Rapport du coroner sur la mort d'un nouveau-né - Les sages-femmes se font rassurantes

Accoucher à domicile avec une sage-femme n'est pas plus risqué qu'accoucher dans une maison de naissance ou à l'hôpital, a affirmé hier la présidente de l'Ordre des sages-femmes du Québec, Dominique Porret. Elle a commenté hier, lors d'un point de presse à Montréal, le rapport du coroner Paul G. Dionne sur le décès d'un bébé naissant.

Dans son rapport rendu public mercredi, le Dr Dionne écrit qu'il «croit observer un certain laxisme dans l'application des lois qui régissent les sages-femmes».

Son rapport porte sur la mort, le 21 novembre 2006 à Montréal, du bébé Siloan Lorrain lors d'un accouchement à domicile supervisé par des sages-femmes. Selon le Dr Dionne, ce décès aurait pu être évité.

Mme Porret n'a pas commenté hier ce cas précis, «tel que le stipule l'article 121 du Code des professions, afin que soit préservée l'indépendance de la syndic». «Il ne m'appartient d'ailleurs pas, comme présidente, de commenter un dossier qui fait l'objet d'une enquête.»

Dans son rapport, le Dr Dionne se plaint de «la lenteur du traitement du problème par l'Ordre». Il recommande notamment à l'Ordre des sages-femmes du Québec de faire en sorte que, en présence de méconium dans le liquide amniotique, le suivi obstétrical se poursuive dans un centre hospitalier et que tous les professionnels de la santé liés aux soins des sages-femmes fassent une pratique annuelle de réanimation d'urgence avec l'équipement.

Des rappels

Mme Porret a soutenu hier qu'au moins 12 des 16 recommandations du Dr Dionne à l'Ordre des sages-femmes sont «déjà au coeur de [leur] pratique».

En ce qui concerne les quatre autres recommandations, «il faut examiner la façon dont elles ont été présentées pour pouvoir éventuellement les rappeler à nos membres [...]. Ce sont des rappels plutôt que des choses à démarrer», a dit Mme Porret.

Les quatre recommandations en question portent notamment sur l'accompagnement de la personne intubée par la sage-femme jusqu'à la prise en charge médicale par un médecin. Lorsqu'il y a «persistance de l'arrêt cardio-respiratoire, la médication doit être instaurée et un contrôle glycémique installé», écrit également le Dr Dionne, qui mentionne que les protocoles de réanimation doivent être clairs.

Selon Mme Porret, la population n'a pas à avoir d'inquiétudes au sujet des accouchements supervisés par des sages-femmes. Toutes les mesures sont prises pour assurer la sécurité et le bien-être des mères et des bébés, a-t-elle déclaré.

«Je n'ai pas peur des sages-femmes. La majorité du temps, ça doit bien aller. Mais je pense qu'il faut dans certaines situations qu'elles médicalisent plus vite, c'est tout», a affirmé hier au Devoir le Dr Dionne.

À l'heure actuelle, 92 personnes exercent la profession de sage-femme au Québec. Des sages-femmes ont commencé à y faire des accouchements dans le cadre de projets-pilotes en 1994. En 1999, le gouvernement québécois a légalisé cette profession. Du 1er avril 2006 au 31 mars 2007, les sages-femmes ont pratiqué 1453 accouchements au Québec.