Harold LeBel coupable d’agression sexuelle

L’ex-député du Parti québécois Harold LeBel a été reconnu coupable mercredi d’agression sexuelle dans une affaire qui remonte à 2017.

Les 12 jurés, dont 9 femmes, ont rendu leur verdict unanime en milieu d’après-midi au palais de justice de Rimouski. « Satisfaisant » pour la Couronne, il constitue un « choc » pour la défense.

Le procès de M. LeBel doit se poursuivre le 6 décembre. Il demeure libre d’ici là. Les avocats devraient à ce moment déterminer, en compagnie du juge Serge Francoeur, le meilleur moment pour établir la peine de M. LeBel. La peine d’emprisonnement maximale en matière d’agressions sexuelles est de 10 ans.

Mercredi, l’avocat de la défense, Me Maxime Roy, n’a pas voulu dire s’il porterait la décision de première instance en appel ou non. Il n’a pas accordé d’entrevue aux médias présents au palais de justice, tout comme M. LeBel. La Couronne, quant à elle, espère que le verdict poussera d’autres victimes d’agression sexuelle à témoigner.

Le procès de M. LeBel aura duré deux semaines et des poussières. Durant les audiences, juge et jury auront eu l’occasion d’entendre tant la version de la plaignante que celle de l’accusé, qui se sont tour à tour présentés à la barre comme témoins.

En ouverture de procès, la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de la Cour, avait raconté les approches non désirées que lui avait fait subir l’ex-député péquiste dans son appartement rimouskois. Selon ses dires, en octobre 2017, M. LeBel l’a embrassée sans avertissement, l’a suivie vers les toilettes, a détaché son soutien-gorge et a tenté de forcer la porte de la salle de bain où elle s’était embarrée à clé.

La plaignante a raconté qu’après être sortie de la salle de bain et s’être couchée sur un lit escamotable, elle a reçu la visite non sollicitée de M. LeBel, qui lui a fait subir pendant des heures des attouchements aux fesses et à l’anus.

« Je n’ai jamais fait ça de ma vie »

M. LeBel avait la semaine dernière tout nié des propos de la plaignante. « C’est faux. Non, je n’ai jamais fait ça. Je n’ai vraiment jamais fait ça », avait-il répété lors de son interrogatoire, tout en admettant avoir embrassé la victime — avec son consentement — cette nuit-là.

Les avocats de la poursuite avaient ensuite tenté de soulever des contradictions dans les versions de M. LeBel : pourquoi avait-il remercié la victime de l’avoir « laissé [la] coller » dans un message texte envoyé le lendemain des événements ? Pourquoi avait-il exprimé des regrets dans un courriel envoyé à la plaignante en 2020 ?

« Vous, est-ce que vous regrettez des choses que vous n’avez pas faites ? » avait demandé l’avocate de la poursuite, Me Manon Gaudreault, au jury, lors des plaidoiries tenues la semaine dernière.

Lundi, la défense avait par ailleurs réinterrogé la plaignante parce qu’elle a participé à un documentaire sur son expérience du système judiciaire québécois sans en faire mention lors des audiences. Aux yeux de Me Maxime Roy, il s’agissait là d’un exemple supplémentaire du manque de « sincérité » de son témoignage.

Séquestré depuis le début de la semaine, le jury avait aussi demandé mardi de réécouter un extrait du témoignage de la plaignante pour éclairer son verdict. Ce à quoi le juge Francoeur avait consenti. Le verdict a été rendu après deux jours de délibérations.

Élu en 2014, Harold LeBel a occupé le poste de député péquiste de Rimouski jusqu’en octobre dernier, mais avait été exclu du caucus de son parti en décembre 2020, au moment de son arrestation. Il siégeait depuis comme indépendant.

Comme député du PQ, M. LeBel avait notamment occupé le rôle de whip. Celui-ci est chargé, selon la tradition, de maintenir la cohésion et l’assiduité dans un groupe parlementaire. Au moment de son exclusion, le chef de la formation politique, Paul St-Pierre Plamondon, avait affirmé que « personne n’est au-dessus de la loi ».

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