Le biopouvoir à l’épreuve de la vie

Le philosophe français Michel Foucault (1926-1984) a introduit la notion de biopouvoir dans le chapitre 5 de «La volonté de savoir» (1976), intitulé «Droit de mort et pouvoir sur la vie. Histoire de la sexualité».
Illustration: Tiffet Le philosophe français Michel Foucault (1926-1984) a introduit la notion de biopouvoir dans le chapitre 5 de «La volonté de savoir» (1976), intitulé «Droit de mort et pouvoir sur la vie. Histoire de la sexualité».

Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d’histoire des idées le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

La pandémie de COVID-19 a provoqué la mise en place d’une série de mesures coercitives pour lutter contre le virus, assurer la vie et éviter l’hécatombe : confinement, distanciation physique et éventuellement suivi numérique. Ces mesures ont exacerbé en même temps les inégalités sociales révélant les corps précaires et marginalisés. Ces dispositifs de pouvoir assujettissant des corps à des règles strictes au nom de la sauvegarde de la vie tout en en laissant tomber d’autres peuvent être explorés à l’aune des notions de biopouvoir et de biopolitique élaborées par Michel Foucault.

Ce philosophe français (1926-1984) a introduit la notion de biopouvoir dans le chapitre 5 de La volonté de savoir (1976), intitulé « Droit de mort et pouvoir sur la vie. Histoire de la sexualité ». Il l’évoque par ailleurs dans deux cours au Collège de France intitulés « Il faut défendre la société » (1975-1976) et « Naissance de la biopolitique » (1978-1979). Pour lui, le biopouvoir et la biopolitique qui en découle sont des éléments indispensables au développement du capitalisme qui marquent le dépassement de l’âge classique aux alentours du XVIIe siècle. En effet, les souverains de l’âge classique avaient le droit de « faire mourir ou de laisser vivre », exerçant leur pouvoir sur toutes choses, dont les corps, et sur la vie dont ils pouvaient s’emparer pour la supprimer. Mais l’exercice du pouvoir en Occident s’est transformé en se déplaçant d’un « droit de mort » à l’exigence d’un pouvoir qui « gère la vie ».

C’est à l’archéologie de ce passage que s’attelle Foucault dans les écrits cités précédemment. En effet, il décrit le glissement d’un procédé vers l’autre comme suit : « […] au vieux droit de faire mourir ou de laisser vivre s’est substitué un pouvoir de faire vivre ou de rejeter dans la mort » (La volonté de savoir, p. 718). Alors que les efforts se concentraient autour de la mort, l’entrée dans le capitalisme exige plutôt de l’esquiver pour assurer la vie. Selon Foucault, ce dispositif se met en place à travers deux pôles depuis le XVIIe siècle : celui des « disciplines des corps » et celui des « contrôles régulateurs de la population ».

Dans le premier pôle, le corps est considéré comme une machine qu’il faut dresser et dont il faut tirer le maximum de ses aptitudes, de sa force et de sa croissance. L’enfermement dans des écoles et des usines est le dispositif le plus efficace du biopouvoir pour assurer la productivité des corps. Le deuxième pôle apparaît vers le milieu du XVIIIe siècle et est relatif au contrôle du vivant, c’est-à-dire des naissances, de la mortalité, du niveau de santé, de la durée de vie, etc. Autrement dit, on mesure la vie pour qu’elle soit adéquatement gouvernée. C’est donc par la discipline des corps et la régulation de la population que se déploie le biopouvoir capitaliste qui a besoin de l’insertion contrôlée des corps dans l’appareil de production pour les assujettir aux processus économiques.

Un sujet conformiste et docile

Le biopouvoir fait donc entrer la vie des corps dans le domaine des calculs et fait du pouvoir un agent de transformation et de gouvernement de la vie humaine. Concrètement, cela se matérialise dans la culture du « beau » corps, dans sa mise en scène, dans le contrôle de ce qu’il peut et doit faire dans la société. Le corps est donc passé dans le champ du contrôle et d’intervention du pouvoir : il faut le gouverner.

