La technique est-elle synonyme de progrès?

Dans certaines régions du monde, la déforestation et ses conséquences, comme la désertification des terres et le manque d’eau potable, appauvrissent la vie humaine et la rendent souvent sordide. <br />
Photo: Agence Reuters Alberto Lowe Dans certaines régions du monde, la déforestation et ses conséquences, comme la désertification des terres et le manque d’eau potable, appauvrissent la vie humaine et la rendent souvent sordide.

L'humain a évolué de la même manière que les animaux, mais dans une autre direction : l'intelligence. C'est ce plus grand potentiel cognitif qui a ouvert la porte à la technique. Le concours «Philosopher» invite chaque année les étudiants du réseau collégial québécois à proposer leur réflexion sur un thème d'actualité. Nous publions le texte gagnant pour l'édition 2010.

L'évolution de l'homme est une histoire unique, un parcours jamais défriché auparavant sur Terre. Entre la station verticale de l'Homo erectus et l'édification de gratte-ciels par l'Homo techno-logicus (expression d'Yves Gingras), l'humain s'est dirigé toujours plus rapidement dans une même direction: celle de la technologie. Cette technologie, aujourd'hui omniprésente dans nos sociétés, a une influence sur la manière dont les humains vivent... et vivront. Mais est-ce un progrès?

La technique est-elle synonyme de progrès? C'est une question aussi complexe qu'il y a d'interprétations possibles au concept de progrès. Pour y répondre, je commencerai donc par définir les concepts impliqués, pour ensuite présenter les opinions sur la question qui ont le plus marqué l'histoire. Je décrirai alors les impacts de la technique sur les différentes formes de progrès, avant de proposer des solutions aux problématiques soulevées.

La notion de progrès

La notion de progrès peut être abordée de deux manières radicalement différentes. Premièrement, d'un point de vue biologique, un progrès est une adaptation continuelle, un changement qui procure un avantage évolutif et permet une meilleure survie. Dans cette optique, l'éthique est en tout point absente; une espèce qui évolue ne s'adapte pas aux considérations morales, inexistantes chez la faune et la flore sauvage, mais bien aux conditions de son milieu, à la compétition et aux ressources disponibles.

Toute cette adaptation est un progrès pour un animal, puisque c'est ce qui lui permet de mieux vivre, dans le sens strictement biologique.

Mais l'humain, justement, a cessé de se considérer comme un simple animal. Est alors apparue la conception plus philosophique du progrès, celle d'une amélioration morale de l'homme. Cette morale n'obéit pas à la logique de la nature car elle y est un concept raisonné, indéfini avant l'arrivée de l'humain. Les fondements de l'éthique ne sont pas les mêmes que ceux des lois de la nature.

Cette vision du progrès comme un avancement «vers le bien: vers l'accroissement des connaissances, de l'esprit et du bonheur de l'homme» (Didier Julia), est donc nouvelle et il est plus complexe de s'interroger sur l'impact de la technique là-dessus. Cette dichotomie radicale est une simplification extrême, j'en conviens, mais il est important de la mettre en évidence et de bien séparer ces deux pôles pour mieux comprendre ce qui est à la racine du problème.

La civilisation moderne

Mais d'abord, on doit s'attarder à ce qu'est la technique et à ce qu'elle apporte à l'homme. La technique peut être définie comme «l'ensemble des procédés ordonnés» étant «employés à l'investigation et à la transformation de la nature» (Didier Julia).

Cette transformation, intimement liée au développement économique, est visible dans presque tout ce qui constitue la civilisation humaine de nos jours: industrialisation, médecine, exploitation agricole et forestière, urbanisation, etc. La technique, instigatrice de cette expansion matérielle, a donc des effets importants sur la civilisation moderne, dont elle constitue la base.

Les opinions concernant cette technique et le progrès divergent. Pour Francis Bacon, il était possible de progresser indéfiniment, de «reculer les bornes de l'Empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles» avec l'aide de la science expérimentale, dans le but d'atteindre une situation idéale, utopique, où la science aurait comblé tous les désirs des hommes et d'où il découlerait que les moeurs seraient bonnes et que régnerait l'harmonie, comme dans la Nouvelle Atlantide. Ainsi, la technique, apportant prospérité et santé, encouragerait le progrès moral.

