biopharmaceutiques peut être partiel ou complet, car tout dépend des besoins de l'entreprise.

«Lorsqu'une compagnie pharmaceutique veut commercialiser un produit, elle doit développer un procédé de fabrication conforme à la réglementation et efficace pour produire des lots importants de la molécule nécessaire, par exemple, aux essais cliniques. Nos spécialistes accompagnent les entreprises lors de cette étape capitale», indique M. Lachapelle.

Il faut ensuite prévoir l'infrastructure qui arrivera à épauler le procédé développé. Une firme d'ingénierie peut concevoir les plans de l'usine en fonction de l'espace de laboratoire. Les ingénieurs-conseils supervisent également la construction du bâtiment. Il peut même arriver que la firme prenne en main l'étape de la construction. «Par exemple, il y a quelques années, nous avons réalisé un projet pour Hemosol, à Toronto, et nous nous sommes occupés de tout, même de la construction du bâtiment. Ça demeure toutefois assez rare, parce que, généralement, les grandes compagnies pharmaceutiques ne sont pas très friandes des projets clés en main», nuance M. Lachapelle.

Une expertise recherchée

Puisque, généralement, les grandes entreprises pharmaceutiques comptent dans leurs rangs différents types d'ingénieur, le recours aux services d'une firme externe peut sembler curieux. Toutefois, lors de la réalisation de projets majeurs pour une entreprise, c'est généralement inévitable.

«D'abord, une compagnie peut avoir parmi ses employés un ingénieur mécanique, mais c'est loin d'être suffisant pour réaliser, par exemple, la construction d'une nouvelle usine ou même un projet d'agrandissement. Nous, pour travailler sur un projet, nous pouvons avoir 30 ingénieurs mécaniques. Évidemment, une entreprise pharmaceutique préfère faire affaire avec une firme d'ingénieurs le temps de mener un projet à terme, plutôt que d'engager toutes ces personnes et ne plus savoir quoi faire avec elles une fois le projet terminé», explique Daniel G. Lachapelle.

Lors de la réalisation d'un grand projet, l'entreprise pharmaceutique a une équipe interne chargée de travailler avec la firme d'ingénieurs engagée pour son expertise dans différents domaines. «Comme nous avons créé toutes sortes d'installations à travers le monde, les compagnies pharmaceutiques s'attendent à ce que nous soyons imaginatifs, que nous arrivions avec des concepts différents de ce qu'elles font habituellement et, ainsi, que nous leur faisions profiter de notre grande expérience internationale», poursuit-il.

Lorsqu'une importante multinationale décide d'investir au Québec, elle apprécie également les avantages de faire affaire avec une firme d'ingénierie locale pour développer un projet. «C'est certain que nous sommes bien au courant des particularités propres à la province, en matière de réglementation, par exemple, autant au niveau de la chaîne de production que de la construction du bâtiment. Une entreprise peut même aller jusqu'à nous consulter à propos du choix de la région où construire une usine pour savoir, par exemple, s'il sera facile d'y recruter du personnel spécialisé», ajoute M. Lachapelle.

Les grandes firmes d'ingénierie comme SNC-Lavalin Pharma offrent également des services de validation. «À la fin des travaux, nous produisons une preuve documentée qui confirme que l'usine est capable de fabriquer ce pour quoi elle a été construite, et ce, en bonne et due forme», poursuit-il.

Pour la communauté

L'expertise d'une firme d'ingénierie spécialisée dans le domaine pharmaceutique peut aussi être d'une grande utilité pour les plus petites entreprises qui souhaitent commercialiser un premier produit. Toutefois, d'un point de vue financier, ces services sont inaccessibles pour la grande majorité des petites entreprises, sauf lorsqu'elles ont accès à des programmes subventionnés. C'est entre autres ce que propose le Centre québécois d'innovation en biotechnologie, à Laval.

«En tant que partenaires du centre, nous donnons des conférences et nous offrons un service de consultation à prix modique aux petites entreprises qui pensent se lancer dans la commercialisation d'un produit. Notre expertise internationale nous permet également de les informer sur les exigences de différents pays. Parce que, par exemple, ce n'est pas la même chose de brasser des affaires aux États-Unis ou au Japon», soutient M. Lachapelle.

Les universités ont également besoin des conseils de firmes d'ingénieurs pour que les différents programmes de formation demeurent pertinents pour les besoins du marché. «D'ailleurs, ajoute-t-il, nous avons collaboré avec l'École polytechnique pour développer un programme spécialisé dans la biopharmaceutique. C'était un domaine où il y avait de grands besoins de formation.»

SNC-Lavalin Pharma emploie 800 personnes, et son chiffre d'affaires, qui exclut les coûts de construction des entreprises pour lesquelles elle dirige des projets, s'élève à 150 millions.

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Collaboratrice du Devoir