Le temps d'attente pour des soins de santé ne diminue pas

Ottawa — L'attente représente toujours le principal obstacle à l'accès aux soins de santé au Canada, révèle un rapport publié hier par Statistique Canada.

Sur un nombre estimé à 2,8 millions de personnes âgées de 15 ans et plus qui ont consulté un spécialiste en 2005, 18 % ont dit avoir eu de la difficulté à accéder aux services; 65 % de ceux ayant signalé des difficultés ont dit que l'attente était le problème, tandis que 37 % ont dit avoir eu du mal à obtenir un rendez-vous — ce qui représente une forte hausse par rapport aux 25 % ayant vécu la même situation en 2003.

Environ 1,5 million de personnes ont subi des chirurgies non urgentes, et 11 % d'entre elles ont fait état de difficultés pour obtenir des soins. De celles-là, 79 % ont dit que la trop longue attente représentait le principal obstacle à l'obtention des soins. C'est une proportion sensiblement plus élevée que les 62 % qui avaient déclaré que l'attente constituait un obstacle en 2003.

Les temps d'attente variaient selon le type de chirurgie non urgente. Quarante-deux pour cent des patients ayant subi une chirurgie cardiaque ou une chirurgie liée au cancer ont attendu moins d'un mois, et seulement 8 % de ces patients ont dû attendre plus de trois mois. Par contre, 39 % des patients qui ont subi une arthroplastie ou une opération de la cataracte ont attendu plus de trois mois.

Par ailleurs, 15 % des quelque 2,1 millions de personnes qui ont passé un test diagnostique ont fait état de difficultés.

L'étude indique que les temps d'attente médians pour tous les services spécialisés sont demeurés à peu près les mêmes entre 2003 et 2005. L'attente médiane est demeurée de quatre semaines pour les visites chez un spécialiste ainsi que pour les chirurgies non urgentes, et de trois semaines pour les tests diagnostiques.

Bonne nouvelle toutefois pour le Québec: le temps d'attente pour les chirurgies non urgentes a été réduit de moitié, passant de neuf à quatre semaines en deux ans. Le temps d'attente médian pour voir un médecin spécialiste au Québec a été réduit de moitié depuis 2003, passant à quatre semaines.

À Québec, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, s'est réjoui des points marqués par le Québec ces dernières années à ce chapitre.

«Nous rejoignons maintenant la moyenne canadienne, ce qui est un minimum. On veut faire beaucoup plus pour les Québécois et notre système de santé, mais, au moins, on a terminé cette phase de rattrapage et de mise à niveau de la situation absolument désastreuse que le Parti québécois nous avait laissée dans le domaine de la santé, a-t-il dit lors d'un point de presse. On constate que la tendance est inversée, depuis l'élection du gouvernement libéral.»