Pour Jean-Jacques Rousseau, au contraire, «les sciences et les arts», pour reprendre l'expression de l'époque, corrompent les hommes en favorisant les biens du corps au détriment de ceux de l'esprit, qui sont pourtant essentiels: «L'esprit a ses besoins, ainsi que le corps. Ceux-ci sont les fondements de la société, les autres en font l'agrément.»

L'idéal scientifique, où la science aura comblé tous les désirs, lui paraît irréalisable, en ce que ces désirs sont justement illimités et impossibles à combler. Il est beaucoup plus important de se préoccuper de l'esprit et de la vertu, sans quoi le progrès moral est délaissé au profit du progrès matériel — l'essence même de la technique.

L'opposition de ces deux points de vue est très représentative du mode de pensée de l'époque. L'un considère que la technique est moralement bénéfique, alors que l'autre la voit comme une perte de temps qui détourne l'homme de son développement «spirituel». C'est le progrès moral de l'homme qui est en jeu ici.

Les philosophes des Lumières qui discoururent sur le progrès et la technique y voyaient avant tout des controverses éthiques et politiques concernant le statut de l'homme en tant qu'homme. Voilà la distinction que je m'efforçais de mettre en lumière en définissant les axes de pensée concernant le progrès. L'humain était, à l'époque où la technique moderne a vu le jour, distinct du reste du monde vivant. Sa nature le différenciait trop des autres animaux pour qu'il en soit un. Ce n'était pas une machine sans âme, mais un être presque divin, ayant accès à la conscience, destiné à être le «maître et possesseur de la nature» (René Descartes).

Ainsi, le progrès moral de l'humain a toujours été la principale préoccupation de la philosophie en ce qui concerne la technique.

Du point de vue biologique


À partir de là, on peut s'attarder à ce qu'apporte réellement la technique quant au progrès. Du point de vue biologique, on peut considérer que cette technique est une forme d'adaptation, ce qui correspond à un progrès biologique.

En effet, l'humain a évolué de la même manière que tous les animaux, mais dans une direction jusque-là moins empruntée: l'intelligence. C'est ce plus grand potentiel cognitif qui a ouvert la porte à la technique.

Partant du principe de phénotype étendu élaboré par Richard Dawkins, cette technique n'est rien de plus qu'un autre caractère biologique, une adaptation — du cerveau, cette fois, qui permet une interaction plus poussée avec son milieu — procurant un avantage évolutif. D'une certaine façon, la construction de villes et d'outils a instauré la suprématie de l'espèce sur les autres, par sélection naturelle.

Ce progrès biologique a des impacts sur l'espèce humaine qui ne doivent pas être négligés, toutefois. En effet, l'humain reste un animal et est donc toujours lié à son environnement. Comme le fait remarquer Lester R. Brown: «Aucune économie, aussi technologiquement avancée soit-elle, ne peut survivre à l'effondrement de l'écosystème sur lequel elle s'appuie.» L'avancée de la technique a des conséquences sur l'équilibre de notre milieu, d'ores et déjà évidentes de par le monde, et qui sont très préoccupantes.

En effet, la technique, de par son statut économique, suit, parallèlement au capitalisme, une progression exponentielle, sans fin, ce qui crée un déséquilibre dans la biosphère. Aujourd'hui, la population mondiale augmente de façon aussi inquiétante — soit un accroissement annuel de 1,133 % (The World Factbook) — que le rythme auquel les autres espèces s'éteignent, victimes de la trop grande ascendance humaine sur le monde vivant. Ce genre de déséquilibres est souvent observé dans la nature, mais ils sont corrigés de façon presque mathématiquement descriptible: il y a une baisse de la population, souvent drastique, provoquée par le manque de ressources et la trop forte compétition intra-spécifique.

La population humaine est soumise aux mêmes lois, et ce fait commence à être plus concret dans certaines régions du monde, comme la Chine, où la surpopulation et la pollution dégradent les conditions de vie, ou l'Amazonie, où la déforestation et ses conséquences, comme la désertification des terres et le manque d'eau potable, rendent la vie humaine encore plus pauvre et souvent sordide.

