Consultations sur le futur CHUM - Des échanges surréalistes

Le développement d'une technopôle de la santé a été au coeur des consultations publiques sur le projet du CHUM qui se poursuivaient hier, bien que la Ville de Montréal n'ait toujours pas fait connaître publiquement ses intentions à ce sujet.

Du coup, les échanges avaient presque des allures surréalistes; des questions étaient soulevées mais restaient sans réponse compte tenu que le programme particulier d'urbanisme (PPU) n'est toujours pas dévoilé. «On ne peut pas en discuter. Les élus se sont fait une tête là-dessus mais ils ont choisi de ne pas en parler publiquement», a expliqué à l'Office de consultation de Montréal Sylvie Champagne, fonctionnaire de la Ville de Montréal.

Joint en fin d'après-midi, le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, a indiqué que la technopôle est la phase II du CHUM et que, de toute façon, il était hors de question de «discuter en abstraction d'un projet qui n'est pas final». Il reconnaît toutefois que l'Office avait toute la lattitude pour aborder la question.

«J'ai choisi de reporter l'étude du PPU sur le quartier de la santé après les audiences sur le CHUM. J'ai le PPU en main, mais il manque un élément important, soit sur quelle base économique, commerciale et financière va s'asseoir le projet. Ce travail n'est pas complété», a affirmé M. Labonté.

Ce plan d'affaires auquel fait référence le maire de Ville-Marie est en cours d'élaboration. Le mandat a été donné par Technopôle Ville-Marie, un organisme créé il y a quelques mois pour promouvoir le développement biomédical à proximité du futur hôpital. Le directeur général de l'organisme, Guy Gélineau, a d'ailleurs précisé hier que «déjà, des besoins se font sentir». «Il est possible de développer dès maintenant, de façon progressive», a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il n'est pas nécessaire d'attendre qu'un choix soit fait sur le recouvrement ou non de l'autoroute Ville-Marie. Un premier édifice pouvant accueillir des industries pourrait être implanté d'ici un an ou deux.

Pour Benoît Labonté, il importe que les autorités municipales agissent en «gestionnaire responsable» dans ce dossier. «Si nous recouvrons l'autoroute, il faut savoir s'il y a un réel potentiel de développement.»

Chose certaine, cette question de l'autoroute est apparue dans les discussions menées par l'Office de consultation comme fondamentale. Un citoyen a souligné que de ne pas recouvrir l'autoroute serait une occasion ratée et surtout démontrerait une «absence de courage» des politiciens.