Appui important aux parents d'enfants autistes

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec vient de créer un précédent en devenant partie à un recours collectif intenté contre le gouvernement du Québec par les parents d'enfants autistes.

Pour la première fois de son histoire, la Commission des droits de la personne du Québec a estimé qu'il était de son ressort de s'impliquer dans cette procédure judiciaire, où près de 200 parents cherchent à être indemnisés en raison de l'absence de services spécialisés disponibles pour leurs enfants au Québec.

Selon ces parents, l'absence de programmes publics d'intervention précoce intensive prive leurs enfants d'un développement optimal. La plupart des parents doivent se contenter de services privés, coûteux et rarissimes dans plusieurs régions.

La Commission des droits de la personne entend demander à la Cour d'accueillir ce recours collectif et plaidera que ce manque de services constitue une atteinte aux droits de ces enfants et une forme de discrimination fondée sur le handicap. «Notre intervention consistera à dire qu'il y a un refus d'offrir des services publics et des droits sont atteints», a indiqué hier Mme Ginette L'Heureux, porte-parole de la Commission.

Les parents d'enfants souffrant d'autisme, qui attendent de la Cour supérieure une autorisation à intenter un recours collectif au début de 2003, se sont montrés fort heureux de cette appui important. «C'est un développement important, car nous avons toujours soutenu que les droits de nos enfants sont bafoués, et le mandat de cet organisme est de défendre les droits fondamentaux garantis par la Charte», a indiqué hier Jean-Marie Berthelot, un des 180 parents impliqués dans le Comité du recours collectif.

Ces parents sont d'autant plus confiants que la Cour d'appel de Colombie-Britannique vient de donner raison, le 9 octobre dernier, à un recours en tout point similaire, intenté par des parents d'enfants autistes. La Cour leur a donné raison et a statué que le gouvernement avait violé les droits de ces enfants en refusant de leur offrir des services universels et gratuits de stimulation précoce.