Champlain et les autochtones: construire aujourd’hui sur un rêve inexistant

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, «Étude pour l’arrivée de Samuel de Champlain à Québec», 1908-1909
Photo: MNBAQ, Jean-Guy Kérouac Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, «Étude pour l’arrivée de Samuel de Champlain à Québec», 1908-1909

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Il ne se passe guère de semaines sans que l’actualité nous ramène à la triste réalité des Premières Nations. Les gouvernements canadien et québécois, qui se sont engagés à améliorer les conditions de vie de leurs membres, ont lancé des enquêtes publiques sur le sort réservé aux femmes autochtones assassinées et disparues et sur les relations entre les autochtones et certains services publics. Ces enquêtes font suite aux travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), créée en 2008.

Toutes ces initiatives visent à favoriser l’établissement d’une relation juste et équitable entre les membres des Premières Nations et le reste du pays. En décembre 2015, au lendemain du dépôt du rapport final de la CVR, un éditorialiste du Globe and Mail résumait la situation en affirmant que, 400 ans après avoir été imaginé, le rêve de Samuel de Champlain avait finalement une chance de devenir réalité.

Il y a dix ans, l’historien américain David Hackett Fischer, lauréat du prix Pulitzer, publiait en anglais une biographie du fondateur de Québec. Traduit dès l’année suivante en français, Le rêve de Champlain (Boréal) remporta un grand succès populaire. « Coup de coeur » d’une grande chaîne de librairies québécoise, le livre fit rapidement l’objet d’une docu-fiction. Signe que ce livre et son message ont réussi à atteindre un public diversifié, tant le premier ministre canadien Justin Trudeau que l’auteur et rappeur Bizz ont déjà mentionné qu’il se trouvait parmi leurs lectures préférées.

Un précurseur des Lumières ?

Champlain, selon Fischer, n’avait pas traversé l’Atlantique dans le but de conquérir de nouveaux territoires. Au contraire, il aurait rêvé de créer en Amérique du Nord une société unie par « la tolérance de la diversité et un respect mutuel pour les différences ». Cette vision, qui aurait été partagée par de nombreux Français ayant contribué au développement de la Nouvelle-France, leur aurait été inspirée par Henri IV.

Celui-ci, roi de France depuis 1589, aurait été marqué par les violences ayant secoué son royaume lors des guerres de religion (1562-1598), violences que ses prédécesseurs n’auraient pas été en mesure de freiner. Il aurait voulu s’en libérer en mettant en avant l’acceptation de l’autre. Cette vision « humaniste » ferait, selon Fischer, d’Henri IV et des quelques hommes qui la partageaient des précurseurs des Lumières, des individus ouverts à la pluralité dont nous pourrions être fiers.

À l’heure où nos sociétés sont confrontées au traitement qu’elles ont réservé aux autochtones, il est rassurant de constater que notre « père fondateur » les traitait avec humanité. Selon Fischer, « il les considéra toujours comme des êtres humains comme lui-même […], comme les égaux des Européens en intelligence et en esprit. » Fort de cette position, il pouvait entrevoir la création d’« un monde nouveau où des gens de cultures différentes pourraient vivre ensemble dans l’amitié et la concorde ».

Son premier défi était de jeter « les bases fermes d’une amitié animée par la confiance et l’intérêt bien compris de chacun ». Le rêve de Champlain est celui que nous poursuivons de nos jours… pourvu qu’il ait véritablement existé.

Principe de précaution

Fischer écrit que, il y a deux générations, les historiens traitaient des Européens comme des saints et des Amérindiens comme des sauvages. Ce paradigme aurait été inversé par la génération suivante. L’historien américain, pour sa part, croit possible « d’écrire sur les Indiens d’Amérique et lesEuropéens avec maturité, empathie et compréhension » en appliquant les fondements de la discipline historique. L’analyse critique des sources constitue l’un de ses principaux fondements.

Tout travail d’historien est basé sur l’étude et l’analyse de sources qu’il faut bien établir afin de les utiliser intelligemment. Trois questions de base se posent devant une source : qui l’a produite ? Dans quel contexte ? Dans quel but ? Répondre à ces questions exige d’avoir une bonne compréhension de l’époque étudiée. L’objectif est d’éviter de se faire « piéger » par une source qui peut être partielle, en ce qu’elle ne refléterait qu’un aspect de ce qui intéresse le chercheur, ou partiale.

