Heures décisives pour Québec et les spécialistes

Les deux parties le reconnaissent maintenant: les discussions entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) sont entrées dans une phase «décisive» qui mènera dans les prochaines heures à une sortie de crise... ou à un blocage total. Blocage auquel Québec répliquerait par des mesures contraignantes, a-t-il annoncé.

Le gouvernement est à bout de patience, de même que les spécialistes. Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le président de la FMSQ a précisé que les discussions butaient actuellement sur «des formulations extrêmement défensives de la part du gouvernement», ce qui risque de «mettre en péril une entente». Gaétan Barrette a reconnu qu'il y avait eu ces derniers jours des échanges sur des «principes intéressants», mais pas assez pour justifier une levée des moyens de pression et un retour à la table de négociation. Lundi, la FMSQ avait qualifié d'«ardus» les pourparlers en cours, évoquant l'approche rapide d'un point de non-retour.

Québec a aussi adopté ce discours hier. Selon Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre de la Santé Philippe Couillard, les heures qui s'écoulaient au moment de mettre sous presse étaient «décisives». Des développements étaient attendus en soirée, au plus tard ce matin.

Le gouvernement estime que l'élastique avec lequel joue la FMSQ en voulant «gérer le péril» de la diplomation des cohortes de stagiaires actuellement touchés par les moyens de pression des spécialistes est assez tendu. «Il y a une ordonnance du Conseil des services essentiels qui n'est pas respectée et des cohortes qui sont en péril», a rappelé Mme Merizzi.

«Nous avons toujours confiance d'en arriver à une entente négociée, mais si les discussions n'aboutissent pas [très bientôt], nous pourrons agir avec d'autres moyens.» Interrogée pour savoir ce que pourraient être ces moyens — étant donné que les spécialistes sont déjà sous le coup d'une loi spéciale —, Mme Merizzi a répondu qu'il «peut y avoir outrage quand un groupe ne respecte pas les ordonnances du Conseil».

Une offre bonifiée de «nouveaux éléments» a été présentée aux spécialistes dans les derniers jours. Au ministère de la Santé, on confirme que le gouvernement cherche actuellement une sortie de crise «gagnant-gagnant»: il s'agit de faire en sorte que les bonifications salariales des médecins se traduisent aussi pour la population par une augmentation de l'offre et de l'accessibilité des soins. À Sherbrooke, le premier ministre Jean Charest a d'ailleurs mentionné qu'en ce qui concerne Québec, la «discussion est actuellement centrée sur la qualité des soins que doivent recevoir les Québécois».