Romanow réplique à ses détracteurs

Ottawa — Roy Romanow a donné la réplique aux détracteurs du rapport de sa Commission royale sur l'avenir des soins de santé, hier, en affirmant que son appel à l'imputabilité des dépenses en santé ne vise pas à empiéter sur les compétences des provinces.

Dans le texte d'un discours prononcé à l'université Queen's à Kingston, en Ontario, M. Romanow soutient que certaines des conclusions et des recommandations de son rapport ont été délibérément mal interprétées.

Le rapport préconise qu'Ottawa investisse 15 milliards de dollars à long terme en santé et injecte à court terme, soit d'ici 2006, des fonds fédéraux dans le but d'élargir le régime d'assurance-maladie et de stopper le recours croissant au secteur privé. Il recommande aussi que les provinces rendent compte de la façon dont elles dépenseront l'argent versé par Ottawa.

Dans son discours, M. Romanow s'efforce de justifier sa suggestion qu'Ottawa oriente les fonds alloués à court terme dans des domaines prioritaires, comme les soins à domicile et les médicaments d'ordonnance, plutôt que de laisser les provinces décider de l'utilisation de cet argent.

Le Québec, l'Ontario, l'Alberta, le Bloc québécois et l'Alliance canadienne ont tous fustigé le rapport Romanow, lui reprochant de favoriser une intrusion fédérale dans ce champ de compétence provinciale qu'est la santé.

Mais selon M. Romanow, le gouvernement fédéral a déjà essayé de verser des fonds sans entente sur des objectifs communs et cela n'a pas fonctionné. «Qu'est-ce qui est advenu des 23,4 milliards que nous avons ajoutés au système il y a à peine deux ans? Où sont-ils allés?», a demandé l'ancien premier ministre néo-démocrate de la Saskatchewan. Il n'y a aucun moyen de savoir si les listes d'attente ont diminué, si l'accessibilité ou la qualité des services se sont améliorées, a-t-il soutenu.

M. Romanow dit craindre que ses recommandations ne soient détournées par «d'autres intérêts» et dément avoir recommandé la création d'une agence qui servirait de chien de garde des soins de santé, une expression qu'il juge péjorative et «contraire à l'esprit de son rapport».

Le Conseil de la santé qu'il propose mettrait l'accent non pas sur la surveillance des provinces mais sur la collaboration fédérale-provinciale et la reddition de comptes envers la population, assure-t-il.