Ce principe de précaution doit s’appliquer particulièrement dans le cas d’une source unique, son producteur ayant peut-être eu intérêt à cacher des choses ou à enjoliver la réalité qu’il présente. Or, les historiens qui s’intéressent à Champlain sont bien souvent confrontés à une seule source : les livres écrits par le fondateur de Québec lui-même. La précaution élémentaire demanderait qu’elle soit manipulée avec soin, ce que ne fait pas l’historien américain.

Mal nécessaire

Fischer ne connaît pas bien la France et l’Europe à l’époque de Champlain. Il serait possible de donner de nombreux exemples de cette incompréhension, mais attardons-nous sur un seul, car il est à la base même de la construction proposée par l’historien.

Selon lui, Henri IV et Champlain étaient des êtres d’exception en ce qu’ils prônaient la tolérance. Il est vrai que l’édit de Nantes, par lequel Henri IV met un terme aux guerres de religion en 1598, accorde aux protestants français certaines libertés qui seront révoquées par Louis XIV en 1685. Mais, ce faisant, le roi suit la politique qu’avaient empruntée ses prédécesseurs depuis le début des conflits civils : chercher à ramener les protestants dans le giron de l’Église catholique par le biais de la douceur et non en usant de la force. Les articles les plus importants de l’édit de Nantes sont d’ailleurs repris intégralement d’édits précédents.

La tolérance, au tournant du XVIIe siècle, est considérée comme un mal nécessaire et momentané qui permet d’atteindre l’unification religieuse souhaitée. Ce n’est qu’un siècle plus tard qu’une approche plus positive de ce concept commence à émerger. Henri IV et Champlain ne sont donc pas tolérants au sens philosophique du terme, leur approche de l’altérité est fondamentalement pragmatique.

Il est vrai que Champlain semble s’être toujours montré bienveillant à l’égard des Amérindiens. Il ne faut toutefois pas oublier que les Français ont alors besoin d’entretenir de bonnes relations avec les autochtones. Champlain, à plusieurs reprises dans ses récits, signale que, sans leur aide, les Français auraient été incapables de survivre à l’hivernement. Les Français dépendaient également d’eux pour l’approvisionnement en fourrures et pour la découverte de l’intérieur des terres. Champlain, dans ses explorations, accompagne toujours un groupe d’Amérindiens.

La situation était bien différente en Nouvelle-Espagne, où les colons avaient besoin d’une main-d’oeuvre abondante et bon marché afin d’exploiter les richesses du sol. Lorsque les Français commenceront à cultiver la canne à sucre dans les Antilles, ils feront bien peu de cas des populations locales et des esclaves africains qu’ils importeront en grand nombre.

Champlain aurait été ouvert aux populations locales, mais qu’en sait-on vraiment ? Après tout, les historiens qui s’intéressent à ses actions en Amérique du Nord ne se fient presque exclusivement qu’aux écrits de l’explorateur pour présenter ses faits et gestes et leurs réceptions par ses interlocuteurs.

Fischer affirme que les chefs amérindiens avec lesquels Champlain interagit partageaient son rêve d’un monde meilleur. C’est bien l’impression qui se dégage des écrits de l’explorateur, mais avait-il intérêt à dire autre chose ? Il a lutté, après son premier voyage en Amérique du Nord, afin que la France s’y installe durablement. Gouverneur de la colonie implantée à Québec, il se bat afin d’obtenir les hommes et l’argent nécessaires à la consolidation de l’établissement. Sans cacher les rigueurs de la vie sur les rives du Saint-Laurent, il ne peut noircir le portrait de la situation.

Intérêts mercantiles

Le jugement peut paraître sévère. Toutefois, certains éléments nous amènent à considérer de façon critique les écrits de l’explorateur. Par exemple, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke et de l’Acadie par William Alexander en 1629, Champlain aurait déployé toute son énergie afin que ces territoires soient rendus à la France. Par exemple, ce serait après qu’il eut rencontré le marquis de Châteauneuf, ambassadeur français en poste à Londres, que celui-ci aurait décidé d’aborder la question avec le roi d’Angleterre, prétention reprise par Fischer.