Le biopouvoir vise ultimement, pour Foucault, un sujet conformiste qui s’autodiscipline lui-même. Le biopouvoir et ses dispositifs biopolitiques d’enfermement produisent des sujets sains et dociles. Finis le vagabondage, la paresse ou même la délibération citoyenne : les corps sont mis au travail, constamment optimisés pour être productifs. Si les corps dévient du chemin tracé par la biopolitique, ils sont enfermés dans des hôpitaux ou des prisons afin de les corriger et d’éviter qu’ils tourmentent le bon fonctionnement de la société (Foucault étudie longuement en ce sens la sexualité et la folie). La biopolitique, donc, gouverne la vie en façonnant la manière dont les corps doivent se comporter au prix de leur liberté et de leur unicité.

Corps actifs et capitalisme

La question qui se pose relativement au biopouvoir en temps de pandémie est la suivante : comment gérer et gouverner la vie lorsqu’elle est si soudainement menacée ? Dans une perspective foucaldienne, une première avenue serait évidemment de considérer le confinement et la distanciation physique comme de purs exercices biopolitiques de l’État sur les corps. Or, c’est un autre angle que nous aimerions explorer ici.

Si l’on assume la prémisse foucaldienne selon laquelle le capitalisme est mû par le biopouvoir et donc par des pratiques biopolitiques, les dispositifs disciplinaires devraient prendre en charge tous les corps malades pour qu’ils restent en vie. En effet, dans la biopolitique telle que pensée par Foucault, les individus menacés par la pandémie, non pas considérés comme des sujets uniques, mais comme des corps qu’il faut optimiser, devraient être enfermés et soignés dans les établissements adéquats afin d’assurer leur survie.

Rejetés dans la mort

Cependant, la crise actuelle dévoile les failles de ce biopouvoir qui sélectionne les corps à sauver, essentiellement les corps actifs qui agissent dans le maintien et la reproduction du capitalisme. La pandémie dévoile la biopolitique en train de se faire, en maintenant en vie ceux qui méritent de l’être et en révélant ceux qui sont rejetés dans la mort (donc délaissés par la biopolitique). Ainsi, et Foucault insiste moins sur ce point, vont de pair avec le biopouvoir des dispositifs de ségrégation et de hiérarchisation sociales provoquant la précarisation de certains corps et leur rejet quasi automatique dans la mort.

Cela a été développé récemment par Judith Butler, philosophe américaine, disciple de Foucault, qui, reprenant la réflexion du philosophe, estime que dans la société gouvernée par la biopolitique les corps n’ont pas tous la même valeur et que certains corps précaires, marginaux et invisibles sont considérés comme « jetables ». La pandémie dévoile cette facette du biopouvoir pour lequel tous les corps ne comptent pas de la même façon. Les aînés sont l’exemple le plus probant. Outre la solitude de ceux isolés qui sont en bonne santé, ils sont les premiers touchés par la mortalité du virus (environ 8 personnes sur 10 décédées de la COVID-19 sont des aînés). Au Québec, la pandémie a rappelé la gestion quelque peu douteuse des CHSLD rejetant les corps des aînés enfermés hors de la vie parce qu’ils ne « comptent plus ».

Dans le même ordre d’idées, les personnes en prison subissent le même sort : elles sont livrées à elles-mêmes dans des établissements souvent déjà insalubres et aucune mesure d’hygiène ne protège les plus vulnérables d’une mort certaine. C’est le cas aux États-Unis, mais aussi en Argentine, où des mutineries ont éclaté. Autres corps laissés pour compte : ceux des personnes en première ligne dans les services de santé, souvent mal protégées faute d’équipements médicaux suffisants et qui sont pourtant les premières exposées au virus. Enfin, il faut parler des travailleurs précaires assurant des emplois considérés comme « essentiels », dans les épiceries ou dans les entrepôts d’Amazon par exemple, qui doivent continuer à se présenter au travail et qui sont exposés au virus. Ces corps rejetés dans la mort sont des personnes issues de classes souvent défavorisées et racisées puisqu’elles exercent des métiers précaires, révélant du même coup le racisme systémique des sociétés occidentales.

