La grippe aviaire réapparaît en Grande-Bretagne

Holton, Angleterre — Les autorités britanniques, qui s'employaient hier à abattre des dizaines de milliers de dindes, ont renforcé les restrictions au transport de volailles pour empêcher la propagation de la grippe aviaire, apparue dans une ferme de l'est de l'Angleterre.

L'apparition du virus sous sa forme hautement pathogène H5N1 dans un élevage appartenant au plus grand producteur de dindes d'Europe, Bernard Matthews, a surpris les experts, qui se demandent comment la maladie a pu atteindre un hangar clos. Son apparition relance aussi les craintes d'un retour de l'épizootie.

À cet égard, les pays européens ne sont pas à l'abri d'une épidémie humaine liée à une mutation du virus H5N1 de la grippe aviaire, même si les risques de contamination y sont moindres qu'en Asie ou en Afrique, a averti hier un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement s'est dit confiant hier quant au fait que le virus ait été circonscrit à cette ferme proche de Lowestoft, dans le Suffolk. «Évidemment, il faudra être très vigilant dans les prochains jours», a reconnu une porte-parole du ministère.

Restrictions

L'abattage, par gazage, des 159 000 dindes que compte l'élevage a débuté samedi soir et devrait se poursuivre encore pendant deux jours. Les volatiles morts sont transférés hors de la ferme dans des camions scellés pour être ensuite incinérés.

Quelque 2500 dindes ont succombé à la maladie quand elle est apparue dans l'élevage, mais le virus semble n'avoir touché qu'un seul des 22 hangars.

Le gouvernement britannique a suivi les procédures prévues par l'Union européenne pour tenter de circonscrire l'épizootie. Dans la nuit de samedi à hier, les restrictions frappant les transports de volailles ont été étendues à un périmètre de 2000 m2 autour de la ferme.

Selon le ministère de l'Agriculture, la souche du virus apparue dans la ferme correspond à celle repérée le mois dernier en Hongrie, d'origine asiatique. Dans ce pays, l'apparition de la maladie chez des oies d'élevage a entraîné l'abattage de milliers de volailles. Le H5N1 s'était fait relativement rare chez les volailles européennes depuis la mort de plusieurs centaines de dindes dans une ferme de l'est de la France, il y a un an.