Hôpital Honoré-Mercier - C. difficile: le directeur général est relevé de ses fonctions

Le directeur général du CSSS Richelieu-Yamaska, Denis Blanchard, a été temporairement relevé de ses fonctions hier, au lendemain de l'annonce par Québec d'une enquête publique du coroner pour expliquer la mort de 11 personnes infectées par la bactérie C. difficile à l'hôpital Honoré-Mercier ces derniers mois.

C'est M. Blanchard lui-même qui aurait demandé à quitter ses fonctions le temps que durera l'enquête, a indiqué hier en conférence de presse le président du conseil d'administration du CSSS, Gilles Viens. Par «souci de transparence et pour faciliter l'objectivité de toute cette enquête», le conseil a accepté unanimement la requête, a jouté M. Viens.

Sur la sellette depuis la découverte de documents révélant que la direction de l'hôpital avait été prévenue du danger d'une éclosion de C. difficile, M. Blanchard a néanmoins reçu un vote de confiance du conseil d'administration du CSSS hier, malgré les événements récents qualifiés de «situation spéciale» et «d'accident de parcours» par Gilles Viens. Ce dernier a mentionné que M. Blanchard avait accompli du bon travail dans d'autres dossiers concernant la redistribution des soins dans la région.

Dans le dossier du C. difficile, M. Blanchard «a fait ce qu'il avait à faire quand il a eu les informations nécessaires», estime M. Viens. Il a aussi précisé qu'il n'y avait pas eu de coupes dans les budgets de nettoyage dernièrement.

La Direction de la santé publique de la Montérégie a pour sa part confirmé hier que 16 des 20 souches de la bactérie analysées étaient de type hypervirulent. C'est l'hypothèse initiale qu'avait retenue les autorités pour expliquer la résistance et la persistance dans l'environnement de la souche à Honoré-Mercier.

Par ailleurs, le Regroupement provincial des comités des usagers a tenu hier à «remettre les pendules à l'heure» pour dégonfler «la psychose qui semble s'être installée dans la population». «La situation est importante à Honoré-Mercier, indique le président du regroupement Jean-Marie Dumesnil. Mais ailleurs, on n'a pas de signe que les choses vont mal. Il faut rassurer les gens: la situation globale est meilleure aujourd'hui qu'il y a deux ans au Québec.»