Le rejet de ces corps, qui ne sont pas confinés pour pouvoir assurer un minimum de production, révèle donc que la biopolitique à l’œuvre dans le néolibéralisme caractéristique de notre époque est sélective. Elle « administre la vie » de ceux qui « méritent » de l’être — et qui sont pour la plupart en haut de la hiérarchie sociale — et rejette au ban de la société ceux qui ne comptent pas. La pandémie renforce donc la distinction de traitement entre les corps en délaissant ceux qui sont déjà relégués dans des lieux d’enfermement.

Alors que la pandémie semble bientôt maîtrisée et qu’il est davantage possible de se rassembler, il faut se rappeler les sacrifices que nous a imposés le biopouvoir. Loin d’accepter davantage de mesures liberticides (comme le suivi numérique), qui ne font qu’accentuer le pouvoir de contrôle des dirigeants, il faut tisser des liens de solidarité et des réseaux d’entraide pour échapper à la sélectivité de la biopolitique. Au-delà de la productivité et de l’optimisation, il faut réapprendre à prendre soin de tous les corps et refuser d’être administrés et gouvernés.

Des suggestions ? Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ledevoir.com.

20 commentaires
  • Roshdy Yann - Inscrit 20 juin 2020 07 h 36

    Réécriture de l'histoire- révisionnisme

    Belle manière de faire de Foucault, ce nietzschéens de gauche, un marxiste!

    Dans tous ces livres nulle part il fait des analyses en fonction "de capitalisme". C'est certainement coutume chez les marxistes de ne pas écouter et copier ce qu'un auteur dit en y cachant une critique anticapitaliste.

    Très déçu du Devoir.

    • Marc Therrien - Abonné 20 juin 2020 17 h 04

      Admettons qu’il ne critique pas le capitalisme comme tel. Mais quand on lit « Surveiller et punir » on y retrouve les liens entre les phénomènes fondamentaux qui assurent le bon fonctionnement du libéralisme : les relations entre le savoir et le pouvoir visant l’établissement de normes auxquelles il faut se conformer et en fonction desquelles on instaure un système disciplinaire visant à assurer la docilité des corps dans la recherche de l’utilité et de l’efficacité qui ultimement justifie la surveillance panoptique. « Quoi d'étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons? »

      Marc Therrien

    • Michel Carrier - Inscrit 21 juin 2020 08 h 58

      Michel Foucault critique le capitalisme. Cependant, il ne le fait pas sous la forme d'un jugement moral. Dans tous ses livres, il utilise une approche qui décrit et analyse les objets de la réflexion sur lesquels il se penche. Et vous savez tous très bien que ce n'est pas parce qu'une réalité n'est pas nommée par le substantif qui la désigne, qu'il n'y est pas question, qu'elle n'est pas, en quelque sorte, au centre de l'attention. Ainsi, dans Surveiller et punir, le capitalisme y est traité de manière corolaire au phénomène du pouvoir par l'entremise des dispositifs de discipline. Pour les puristes, le terme y apparaît nommément à la page 103, où il est alors lié avec la notion d'illégalisme: « Ou pour dire les choses d’une autre manière : l’économie des illégalismes s’est restructurée avec le développement de la société capitaliste. » Tout se tient. C'est d'une profondeur et d'une justesse effarante.

      Dans la même veine, dans Histoire de la folie à l'âge classique, Foucault critique les nécessités inhérentes au capitalisme par le biais de l'internement. « L’internement est une création institutionnelle propre au XVIIe siècle. » (108-109) C’est le lieu d’un événement décisif, celui d’attribuer à la folie le statut de l’inutilité sociale et de l’intégrer comme telle à un horizon économique, où les modalités de l’enfermement étatique relèguent au statut d’internés des catégories d’individus qui ne participent pas à la productivité, dans le but de les formater, les éduquer et les endoctriner au travail de la société capitaliste bourgeoise naissante.

