Spécialistes: Québec lance un ultimatum

La pression monte entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Le gouvernement a lancé tard hier soir un ultimatum à la FMSQ, exigeant que les moyens de pression soient levés avant ce midi, sans quoi Québec «prendra tous les moyens à sa disposition» pour faire respecter l'ordonnance du Conseil des services essentiels (CSE).

Les discussions intensives tenues ces derniers jours entre les deux parties ont donc atteint ce point limite où la crise débloque... ou s'embourbe complètement. «On ne peut plus attendre, a indiqué en soirée Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre de la Santé Philippe Couillard. Les médecins doivent accepter de [reprendre tous les stages interrompus] avant ce midi, sinon il faudra agir, par tous les moyens à notre disposition. On ne peut pas se permettre de sacrifier une cohorte de jeunes médecins.»

Les discussions entre les deux parties se sont poursuivies toute la journée d'hier. Vers 17h, le président de la FMSQ émettait un communiqué dans lequel il reconnaissait qu'il y avait eu dernièrement des échanges sur des «principes intéressants», mais que tout butait sur «des formulations extrêmement défensives de la part du gouvernement», ce qui risquait de «mettre en péril une entente».

Le gouvernement a saisi la balle au bond. «Ils estiment qu'il y a des éléments intéressants [dans nos offres actuelles], indique Mme Merizzi. Pour continuer dans cette direction, il faut que l'épée de Damoclès soit levée. On demande cet engagement formel.»

Le cabinet de M. Couillard n'a pas précisé ce que représentait l'expression «tous les moyens» possibles. Les spécialistes sont déjà sous le coup d'une loi spéciale adoptée en juin. Mme Merizzi a toutefois rappelé qu'un groupe qui refuse de se plier aux exigences du CSE est passible d'une condamnation pour outrage. La FMSQ n'a pas réagi en soirée; ce sera plutôt fait ce matin, a confié la porte-parole des spécialistes.

Avant d'accepter un retour officiel à la table de négociation et de lever les moyens de pression actuellement exercés (refus de superviser les stages des externes, refus d'augmenter la cadence de travail en blocs opératoires, menace de ne pas signer les contrats d'assurance-responsabilité), la fédération demande une offre de départ bonifiée sur le rattrapage salarial, et surtout la levée de la loi spéciale 37.

Au ministère de la Santé, on confirme que le gouvernement cherche actuellement une sortie de crise «gagnant-gagnant»; il s'agit de faire en sorte que les bonifications salariales des médecins se traduisent aussi pour la population par une augmentation de l'offre et de l'accessibilité des soins.