Discovery atteindra la Station spatiale internationale ce matin - La NASA est satisfaite de l'état de la navette

Discovery au moment du décollage.
Photo: Agence Reuters Discovery au moment du décollage.

Houston, Texas — Au lendemain du lancement de Discovery, l'équipage a consacré l'essentiel de son premier jour dans l'espace à une longue inspection des ailes et du nez de l'orbiteur pour s'assurer qu'aucun dommage n'a été causé par des débris pendant l'ascension.

«Nous avons un véhicule [spatial] en très bon état», a déclaré hier Tony Ceccacci, directeur de vol de Discovery, alors que les ingénieurs continuent à analyser les images et les données, dont celles recueillies hier par les astronautes.

La navette, lancée mardi depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, ne semble pas avoir été endommagée par des débris d'isolant, a-t-il ajouté.

«Il faudra encore de huit à dix heures pour avoir une bonne idée des résultats de la première partie de l'inspection et nous devrions avoir tous les résultats dans les 24 heures», a ajouté Tony Ceccacci lors d'une conférence de presse au Centre spatial Johnson, à Houston, où se trouve le centre de contrôle des missions orbitales.

À la veille du rendez-vous avec la Station spatiale internationale (ISS), prévu ce matin, les astronautes ont procédé à une inspection de plus de sept heures du bouclier thermique du bord d'attaque des ailes et du nez de l'orbiteur, une procédure devenue la norme depuis la catastrophe de Columbia, le 1er février 2003.

Pour ce faire, ils ont déployé le bras robotisé de la navette, allongé d'une tige de 15 mètres, sur laquelle sont montés une caméra et un laser.

Aujourd'hui, juste avant l'amarrage de Discovery à l'ISS, le commandant de la navette, Steven Lindsey, fera exécuter un tour de 360 degrés à l'orbiteur de manière à ce que les deux astronautes dans la station, le Russe Pavel Vinogradov et l'Américain Jeffrey Williams, puissent photographier le ventre du vaisseau et détecter d'éventuels dommages.

Un fragment de mousse isolante de 700 grammes, détaché du réservoir externe de Columbia dans les deux premières minutes de l'ascension, avait percé la protection thermique de l'aile gauche de l'orbiteur, conduisant à sa désintégration lors de sa rentrée dans les couches denses de l'atmosphère.

Des images prises par des caméras pendant l'ascension de Discovery ont mis en évidence plusieurs petits morceaux de mousse tombant du réservoir externe.

Pas d'inquiétude

Toutefois, les responsables de la NASA ont indiqué mardi soir ne pas s'inquiéter de ces débris, trop petits pour avoir provoqué des dommages.

«Nous n'avons rien vu de nature à mettre en danger l'équipage ou l'orbiteur», a dit mardi soir Wayne Hale, directeur du programme des navettes, après le lancement.

Outre l'inspection des ailes et du nez, les astronautes ont aussi vérifié hier le bon fonctionnement de certains équipements, dont l'étanchéité des scaphandres spatiaux pour deux sorties programmées et celle du sas qui reliera Discovery à l'ISS après l'amarrage.

Une troisième sortie dans l'espace pourrait être décidée afin de tester un matériau de réparation de fissure. Mais dans ce cas, la navette devra rester un treizième jour sur orbite.

Durant cette mission orbitale prévue pour durer 12 jours, dont huit amarrés à l'ISS, l'équipage, deux femmes et cinq hommes, testera des techniques d'inspection visuelle et des procédures de sécurité mises en place depuis la catastrophe de Columbia.

Un des membres d'équipage, le spationaute allemand Thomas Reiter, de l'Agence spatiale européenne (ESA), restera six mois à bord de l'ISS.

Discovery livrera aussi 12 tonnes de fret à la station, dont deux tonnes de vivres. La navette transporte également un générateur d'oxygène qui permettra de faire passer l'équipage de l'ISS de trois à six membres en 2009.