  • Michel Carrier - Inscrit 20 juin 2020 08 h 12

    La récupération post-moderne de Michel Foucault

    Madame,

    Au-delà des qualités d'écriture de votre texte, à savoir la clarté dans la vulgarisation et le style souple et allégé, je ne peux que déplorer les extrapolations auxquelles vous vous livrez. Bien que l'utilisation des concepts soit dans l'ensemble assez juste (la seule fois où vous avez employé le mot archéologie dans ce texte, c'est le mot généalogie qui aurait dû y figurer), leur association avec d'autres concepts, qui ne relèvent pas de la théorie foucaldienne à proprement parler, s'avère plus qu'ambigüe. Il n'y a qu'une courte distance à franchir entre l'amalgame du biopouvoir et du racisme systémique: un pas dont il n'est nullement certain que Foucault lui-même aurait fait.
    L'interprétation de la situation que vous posez laisse pantois. La ségrégation et la hiérarchisation des classes sociales dont vous discutez, a moins à voir avec le biopouvoir (anatomo-politique du corps + biopolitique de la population), qu'avec le développement sauvage d'un capitalisme qui l'est tout autant, sauvage. Non pas le biopouvoir comme cause, mais comme outil d'analyse dans la gestion du vivant, des corps, de la population; le tout découlant bien plus des nécessités inhérentes au capitalisme néolibéral. Dès lors, la notion foucaldienne par excellence qui devrait intervenir ici est celle de gouvernementalité, mais vous n'en dites mot.
    Il n'y a pas si longtemps, la notion de "race" faisait partie du vocable tombé dans le discrédit. L'humanisme des sciences sociales au XXe siècle avait postulé l'espèce humaine et rejeté le positivisme légitimant la suprématie de la race propre au darwinisme social du XIXe siècle. Mais par le biais des sciences sociales américaines, la notion de "race" rejaillit, donnant parfois lieu à des concepts abscons tel le racisme systémique. L'aspect systémique n'y est pas si évident, plus que la pluralité des particularismes qui compose la misère. Bref, une interprétation de Michel Foucault très tendance, mais somme toute lacunaire.

    Julien Carrier

  • Marc Therrien - Abonné 20 juin 2020 08 h 52

    Il y a les personnes qui comptent et il y a celles qui calculent


    La gestion de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de la Covid-19 ne fait qu’exacerber les malaises préexistants dans notre société malade de la gestion. Quand vient le temps de s’intéresser aux malaises individuels et colectifs dans la société moderne, à la suite de Michel Foucault, on peut aussi fréquenter des penseurs de la sociologie comme Alain Ehrenberg (La Fatigue d’être soi – dépression et société) et Vincent de Gaulejac (La Société malade de la gestion : idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social). On peut alors constater que notre société est devenue malade de la gestion et de la performance, obsédée par les mesures. Celles-ci servent non seulement à établir la norme en vue de définir l’anormal, le malade ou le déviant, mais aussi à définir les standards d’excellence de la santé individuelle et organisationnelle. Le savoir disciplinaire scientifique vise justement à discipliner les personnes qui s’écartent de la norme ou s’éloignent trop du standard d’excellence. Comme 20% d’un grand nombre de population représente quand même un volume de marché intéressant pour l’industrie de la thérapeutique qui offre une variété de solutions correctrices, pour chaque problème ainsi créé, on comprend mieux les intérêts en jeu.

    Marc Therrien

  • Marc Therrien - Abonné 20 juin 2020 09 h 03

    Il y a les personnes qui comptent et il y a celles qui calculent (suite)


    Cette détresse collective pourrait être une dérive de l’idéal du perfectionnement de soi qui devient malsain lorsqu’il évolue vers du perfectionnisme social et individuel pathologique marqué par une anxiété et dépression grandissantes chez une population perpétuellement insatisfaite d’elle-même parce qu’incapable de rejoindre les standards d’excellence de plus en plus inatteignables à mesure qu’on les élève. On se situe toujours très en deça de l'idéal dans la quête de l'immortalité.

