Randy Tshilumba aura un nouveau procès

Randy Tshilumba a été reconnu coupable en 2017 du meurtre au premier degré de Clémence Beaulieu-Patry. Il l’avait poignardée à mort en 2016 en plein milieu de l’épicerie où elle travaillait, à la vue de tous.
Valérian Mazataud Le Devoir Randy Tshilumba a été reconnu coupable en 2017 du meurtre au premier degré de Clémence Beaulieu-Patry. Il l’avait poignardée à mort en 2016 en plein milieu de l’épicerie où elle travaillait, à la vue de tous.

Condamné pour le meurtre de Clémence Beaulieu-Patry, une jeune employée d’une épicerie Maxi de Montréal assassinée en 2016, Randy Tshilumba aura un second procès.

C’est ce qu’a décrété lundi la Cour d’appel, estimant que des directives erronées avaient été données au jury. Il pourrait ainsi éviter la prison au terme d’un nouveau procès.

Randy Tshilumba a été reconnu coupable en 2017 du meurtre au premier degré de la jeune femme de 20 ans. Il l’avait poignardée à mort de 14 coups de couteau l’année précédente, en plein milieu de l’épicerie où elle travaillait, à la vue de tous.

« Un événement tragique, d’une très grande violence », note la Cour d’appel.

L’homme qui avait aussi 20 ans au moment des événements avait été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, soit la peine la plus sévère du Code criminel.

Troubles mentaux et intention

Randy Tshilumba avait plaidé avoir commis ces gestes en raison des troubles mentaux dont il était atteint, notamment un délire de persécution : au procès, il avait expliqué qu’il croyait que sa vie était menacée par la victime et ses quatre amies, avec lesquelles il était allé à l’école secondaire. Il a déclaré qu’il croyait qu’elle allait le tuer, lui, et d’autres clients.

Il avait plaidé la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. La Couronne, elle, soutenait qu’il s’agissait d’un meurtre prémédité.

L’enjeu pour le jury était donc de déterminer si les troubles mentaux dont il était affligé — un fait non contesté lors du procès — l’ont empêché de savoir si les gestes qu’il posait étaient bons ou mauvais et si ces troubles devaient soulever un doute raisonnable sur sa capacité d’avoir l’intention requise pour commettre un meurtre.

Directives de la juge

Mais avant de rendre son verdict sur ces délicates questions, le jury a reçu des directives « inadéquates » de la juge Hélène Di Salvo de la Cour supérieure, tranche la Cour d’appel.

« Les directives communiquées étaient indûment longues, inutilement complexes, mais surtout manifestement contradictoires et préjudiciables à la position de l’appelant [Randy Tshilumba]. »

Les directives ont pour objet de clarifier et simplifier la tâche du jury, rappelle la Cour. Or, ce ne fut pas le cas : elles ont créé de la confusion.

La Cour a surtout déploré celles données sur le comportement du jeune homme après avoir poignardé Clémence : la juge Di Salvo a dit au jury de ne pas en tenir compte. Pourtant, cette preuve était susceptible de soulever un doute raisonnable sur sa culpabilité, écrit-elle.

Après avoir poignardé la jeune femme, il s’est enfui et caché dans un Tim Hortons pendant sept heures, textant des amis, disant notamment à l’un d’entre eux qu’il avait peur pour sa vie.

Pour rectifier la situation, la tenue d’un nouveau procès est nécessaire, estime la Cour d’appel.

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