Il va sans dire que cet étiolement des conditions de vie nuit au progrès moral de l'humain. La survie passe avant l'épanouissement spirituel. Or, c'est cette survie même que menace l'avancée illusoirement infinie de la technique. Telle qu'utilisée aujourd'hui, celle-ci finira par détruire la vie humaine, la réduisant progressivement à une lutte quotidienne pour la survie. Et croire que cette dégradation ne toucherait que les pays défavorisés est tout aussi illusoire.

Certes, ils sont les premiers touchés, mais même les pays les plus riches sont construits sur la base de l'exploitation de ressources que la technique consume présentement à un rythme effréné. Ainsi, la technique ne peut pas être synonyme de progrès moral. Elle ne saurait, d'ailleurs, rester indéfiniment synonyme de progrès biologique car il adviendra inévitablement que sa croissance s'asphyxiera elle-même: le feu de Prométhée finira par manquer de combustible.

Mais si on revient à la distinction précédemment mentionnée entre l'homme et la nature, on comprend mieux cet état de fait et il est possible d'y suggérer des solutions. Le problème réside en fait dans l'éthique de l'humain, dans sa vision anthropocentriste du monde.

Toutefois, cette «éthique», qui caractérise l'humain et modèle ses objectifs sociaux, est un produit de la conscience qui évolue avec les époques et doit aussi s'y adapter. Comme le fait remarquer Hans Jonas dans Le principe responsabilité, «la transformation de la nature de l'agir humain rend également nécessaire une transformation de l'éthique».

Or les progrès de la technique ont radicalement modifié — ou plutôt grandement accentué — l'impact de l'agir humain sur sa propre survie. La solution est donc d'adapter l'éthique en fonction de ces nouveaux paramètres, de concilier la morale aux lois de la nature dont nous dépendons. L'éthique, telle que perçue aujourd'hui, n'a pour objet que l'humain, et encore, seulement les humains qui existent présentement, ou très prochainement (cas de l'avortement, par exemple).

Les êtres vivants du futur

La technique et ses conséquences nous obligent maintenant à y inclure non seulement le reste de la biosphère mais tous les êtres vivants du futur, qui sont autant, sinon plus, affectés par l'agir humain sur le monde. C'est dans cette «solidarité d'intérêt» (Hans Jonas) que se trouve la solution au problème de la technique. En effet, selon moi, vouloir freiner son avancement «pour l'environnement» est un argument qui n'exerce aucune pression morale sur ceux qui font avancer la technique de nos jours, ce qui inclut tous les consommateurs qui cautionnent par leurs actions ce système non viable d'expansion perpétuelle. L'éducation doit intervenir de manière à ce que les humains acquièrent une vision différente, une éthique plus large et globalisante, une éthique du monde vivant, bref, qu'ils soient plus responsables.

Alors, peut-être la technique nous sera-t-elle un outil essentiel pour protéger ses propres victimes, sans lesquelles nous sommes condamnés. Ainsi, technique et progrès, qu'il soit biologique ou moral, iront de pair et ne mèneront plus nécessairement à l'autodestruction.

Si la technique n'est pas synonyme de progrès, contrairement à ce que pensait Bacon, c'est qu'elle est utilisée de telle manière qu'elle détériore la condition humaine par les conséquences qu'apporte son expansion excessive. Cela est dû à l'éthique humaine qui entre en contradiction avec l'équilibre naturel du monde. La solution serait donc de décentraliser cette éthique pour y inclure l'intégralité du monde vivant et ainsi viser la pérennité de la vie humaine, et conséquemment de ses progrès moraux.

Ainsi, la technique serait synonyme de progrès dans tous les sens du mot. Il va sans dire que modifier aussi fondamentalement la pensée de l'humanité tout entière semble pratiquement utopique.

Pourtant, des hommes, en Chine et en Amérique du Sud, de même que dans les pays les plus riches du monde capitaliste, ont depuis longtemps pris conscience, parfois brutalement, de cette nécessité. La question est de savoir si cette prise de conscience sera collectivement partagée à temps pour permettre ce changement.

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Médiagraphie

- Gingras, Yves, Éloge de l'Homo techno-logicus, Montréal, Fides, «Les grandes conférences», 2005.