    Ainsi, pour expliquer cette accentuation de la détresse psychologique, au classique sentiment de culpabilité de ne pas répondre aux injonctions sociales, viendrait s’ajouter cette fatigue existentielle profonde de se sentir insuffisant. Enfin, dans le cas qui nous préoccupe depuis quelques mois, en plus de catastrophiser la situation à partir de données situées en bas d’une proportion de 20% de la population, on a pu observer que le biopouvoir a choisi de communiquer quotidiennement les plus grands nombres impressionnants reliés aux volumes populationnels plutôt que les plus petits nombres reliés aux proportions en vue de garder mobilisée la population générale dans la poursuite de cet objectif très général et imprécis de sauver des vies dont il ne pourra jamais mesurer avec exactitude les résultats. C’est une stratégie cohérente avec le maintien d'une perpétuelle insatisfaction qui caractérise la société néolibérale dans poursuite du bonheur.

    Marc Therrien

  • Robert Bernier - Abonné 20 juin 2020 09 h 56

    C'est de la philosophie faut-il croire

    L'entête du texte écrit: "Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d’histoire". Ce texte doit être de la philosophie, je dirais. Sinon, un historien se serait senti l'obligation de présenter un texte, un document écrit, un extrait audio-visuel pour soutenir sa thèse à l'effet que, disons, Legault et Arruda se seraient levés un matin et auraient décidé de "considérer le confinement et la distanciation physique comme de purs exercices biopolitiques de l’État sur les corps. ... les individus menacés par la pandémie, non pas considérés comme des sujets uniques, mais comme des corps qu’il faut optimiser, devraient être enfermés et soignés dans les établissements adéquats afin d’assurer leur survie."

    On est dans le complotisme, je dirais. On est dans la pseudo-science en tout cas, de façon on ne peut plus certaine: on peut faire dire n'importe quoi et son contraire à la situation ... personne ne pourra nous reprocher d'avoir menti.

    C'est ce qu'il y a de détestable, je dirais, dans ce genre de philosophie qui recherche plus son effet littéraire qu'un avancement dans la réflexion. J'ai un ami, philosophe et professeur de philosophie, spécialiste de "La philosophie comme mode de vie", à qui je disais que, pour ce qui me concerne, son approche de "La philosophie comme mode de vie" était ce que la philosophie pouvait apporter de mieux. Pas la macédoine qui se présente comme savante comme on a trouvé dans ce texte. Et sûrement pas de se présenter comme une "science" de l'humain et de ses sociétés. Historiquement, ce dévoiement de la philosophie commence peut-être aux temps de l'école dite de Francfort en sociologie, où l'on réinterprète Marx dans une approche freudienne. Sachant ce que l'on sait désormais du charlatanisme freudien, on ne doit pas se montrer surpris des dérives de ce genre de philosophie.

    Bon. Heureusement que de meilleurs connaisseurs de Foucault que moi ont, dans les commentaires précédents, mis ce délire en perspective.

    • Marc Therrien - Abonné 20 juin 2020 16 h 07

      Quand on se promène « dans les environs de Michel Foucault » dirait Victor-Lévy Beaulieu qui lui a consacré un livre, c’est qu’on veut se « déprendre de soi-même ». Il y a alors effectivement un risque de tomber de l’autre bord des choses de l’entendement. Avec Foucault, on parle du peuple en le nommant corps social. Ce dernier est souvent soumis aux tensions entre les sous-systèmes des corps politique et scientifique qui le composent. « Foucault nous raconte comment, au XXe siècle, on s'est servi de l'éducation pour façonner un corps social si bien quadrillé par le pouvoir politique qu'il ne peut plus échapper à sa condition qui fait de lui un aliéné si impuissant qu'il ne peut plus se libérer de la cage dans laquelle on l'a enfermé. » Il n’y a effectivement pas de complot ou de conspiration de la part du triumvirat Arruda-Legault-McCann. Il n’y a qu’une simple exacerbation paroxystique de l’impuissance apprise déjà là.

      Marc Therrien