Internet en 2020: un monde super-connecté, mais pas forcément meilleur

Une majorité de gens pensent qu’Internet saura se diffuser partout, mais 49 % estiment que le bilan de cette transparence sur la vie des citoyens sera globalement négatif, à cause notamment de la pénétration de leurs données privées.
Photo: Agence Reuters Une majorité de gens pensent qu’Internet saura se diffuser partout, mais 49 % estiment que le bilan de cette transparence sur la vie des citoyens sera globalement négatif, à cause notamment de la pénétration de leurs données privées.

New York — Une planète entièrement connectée à Internet en 2020, mais avec des techno-terroristes, des drogués du virtuel et de moins en moins de sphère privée: le tableau de l'Internet du futur, imaginé par des experts interrogés par l'institut Pew, s'avère flou et peu rassurant.

Une majorité (58 %) de ces experts partagent l'opinion que, d'ici à 2020, des groupes de «refuznik» hostiles à la technologie feront leur apparition et que certains auront recours à des actions terroristes pour perturber le fonctionnement d'Internet, selon une étude publiée hier.

Mais 35 % des personnes interrogées ne partagent pas l'idée de ce scénario et 7 % n'ont pas d'opinion.

Signe des incertitudes autour des nouvelles technologies, les 742 experts de tous domaines interrogés pour cette étude de l'institut Pew et d'Elon University sont divisés sur deux questions-clés: Internet en 2020 raccordera-t-il tous les recoins du globe ou le monde de l'information sera-t-il à deux vitesses? Et bâtira-t-il un monde meilleur ou pire?

Une majorité d'entre eux (56 %) pensent qu'Internet saura se diffuser partout, contre 43 % de sceptiques, mais 49 % (contre 46 %) estiment que le bilan de cette transparence sur la vie des citoyens sera globalement négatif, à cause notamment de la pénétration de leurs données privées.

Un point positif, pourtant, selon 52 % des personnes interrogées: chaque individu aura sa chance, dans un monde «aplati» où la circulation de l'information fera s'évaporer les frontières nationales au profit des villes-États ou des communautés d'intérêts diverses.

La plupart (56 %) pensent aussi que la réalité virtuelle offrira des gains de productivité, mais fera naître de nouvelles formes de dépendances, des drogués des mondes virtuels.

En revanche, 57 % ne croient pas que l'anglais dominera les réseaux au point de tuer d'autres langues, même si 42 % pensent le contraire. Et la majorité d'entre eux ne croit pas non plus à l'apparition de secteurs entièrement automatisés, où l'être humain perdrait le contrôle.

Concernant les «refuzniks» et autres «techno-terroristes», Ed Lyell, un expert sur les questions d'Internet et d'éducation, souligne que «chaque époque a un petit pourcentage de gens qui s'accrochent à un passé sublimé où la technologie était absente, les gens étaient auto-suffisants et avaient besoin de peu pour vivre».

«Ces adeptes du ludisme n'hésiteront pas à utiliser la violence pour arrêter le progrès même si celui-ci est utile», estime-t-il.

L'enquête a été menée entre novembre 2005 et avril 2006. Comme l'échantillon n'a pas été choisi en fonction d'un modèle représentatif de la population, aucune marge d'erreur ne peut être calculée, ont précisé les auteurs de l'étude.