Le Guide alimentaire revu et corrigé - Plus de fruits et de légumes, un peu moins de produits céréaliers

Photo: Jacques Grenier

Plus de fruits et de légumes. Un peu moins de produits céréaliers pour tous et de lait (que l'on peut remplacer par des boissons de soya) pour les adultes. Des croustilles, des frites, des muffins et des barres «granola» à éviter autant que possible. Et plus d'activité physique.

Après trois ans de réflexion et de consultation, Santé Canada a finalement dévoilé hier son tout nouveau guide alimentaire. Un document réactualisé pour la première fois en 15 ans qui a été accueilli avec un plaisir simple par les professionnels de la nutrition. Mais sans euphorie.

«Ce n'est pas un guide très différent de la précédente version, a déclaré Marielle Ledoux qui enseigne la nutrition à l'Université de Montréal. Il y a quelques ajustements intéressants. Mais avec le temps pris par le ministère de la Santé pour accoucher de ce nouveau guide, on aurait pu s'attendre à plus.»

Dans les grandes lignes, la cuvée 2007 intitulée désormais Bien manger avec le Guide alimentaire canadien, fait une plus grande place aux fruits et légumes. Ils forment désormais la catégorie d'aliments la plus importante et, donc, celle à laquelle les canadiens doivent le plus s'exposer pour prévenir le développement de maladies chroniques, selon Santé Canada. En 1992, date du précédent guide, les produits céréaliers occupaient cette place.

Autre modification: la section des produits laitiers du guide devient désormais celle du «lait et substituts» pour accueillir les boissons à base de soya. Ces aliments qui ont fait leur apparition sur le marché dans les dernières années trônent désormais à côté des yogourts et fromages. Le kéfir, un lait fermenté d'origine d'Europe de l'est, vient aussi, à titre indicatif, illustrer cette section. «Le nouveau guide se doit de refléter le Canada d'aujourd'hui, et surtout son caractère multiculturel», a commenté hier lors d'une conférence de presse téléphonique Mary Bush, de Santé Canada, qui a orchestré dans les dernières années la refonte de ce document.

Des messages plus clairs

Pour Paul-Guy Duhamel, président de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, le nouveau guide a réussi à bien intégrer «les dernières données probantes en matière de science de la nutrition», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique au Devoir. Il salue aussi la réécriture des messages pour bien s'alimenter, présents dans l'ancienne version du guide, qui «semblent maintenant plus clairs», dit-il.

À titre d'exemple, Santé Canada a mis au rancart son approche généraliste pour des recommandations quant aux portions à consommer désormais ciblées par âge et sexe. «C'est intéressant, a commenté M. Duhamel. Avec ça, les gens devraient plus facilement s'y retrouver.» Par ailleurs, le ministère fédéral propose sur son site Internet un outil pour construire un guide alimentaire en fonction de ses goûts alimentaires.

Le document de référence pour adopter un mode de vie sain, actif et équilibré fait également pour la première fois la distinction entre les bons et les mauvais corps gras. Il recommande ainsi la consommation d'huile de canola, d'olive et de soya, «en petite quantité (2 à 3 c. à table)», peut-on lire et suggère de «limiter» sa consommation de beurre, de margarine dure, de saindoux et de shortening.

Au chapitre des restrictions, le nouveau guide alimentaire suggère aussi de boire de l'eau «pour étancher sa soif» et du même coup d'évacuer de son régime les «boissons aromatisées aux fruits, boissons gazeuses, boissons sportives et boissons sucrées chaudes ou froides», que Santé Canada place désormais dans une liste des aliments dont il faut limiter la consommation pour «manger bien».

Étrangement, les muffins qui, il y a 15 ans, illustraient la section des «produits céréaliers» se retrouvent désormais dans cette liste de nourriture à éviter aux côtés des beignes, des barres granola, de la crème glacée ou encore des nachos. Et ce, en raison de leur trop grande teneur en sucre et matières grasses.

«Ce que le guide nous dit encore une fois dans ses recommandations, mais aussi ses catégories, c'est de transformer ses aliments soi-même, souligne Marielle Ledoux. Dans une logique de prévention des maladies chroniques, il est très pertinent de répéter ce message.»

Le processus de refonte du guide alimentaire a été amorcé en avril 2004. Au total, 7000 personnes ont participé à la vaste consultation publique menée d'un océan à l'autre dans les dernières années afin d'inscrire ce document dans l'air du temps et surtout de lui faire refléter les habitudes de vie actuelles des canadiens. Le guide alimentaire est le document gouvernemental le plus demandé par les citoyens après... la déclaration de revenus.
1 commentaire
  • Lise Jacques - Abonnée 6 février 2007 19 h 50

    Déception par rapport aux gras

    Plus de légumes et de fruits et moins de produits céréaliers est excellent, mais ce qui m'a surprise c'est le fait que l'on encourage la consommation d'huile de soya. Les huiles d'olive et de canola sont un excellent choix parce que monoinsaturées mais l'huile de soya fait partie de la famille des gras polyinsaturés donc est riche en Oméga 6 , et l'alimentation des canadiens contient trop d'Omégas 6 et pas suffisamment d'Omégas 3. Les Nords Américains ont un ratio de 15/1 alors que le ratio de nos ancetres était 1/1 Omégas 6/Omégas 3.

    Le guide aurait pu mettre les Omégas 3 plus en évidence puisque tous les bénéfices qui leur sont attribués sont maintenant reconnus ainsi que tous les dommages occasionnés par les Omégas 6 qui sont trop présents dans l'alimenattion.

    Lise Jacques