Toutefois, dès le 9 octobre — alors que Champlain débarque sur le sol anglais le 27 —, Châteauneuf avait été informé de la situation par le cardinal de Richelieu, qui lui donna instruction de demander la restitution de la Nouvelle-France, la prise de l’Acadie par les Écossais n’étant pas encore connue. Ces instructions sont renouvelées au début du mois de novembre, ce qui incite Châteauneuf à se tourner vers Champlain pour lui demander de dresser un état des places que devait revendiquer la France. À la surprise de l’ambassadeur, Champlain s’exécute, mais sans mentionner l’Acadie et le Cap-Breton, se contentant, écrit Châteauneuf, « que nous ayons liberte d’y aller pescher. »

Champlain se fait ainsi le défenseur des intérêts de son employeur, dont il est aussi actionnaire, la Compagnie des Cent-Associés, dont les activités se déroulent essentiellement dans la vallée du Saint-Laurent, en insistant pour que la France récupère au plus tôt la région laurentienne, quitte à laisser l’Acadie aux Écossais. Déçu par ses expériences acadiennes, il privilégie la restitution de la région pour laquelle il se démène depuis plus de vingt ans, qu’il gouverne dans les faits et dans laquelle il a investi. Pas plus que lui, la Compagnie des Cent-Associés ne se démène afin que les régions atlantiques reviennent dans le giron français.

Si l’Acadie finit par être restituée à la France, c’est grâce aux efforts de Châteauneuf, qui, comme nous le montrent des documents conservés aux archives, la réclame inlassablement, au grand dam des ambassadeurs anglais. Fischer, pour sa part, sans qu’il cite ses sources, écrit que « le moment critique survint en 1632 lorsque, sur les instances de Champlain, l’Acadie fut ajoutée à la liste des territoires que l’Angleterre était contrainte de rendre à la France ».

Champlain occupe une place à part dans l’histoire de l’Amérique française. Il s’est battu afin d’y établir et d’y développer une colonie digne de ce nom. Traversant inlassablement l’Atlantique afin de trouver à la cour appuis et argent en France, il utilise ses livres comme armes de combat : il y expose les richesses des territoires qu’il explore et exploite, et souligne son implication personnelle dans ce projet qui est, contrairement à ce que prétend Fischer, marchand et non humaniste.

Ses écrits ne visent pas à faire état objectivement d’une situation donnée, ils cherchent à convaincre ses lecteurs des potentiels américains, et du fait qu’il est la meilleure personne pour les exploiter. Son rapport à l’écriture n’est, à ce titre, pas différent de celui des autres explorateurs de son époque. Source unique, ou presque, des événements rapportés par leur auteur, les écrits de Champlain doivent être maniés avec précaution et être justement critiqués, comme le demandent les fondements de la science historique.

Michel De Waele est professeur titulaire au Département des sciences historiques de l’Université Laval.

Paul Cohen est professeur d’histoire à l’Université de Toronto.

 

 

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22 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 7 avril 2018 04 h 54

    Ainsi parlait Samuel de Champlain


    « Le salut d’une âme vaut mieux que la conquête d’un empire; et les rois ne doivent songer à étendre leur domination dans les pays où règne l’idolâtrie que pour les soumettre à Jésus-Christ. »

  • Jean-François Trottier - Abonné 7 avril 2018 08 h 24

    Une place à part ? Vraiment ???

    M. Noel, contrairement à Fischer, choisit la tentative de procès d'intention envers Champlain, pour des raisons que je préfèrerais ignorer mais qui semblent évidentes. À procès, procès et demie, bien mérité celui-là.

    Puisqu'on ne peut plus aujourd'hui traiter les autochtones de sauvages, il reste au Canada la possibilité de réserver ce mot, mais à couvert bien sûr, aux Québécois,
    Sinon, le mythe fondateur d'une Angleterre civilisatrive en prendrait pour son rhume, non? On finirait par constater que les actions de l'Empire se sont résumées dans l'immensité du territoire canadien à de la barbarie pure et simple.

    Le fait d'omettre la Grande Paix de Montréal de 1701, signée entre par des représentants Français et 35 nations amétindiennes ou plus, parle par lui-même.
    Et cette personne taxe Fischer d'ignorance... Wow!

