Les «cobayes» humains devraient être mieux protégés

Une entreprise montréalaise qui conduit des essais cliniques réclame du gouvernement fédéral une charte des droits pour protéger les participants à ces expériences.

La fondatrice et présidente d'Ethica Clinical Research, Janice E. Parente, a déclaré hier que la loi canadienne souffrait de nombreuses faiblesses à cet égard.

«Il ne faut pas beaucoup de temps pour lire les règles canadiennes», a-t-elle expliqué à la Presse canadienne.

Elle affirme que les participants aux essais cliniques de son entreprise reçoivent une copie de la charte de leurs droits élaborée par Ethica, mais qu'une telle pratique ne devrait pas être optionnelle.

«Nous travaillons avec des êtres humains, après tout, a-t-elle dit. Il ne s'agit pas de rats de laboratoire, et ils ont droit à un meilleur traitement de notre part.»

Mme Parente estime que les participants devraient recevoir une copie écrite de leurs droits, incluant le droit d'être informés des effets secondaires possibles et le droit de se retirer de l'essai clinique à tout moment.

Les règles canadiennes exigent que les participants soient informés des risques et des bienfaits des traitements, mais elles ne comprennent aucune norme éthique. «Le public se méfie [de l'industrie]», affirme Mme Parente.

L'an dernier, une vingtaine de personnes ont été infectées par la tuberculose quand un homme souffrant de la maladie a pris part à un essai clinique à Montréal. Les règles en vigueur interdisent au ministère fédéral de la Santé de divulguer si la compagnie qui supervisait cet essai, SFBC Anapharm, a été sanctionnée relativement à cet incident.

Le docteur Michael Goodyear, professeur adjoint de médecine à l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, explique que les règles canadiennes demeurent disparates et que rien n'a changé après des années de discussions, même si tous s'entendent pour reconnaître qu'il y a un problème.

«On discute de la question depuis très longtemps. Tout le monde dit que des règles plus serrées seraient une bonne chose, mais on dirait que personne ne veut en prendre l'initiative», a-t-il dit.

Ethica a révélé hier être devenue la première entreprise canadienne à être accréditée par l'Association for the Accreditation of Human Research Protection Programs (AAHRPP). Afin d'obtenir cette accréditation, Ethica dit avoir satisfait aux 77 critères sévères répondant à la réglementation et aux lignes directrices provinciales, fédérales et internationales.

L'accréditation sera réévaluée chaque année et l'entreprise sera contrôlée tous les trois ans pour s'assurer qu'elle respecte les normes les plus rigoureuses.

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