Du soya contaminé par un OGM

Plus tôt cette semaine, le département américain de l'Agriculture révélait que 500 000 boisseaux de soja destinés à l'alimentation humaine avaient été contaminés par du maïs transgénique produisant une protéine utilisée en pharmacie et dans l'industrie chimique.

Il n'en fallait pas plus pour faire bondir les groupes environnementaux qui dénoncent la faiblesse des contrôles gouvernementaux nord-américains en matière de pollution biologique. Et qui rappellent que, même si la plupart des protéines sont rapidement dégradées dans le système digestif humain, certaines peuvent survivre suffisamment longtemps pour causer des problèmes de santé.

Cette histoire n'est pas sans rappeler l'affaire du maïs StarLink — contenant une protéine susceptible de causer des allergies —, dont on avait retrouvé des traces dans des coquilles de taco en vente dans les épiceries alors qu'il n'avait été autorisé que pour l'alimentation animale.

Cette fois, le nouveau cas de contamination met en cause du soya ayant été récolté dans un champ du Nebraska sur lequel l'entreprise américaine ProdiGene avait cultivé précédemment un OGM (du maïs) conçu pour fournir de la trypsine, une enzyme utilisée notamment dans la fabrication de l'insuline. Or des grains de maïs abandonnés dans le champ ont germé et ont formé un certain nombre de plants — contenant la trypsine — qui ont été incorporés à la récolte de soya destinée au marché de l'alimentation humaine.

«Cet incident démontre une nouvelle fois qu'il est impossible d'éviter une contamination par des plantes génétiquement modifiées une fois disséminées dans l'environnement», a déclaré Éric Darier, de Greenpeace. «Pour l'instant, il ne s'agit que d'un nombre limité d'essais en champs qui ne se comparent pas avec les ambitions que caressent les entreprises de biotechnologies.»

Au Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a autorisé en 2002 six essais en champs de plantes transgéniques pharmaceutiques.