    Cettte entente multiple établissait la paix entre plusieurs peuples Algonquiens et Iroquoiens et se voulait un prélude à la création d'une confédération aux liens lâches entre tous les peuples : pas d'organisme unificateur mais des normes de respect basés sur les palabres, un système de discussion que nous aurions intérêt à imiter aujourd'hui.

    Pour revenir à Champlain et en finir avec ses fausses réserves, l'auteur tait le fait que Champlain avait vu comment la France agissait dans les Caraïbes, et développé la volonté d'agir humainement ici en parfaite entente avec la Compagnie des Cent Associés. Les piètres tentatives de le présenter comme le produit d'une mode passagère est mensonger et vise à associer les Français aux Anglais dans le traitement inique réservé aux autochtones.

    L'action de Champlain, voulue et planifiée depuis la France, évitait le développement débridé par respect envers les peuples, contrairement à ce qui s'est fait partout ailleurs.
    Les explorateurs Français ont fédéré les peuples de l'ouest Canadien et de Louisiane dans une bonne entente qu'Ottawa a trahi dès ses débuts, massacres et tueries à l'appui.

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 avril 2018 16 h 56

      Tout à fait d'accord. Il faut rappeler cette Grande Paix. Les partis nationalistes devraient en faire un jour férié et inviter les représentants des Premières Nations aux célébrations.

    • Nicolas Robitaille - Abonné 8 avril 2018 07 h 18

      J'aimerais bien voir les récits de voyage de Cortez. La bienveillance aligné sur la réalité économique du développement d'une colonie et le désir de conversion des âmes de Champlain va nous sembler angélique face au pillages et massacre que l'empire espagol a perpétré.

      Je reste outré de la prétention des auteurs de décortiquer les motivations personelles de Champlain en opposant les mots de Champlain a leur lectures des intentions sous-jacente de certaines actions. Est-ce que Champlain a défendu la région laurentienne au détriment de l'Acadie par merchantillisme personnel? Est-ce que c'était une façon de s'assurer de la survie d'au moins une partie de son projet de conquête en restant loyal à la compagnie? Peut-être est-ce que c'était un fin stratège politique qui a choisit ce mouvement à ce moment?

      Il est impossible de déterminer la pureté du coeur des humains que nous côtoyons tous les jours. Les actions, tel les traités de paix, et les intentions exprimés sont des faits importants et, dans ce cas précis, inspirants.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 avril 2018 09 h 07

      Sylvain Auclair écrit : « Tout à fait d'accord. Il faut rappeler cette Grande Paix. »

      Tout à fait d’accord. À cette fin, la principale artère est-ouest de Montréal, la rue Sherbrooke, devrait être renommée ‘rue de la Grande-Paix’.

  • Bernard Terreault - Abonné 7 avril 2018 09 h 18

    Somme toute

    Champlain aurait été humaniste par intérêt bien compris et par pragmatisme. En fait c'est la meilleure façon et la plus efficace ! Comme Henry Ford avait compris que des ouvriers bien payés pourraient se payer le luxe d'acheter ses voitures. Tout comme les grands boss pragmatiques des meilleures démocraties se sont rendus compte que certaines mesures sociales leur assurait à la fois des travailleurs instruits et en santé et des clients prospères pour leurs produits.

  • Léonce Naud - Abonné 7 avril 2018 09 h 52

    Bel essai de « character assassination »


    Par-delà cette remarquable tentative de « character assassination » du fondateur de la Nouvelle-France, ce qui est visé par Messieurs les Professeurs Michel de Waele (Université Laval) et Paul Cohen (Université de Toronto), c’est l’existence d’une Nouvelle-France qui ait été légitime et dominante par son courage et ses armes en Amérique et partenaire de la quasi totalité des nations autochtones du continent; et aussi, par voie de conséquence, la légitimité du Québec d’aujourd’hui, dominant un territoire délimité dans l’Est du continent.

    • Jean-Charles Vincent - Abonné 8 avril 2018 08 h 24

      Parfaitement d'accord avec vous! On se demande si ils ne sont pas en service commandé pour préparé le terrain à une enième remise en cause du nom du ''nouveau pont Champlain'' . À tout événement l'histoire de cette époque manquera toujours de sources fiables et toute hypothèse la concernant reposera toujours sur une base ensablée, comme le port de Brouage.

