Rapport du contrôleur des finances du Québec - Le futur CHUM est une mine d'or pour les firmes de consultants

Pics et grues n'ont toujours pas envahi le terrain du nouveau CHUM et, déjà, un rapport gênant montre que les pilotes du projet ont fait preuve de «laxisme dans la gestion des contrats». Depuis deux ans, de nombreux consultants ont en effet profité des 18 millions de dollars d'argent public consentis jusqu'ici pour mettre en forme les fondations de ce mégaprojet.

Voilà en effet ce que le contrôleur des finances du Québec a trouvé en épluchant les contrats reliés à l'implantation du centre hospitalier universitaire dans le quartier Petite Patrie. Mandaté en juin dernier, le contrôleur a scruté à la loupe 19 des 28 contrats octroyés. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, François Legault, a rendu le document public vendredi dernier.

«Le rapport [...] met en lumière un certain laxisme dans la gestion des contrats reliés à l'implantation du nouveau CHUM», peut-on lire dans le communiqué émis par M. Legault. «Il indique notamment que certains professionnels ont été payés des taux horaires supérieurs à ceux prévus par décrets gouvernementaux et que des avenants ont été présentés pour approbation alors que des travaux étaient déjà effectués.»

Réaction du ministre

Par la même occasion, le ministre dénonce «toute forme de laxisme dans la gestion des fonds publics». Il ajoute faire siennes les recommandations du contrôleur des finances et ajoute qu'il «avait incidemment — dès les premières allégations d'irrégularités — exigé que des mesures de contrôle strictes soient mises en place». De plus, le vérificateur interne du MSSS a été mandaté pour faire le suivi des recommandations du contrôleur des finances.

On se souviendra qu'en mai dernier, Claude Béland avait tiré la sonnette l'alarme en révélant que les honoraires de plusieurs consultants n'étaient pas réglementaires. Ces allégations avaient forcé le gouvernement québécois à commander un contrôle financier du projet. M. Béland avait fait ces révélations alors qu'il quittait la présidence de la Société d'implantation

du CHUM.

Manque de contrôle

Le rapport du contrôleur des finances montre qu'une foule de consultants ont reçu un traitement horaire beaucoup plus élevé que ne le permet le décret gouvernemental (98 dollars l'heure). Ainsi, on aurait versé 480 000 $ de trop à 14 consultants payés entre 160 et 325 dollars l'heure. De même, 62 consultants ont facturé sans autorisation préalable 8590 heures de travail, ce qui a coûté 638 000 $.

De même, le contrôleur a remarqué que les tensions et le manque de communication entre la Corporation d'hébergement du Québec et la Société d'implantation du CHUM ont créé une «certaine confusion dans la compréhension des rôles et responsabilités» de chacun. Ainsi, nombre d'anomalies relevées seraient dues à des absences de contrôle ou à des contrôles non exercés.

L'ouverture du nouveau CHUM est prévue en 2006. À ce jour, le gouvernement québécois n'a toujours pas réussi

à acheter le terrain qu'il convoite à l'angle de la rue Saint-Denis et du boulevard Rosemont. Et ce n'est pas tout, puisqu'il faudra relocaliser des garages de STM, des ateliers et bureaux de la Ville de Montréal, la manufacture Kaba-Ilco et le dépôt de bois Villeneuve.