La Couronne demande de 7 à 8 ans de prison pour Thierry Pellerin

Les infractions de l’athlète déchu ont commencé en 2015, soit cinq ans avant son arrestation. Gymnastique Canada avait suspendu sans délai Thierry Pellerin, qui représentait, à l’époque, la relève canadienne au cheval d’arçons.
Gymnastique Québec Les infractions de l’athlète déchu ont commencé en 2015, soit cinq ans avant son arrestation. Gymnastique Canada avait suspendu sans délai Thierry Pellerin, qui représentait, à l’époque, la relève canadienne au cheval d’arçons.

La Couronne suggère d’imposer une peine de 7 à 8 ans de prison à l’ancien gymnaste de renommée internationale Thierry Pellerin. Ce dernier a plaidé coupable, en juillet, à douze chefs d’accusation de nature sexuelle pour des crimes perpétrés à l’encontre d’enfants.

L’ancien espoir olympique répond à des accusations de leurre informatique, de voyeurisme, de production et de possession de pornographie juvénile, d’abus de confiance et de transmission de matériel sexuellement explicite contre le gré du destinataire.

Il admet avoir commis ces crimes, notamment d’avoir leurré deux enfants, âgés de 11 et 12 ans au commencement des faits, et d’avoir filmé les parties intimes de huit garçons qui fréquentaient le centre Gymnamic de Lévis, où Thierry Pellerin travaillait comme entraîneur.

Dans des messages lus par la procureure Geneviève Corriveau au début de l’audience, des victimes ont témoigné des conséquences que les gestes perpétrés par Thierry Pellerin ont eu sur leur vie.

« Je suis beaucoup plus méfiant avec les personnes de mon entourage », a raconté l’une d’elles. « Je faisais énormément confiance à Thierry, c’était mon idole et je le considérais un peu comme mon frère, a poursuivi une autre. Si j’étais en sa présence, je l’insulterais […] parce que c’est ce qu’il mérite en plus de la prison. »

La Couronne réclame une peine de 7 à 8 ans de prison. Elle souligne notamment la gravité et la fréquence des gestes reprochés, ainsi que la manipulation exercée par l’accusé auprès de ses victimes.

Une relation épistolaire frénétique le liait à celles-ci. La Couronne, vendredi, a fait état de 7528 messages textes échangés entre Thierry Pellerin et une de ses victimes sur une période de seulement 51 jours, soit du 20 avril 2020 au 10 juin 2020. Certains textos exposés par la Couronne relatent l’insistance de l’accusé à obtenir des images de la victime et à mettre l’accent sur la nature sexuelle de leurs échanges.

Thierry Pellerin avait 22 ans à l’époque. Sa victime, 10 de moins.

La défense demande de 18 à 24 mois

La défense, de son côté, propose une peine de 18 à 24 mois d’incarcération, insistant notamment sur le cheminement thérapeutique réalisé par l’accusé depuis son arrestation. Me Mathieu Giroux indique qu’au début des faits, son client avait 17 ans et faisait preuve d’« immaturité ».

« C’est un jeune homme qui excellait dans son sport, qui était une icône et qui avait développé une image de la perfection. Ça l’a amené à développer une personnalité qui avait un manque d’empathie et une certaine froideur au niveau de ses émotions. »

Selon le rapport sexologique de l’accusé, ce dernier comprend avoir un problème et il souhaite entreprendre les démarches pour y remédier. « C’est davantage l’aspect interdit que le matériel en soi » qui attirait Thierry Pellerin, ajoute Me Giroux. Selon la défense, l’accusé aurait pu poser ces gestes pour sortir du milieu de la gymnastique, voire « pour combler un vide intérieur ».

La défense a insisté sur les possibilités de réhabilitation de l’accusé. « En raison de son jeune âge, en raison de son immaturité, […] je ne pense pas qu’il faille l’envoyer en prison et jeter la clé », a plaidé Me Giroux.

Les infractions de l’athlète déchu ont commencé en 2015, soit cinq ans avant son arrestation à son domicile de Lévis, en juillet 2020. Gymnastique Canada avait suspendu sans délai Thierry Pellerin, qui représentait, à l’époque, la relève canadienne au cheval d’arçons.

Il avait récolté des médailles à l’international, notamment le bronze à la Coupe du monde Challenge de Paris en 2019, la médaille d’or aux arçons de la Coupe du monde Challenge de Guimarães et la médaille d’argent à Paris en 2018. Thierry Pellerin avait, de plus, remporté deux médailles d’or aux championnats canadiens de cheval d’arçons en 2017 et 2018.


Une version précédente de ce texte indiquait que Thierry Pellerin a plaidé coupable à neuf chefs d'accusation. Le total s'élève plutôt à douze.

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