L’un des accusés du meurtre de Meriem Boundaoui restera détenu

Mercredi, au palais de justice de Montréal, le juge Éric Downs de la Cour supérieure a refusé net d’accéder à sa demande.
Catherine Legault Archives Le Devoir Mercredi, au palais de justice de Montréal, le juge Éric Downs de la Cour supérieure a refusé net d’accéder à sa demande.

Un juge a refusé mercredi de libérer l’un des hommes accusés du meurtre de Meriem Boundaoui, une adolescente de 15 ans victime d’un crime par arme à feu qui avait choqué le Québec en février 2021. L’adolescente était passagère d’un véhicule lorsqu’elle a été abattue, dans l’arrondissement montréalais de Saint-Léonard. Un homme qui se trouvait près de la voiture a aussi été atteint par balle, mais a survécu.

Aymane Bouadi, âgé de 27 ans, avait demandé à être libéré en attendant son procès, mais la Couronne s’y était opposée. Mercredi, au palais de justice de Montréal, le juge Éric Downs, de la Cour supérieure, a refusé d’accéder à sa requête.

Bouadi a été arrêté en juin 2022 et se trouve en détention depuis. Un autre homme, Salim Taoubi, 26 ans, a également été arrêté et accusé dans cette affaire, et il demeure incarcéré. Il n’a pas demandé à être remis en liberté, a confirmé la procureure de la Couronne dans cette affaire criminelle, Me Nadia Bérubé.

Les deux hommes sont accusés d’un chef de meurtre au premier degré — le crime le plus grave au Code criminel —, ainsi que de quatre chefs de tentative de meurtre à l’aide d’une arme à feu.

Dans sa décision étoffée, le juge rappelle qu’une « innocente victime » a péri le 7 février 2021 dans le cadre de ce qui a été appelé un « drive-by shooting » (ou fusillade au volant) sur différentes personnes. « Cette violence par arme à feu gratuite a choqué la population. Il faut dire que la violence armée a augmenté sensiblement à Montréal. L’aberrante facilité avec laquelle certains se procurent des armes et les utilisent secoue la communauté », écrit le magistrat dans son jugement de 64 pages, dont la majeure partie est soumise à une ordonnance de non-publication et ne peut donc être dévoilée.

Le magistrat a expliqué qu’il revenait à l’accusé « de démontrer que sa détention provisoire n’est pas nécessaire pour assurer sa présence à la cour, pour protéger le public et pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice », rappelant ainsi les critères du Code criminel. Mercredi, il a déterminé que M. Bouadi n’avait pas établi que sa mise en liberté était justifiée ; il a donc ordonné sa détention sous garde.

Des membres de la famille de Meriem Boundaoui, présents au palais de justice de Montréal mercredi, étaient « satisfaits et soulagés » après avoir entendu la décision du juge, a indiqué Me Bérubé.

Il est rare qu’un accusé de meurtre soit remis en liberté, vu la gravité du crime. Cela arrive parfois, a toutefois rappelé la procureure de la Couronne, indiquant que chaque dossier « est unique ».

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