Livres - Saine cuisine

Les photos sont belles. La graphie est originale. Les recettes semblent simples. Et tout est en couleur dans ce dernier ouvrage consacré à la cuisine-santé.

Le titre a des allures de prescription: 200 recettes anti-cancer. Pourtant, dès l'introduction passée, les premiers crostinis (olives et anchois, tapenade aux olives et tomates séchées, fromage à la crème) confirment que la bonne table est déjà au rendez vous. Et cela se poursuit jusqu'à la dernière des 256 pages.

D'ouverture, le volet santé est cependant abordé. Il est dit qu'une bonne alimentation protège contre le risque cancérigène. Il faut donc connaître l'«alicament» , «un aliment fonctionnel capable d'agir sur une fonction de l'organisme», et faire sienne une «nutrathérapie», «une nouvelle approche préventive et complémentaire de traitement du cancer susceptible dans les années à venir de constituer une thérapie en soi». Et le Dr Réjean Lapointe, un chercheur rattaché au CHUM, a jeté un regard attentif aux composantes des plats élaborés par Louise Rivard.

Alicament

Le recours aux aliments-santé (l'autre façon, plus banale, de nommer l'alicament) est récurrent tout au long des recettes. Et ces produits naturels, aux vertus généreuses, sont aussi clairement nommés. Vive donc l'ail, les crucifères (choux et consorts), la tomate, le soja, les agrumes, les petits fruits (fraises, framboises, myrtilles), les oméga-3, le chocolat, le curcuma, le thé vert et le vin rouge!

L'alicament défini, place est donnée aux entrées, soupes, salades, plats (volaille, poissons, fruits de mer, viande), pâtes, desserts (un clafoutis avec ça?) et autres sandwichs et pizzas. Dans tous les cas, les ingrédients sont nettement indiqués, la recette est courte, donnée avec des conseils utiles, et tout y apparaît réalisable, même par le cuisinier amateur. Sur la page de droite se retrouvent en photographie tous les plats proposés. Et on salive!

On suppose toutefois que le consommateur sait qu'il faut craindre les pesticides même quand les légumes sont censés être frais, qu'une alimentation dite biologique est préférable, et que les procédés d'élevage ont une influence directe sur le boeuf, le poisson ou le poulet qui fait la beauté d'une assiette. En fait, c'est comme si tous étaient au fait des vertus de ce type d'alimentation (et assumaient les frais supplémentaires entraînés par une telle pratique).

Il ne faut pas non plus se méprendre: ces «recettes savoureuses à découvrir», inspirées des diverses cuisines du monde — de l'asiatique à la méditerranéenne —, constituent un excellent livre de cuisine de base. Avec, en prime, l'assurance donnée que le fait de se nourrir est bon pour la santé!