- Dawkins, Richard, The Extended Phenotype, Oxford, W. H. Freeman and Company, 1982.

- Brown, Lester R., Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial, Paris, Souffle court éditions, 2007.

- Lovelock, James, Gaia: A New Look at Life on Earth, Oxford, Oxford University Press, 1979.

- Jonas, Hans, Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Les éditions du Cerf, 1990.

- Bacon, Francis (1995), La Nouvelle Atlantide, traduction de Michèle Le Doeuff et Margaret Llasera, Paris, Flammarion.

- Descartes, René (1995), Discours de la méthode, texte établi et annoté par Gérald Allard, Québec, collection «Résurgences».

- Julia, Didier, Dictionnaire de la philosophie, Paris, Librairie Larousse, 1984.

- Rousseau, Jean-Jacques, «Discours sur les sciences et les arts», Wikisource, http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_sur_les_sciences_et_les_arts, 15 avril 2010.

- The World Factbook, Central Intelligence Agency, https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/xx.html, 4 mai 2010.

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Francis Bastien - Collège de Sainte-Foy
9 commentaires
  • Godfax - Inscrit 4 décembre 2010 21 h 56

    Le feu de Prométhée

    Je n'ai jamais lu un texte aussi inquétant! Ce champion «Philosopher» me rappele tristement les bas fond du romantisme allemend. Premierement c'est la contradiction total ici, Il commence sont texte sur des formulations du genre "je veut du bien pour notre espece mais la technique et le progres qui la caractérise et lui permet l'émencipation c'est un genre de chois capitaliste néfaste a l'espece"???

    Deuxiemenent ce gars est trop gavé au post-modernisme. Connais-t'il la tragédie grecque , Schiller, Goethe, Leibniz, Spinoza, Vernadsky voir Kant surment pas. Pas surprenent, notre systèmes d'éducation est devenu un usine a nihiliste, déconecter de 6000 ans d'histoire moi je n'applaudit pas.

    L'être humain est naturellement un créateur; un modificateur. C'est un animal culturelle (par ca comphréantion et créativité consciente il transforme son écosystème pour accueillir son prochain). Il augmente par ca faculté consciente la posibilité de vivre l'émencipation qui est le véritable progres.
    Le progres technique d'une civilisation ce chiffre en densité de population qu'elle peut accueillir. La terre ne peut donc pas etre surpeuplé pour un véritable progresiste. L'abandon de la technique comme progres pour l'humanité causerais des milliards de morts, puisque la dencité de population est intimement lié a la capacité d'aménagement de ce meme progres.

    J'ai moi même pratiqué longtemps la survie en foret (a l'époque ou je militais pour la dépopulation au sein d'un ONG écolo) Un vrai "surviton"consiste a rester le plus longtemps dans la foret sans en modifier l'écosysteme (pas de feu). Dans la foret boréal la capacité d'aceuille dans cette état pour l'etre humain est ridicule. C'est la soufrance, l'austérité et l'agresion en permanance.

    Si la philosophie déconstructioniste post-moderne va jusqu'a ne plus comprendre même les bases de la réalité, je vois vraiment pas pourquoi on devrais subventioner ca.

  • Jacques Morissette - Abonné 4 décembre 2010 23 h 07

    La technique est-elle synonyme de progrès?

    Votre article est intéressant. J'aimerais faire un petit cocktail à partir de l'adaptation humaine qui est un progrès et les limites de la technique qui, dépassée un certain seuil, risque de conduire à l'inadaptation de l'espèce humaine. Par exemple la technique dans le sport fait que des athlètes se servent de des produits pour parvenir à se dépasser.

    Je vous cite:
    «Si la technique n'est pas synonyme de progrès, contrairement à ce que pensait Bacon, c'est qu'elle est utilisée de telle manière qu'elle détériore la condition humaine par les conséquences qu'apporte son expansion excessive. Cela est dû à l'éthique humaine qui entre en contradiction avec l'équilibre naturel du monde.»

    Notre capacité et notre aptitude à l'adaptation est fondamentale. C'est dans notre incapacité de s'adapter que je vois les limites du progrès et de la technique. Quand la technique dépasse la possibilité de l'espèce humaine à s'adapter, il n'y a plus de progrès. Le progrès, c'est quand la technique nous permet de monter encore d'un cran notre capacité d'adaptation.