  • Jean Lacoursière - Abonné 7 avril 2018 10 h 22

    Ça concorde avec ce que j'ai lu

    L'oeuvre en quatre tomes intitulée Iroquoisie, par Léo-Paul Desrosiers, permet effectivement de lire que Champlain s'est allié aux nations algonquiennes pour des raisons surtout marchandes (fourrures) et qu'il s'en trouva aspiré vers la guerre de ces nations contre les nations iroquoises. Désespéré des dangers posés par des milliers d'Iroquois face à quelques centaines de Français, Champlain a même déjà écrit qu'il n'y avait plus d'autres options à la survie de la présence française que l'extermination complète des Iroquois, une fois pour toutes. En plus du commerce, l'alliance avec les nations algonquiennes étaient aussi essentielle pour se défendre.

    • Alain Lavallée - Abonné 7 avril 2018 15 h 26

      Alliances de Champlain et des Français avec les peuples algonquiens contre les Iroquois:

      Il faut toutefois noter une nuance on ne peut plus importante dans ce qu'affirme Jean Lacourcière, nuance qui dans les faits change toute l'interprétation.

      Il faut bien se rappeler que à la pointe St Mathieu (Tadoussac) en mai et juin 1603), comme l'a montré l'historien Camille Girard, quelques peuples algonquiens ont participé à des rencontres diplomatiques et partagé des alliances avec des représentants du ROi de France, (François du Pont Gravé et Samuel Champlain) . Respectant les coutumes amérindiennes, ils ont fumé le calumet et scellé les premières alliances franco-amérindiennes. Montagnais-Innus et leur chef Anadabijou, Algonquins et leur chef Tessouat, ainsi que Malécites-Etchemins ont lors de ces rencontres diplomatiques exprimé l’acceptation que les Français « peuplât leur terre » et leur ont demandé leur appui dans leurs guerres contre leurs ennemis les Iroquois.

      et c'est précisément pour cela que dès 1609 , Champlain participe à une expédition avec ses alliés algonquiens contre les Iroquois à l'endroit aujourd'hui nommé Lac Champlain.... Et par la suite les relations ont souvent été tendues entre la NOuvelle-France et ses alliés algonquiens contre les peuples iroquoiens. Néanmoins les Français sont néanmoins parvenus à signer des ententes avec 39 peuples amérindiens (y compris les peuples iroquoiens) lors de la Grande Paix de Montréal de 1701.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 avril 2018 11 h 02

      EN 1603, Champlain est à l'emploi de Dugua, deux Huguenots et Dugua a pour mandat d'établir une colonie en retour du monopole de la traite des fourrures.

      C'est sur cette base qu'il s'entend avec des Algonquins. En 1608, Champlain est mandaté par le roi de France d'établir cette colonie et devra appuyer les Algonquins dans leur guerre contre les Iroquois.

      Entre-temps converti au catholicisme, Champlain, en plus de superviser le commerce, de poursuivre ses explorations pour trouver une voie menant à la Chine, doit assurer la création d'une colonie, dont il établit un plan d'esemble, et facliter le travail des missionnaires venus convertir au catholicisme les « nations » amérindiennes alliées. C'est au cours de cette période que son épouse, dont la dot finança ses entreprises, que Champlain assure une présence française à Québec.

      En 1629, encerclés par les Frères Kirke, des Huguenots supportés par le roi d'Angleterre désireux de relancer en Amérique la guerre des religions, il doit quitter les lieux après avoir été fait prisonnier.

      Comme la France récupère ses postes en Amérique, Champlain revient en 1632 avec pour mandat de renforcer les assises de la France. Incité par un chef amérindien à fonder un poste de traite à Trois-Rivières, il crée un avant-poste à l'ouest de Québec. Parallèlement, pour assurer la venue de colons, il a aussi le mandat d'instaurer le régime seigneurial de la France, ce qu'il fera peu avant sa mort.

      Sous cet angle, M. Lacoursière a raison. Les alliances avec les Algonquins étaient essentielles au commerce et à la défense du postes contre les Iroquois et les Anglais. Et ces postes ont aussi servi à l'évangélisation des Algonquins et aux projets religieux ayant conduit à la fondation de Montréal comme aux charges des iroquois jusqu'en 1701.

      Le modèle de l'historien américain fut conçu par Talon et s'est institué après 1701, soit après la pacification des Iroquois, et perdura jusqu'au début de la French and Indians War.