    Je ne sais pas si je suis assez clair dans mes propos. Je le dis aussi parce que mes arguments sont un peu comme un brouillon dans la tête. Quand la technique se confronte à notre capacité d'adaptation, elle devient asociale. Il y a notamment beaucoup d'exemples sur le marché du travail quand on parle de productivité. La technique peut améliorer la productivité mais seulement jusqu'à un certain point. Le stress est un signe de notre inadaptation humaine quand nous forçons la note à trop de productivité. Ça peut aussi empiéter sur notre santé physique, mentale, familiale, relationnelle, etc.

  • Khayman - Inscrit 5 décembre 2010 11 h 17

    Connaître l'outil

    Merci pour votre très beau texte. Il est une belle synthèse du parcours de l'humanité au cours des derniers siècles.

    La science est si puissante, change de manière si radicale notre monde depuis les derniers siècles que son utilisation irréfléchie nous amène dans le mur (explosion démographique, déforestation, surpêche, quantité grandissante de déchets, extinction de masse, etc.). Tant que notre monde ne verra dans la science que la technique, la partie outillée de la science, nous accélérerons notre perte.

    Pour qui la fait sienne, la pensée scientifique transforme la vision du monde, relativise la place de l'humanité dans la nature, dans l'Univers et fait prendre conscience de l'incroyable fragilité de notre espèce dans l'espace et le temps.

    Je dois dire que l'orientation de l'éducation québécoise, qui prône un partenariat toujours plus grand entre l'entreprise et l'école et qui désire inclure tout le monde à tout prix, ainsi que la nature humaine même, qui fait en sorte que très très peu de personnes semblent pouvoir intégrer la pensée scientifique, font que je suis plutôt pessimiste sur notre avenir.

    Peut-être devrait-on appliquer un équivalent de la Directive première de Star Trek à notre propre espèce ? On pourrait limiter l'utilisation de la technique à celles et ceux qui arrivent à la maîtriser entièrement. J'imagine déjà un avantage : je n'aurais plus de difficultés concernant l'utilisation du téléphone cellulaire en classe par mes étudiants...

  • Mario Jodoin - Inscrit 5 décembre 2010 13 h 20

    Bravo !

    Ce texte, tant par sa structure que par son contenu est tout simplement excellent, pas seulement pour un jeune du cégep, mais bien excellent de façon intrinsèque.

    Les termes sont bien définis, les enjeux bien énoncées et le développement pertinent et limpide.

    Bravo !

  • Yardbird - Inscrit 6 décembre 2010 19 h 17

    Le feu de Prométhée

    En réponse à Godfax:

    Personnellement, je ne pense pas que ce texte soit fondamentalement déconstructioniste ou post-moderne, au contraire. La technique n'y est PAS DU TOUT décrite comme un choix capitaliste ou même néfaste. En fait, si vous relisez la section qui s'étend de «Il est possible d'y suggérer des solutions» à «Ainsi, la technique serait synonyme de progrès dans tous les sens du mot», peut-être que le véritable message du texte sera plus clair. De ce que j'ai compris, c'est l'éthique anthropocentriste des humanistes qui y est critiquée, et la solution n'est pas d'abandonner la technologie, mais au contraire de s'en servir avec une responsabilité étendue au vivant et non à l'homme uniquement.

    Il n'y a strictement aucun nihilisme dans cela. Il dit même:
    «Alors, peut-être la technique nous sera-t-elle un outil essentiel pour protéger ses propres victimes, sans lesquelles nous sommes condamnés.» Pourquoi pensez-vous que les plus grands scientifiques du monde travaillent aujourd'hui même à développer des technologies vertes ? L'humain doit se surpasser pour survivre à ses propres erreurs, parmi lesquelles figurent l'égocentrisme.

    Lorsque vous dites: «par ca comphréantion et créativité consciente il transforme son écosystème pour accueillir son prochain», vous ne comprenez pas que le message de ce gars là est justement que le «prochain» en question n'est pas seulement humain, et qu'il faut agir en conséquence. Il ne faut pas laisser le feu de Prométhée brûler tout ce sur quoi nous vivons, voilà tout. Il faut faire PLUS, et non moins.