André Boisclair restera derrière les barreaux

André Boisclair a été condamné en juillet à une peine de prison de deux ans moins un jour pour avoir commis deux agressions sexuelles sur de jeunes hommes, dont un cas impliquant la participation d’une autre personne.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne André Boisclair a été condamné en juillet à une peine de prison de deux ans moins un jour pour avoir commis deux agressions sexuelles sur de jeunes hommes, dont un cas impliquant la participation d’une autre personne.

L’ex-politicien André Boisclair présente un risque de récidive trop important pour pouvoir sortir de prison au sixième de sa peine, a tranché la Commission québécoise des libérations conditionnelles. L’ancien chef du Parti québécois (PQ) demeure donc derrière les barreaux.

« Considérant l’ensemble des éléments au dossier, la Commission considère que le risque de récidive que vous présentez est inacceptable actuellement et que le cheminement doit se poursuivre dans le contexte sécuritaire de l’incarcération », indique une décision rendue publique mardi.

André Boisclair a été condamné en juillet à une peine de prison de deux ans moins un jour pour avoir commis deux agressions sexuelles sur de jeunes hommes, dont un cas impliquant la participation d’une autre personne. Les crimes, qu’André Boisclair a reconnu avoir commis, sont survenus en janvier 2014 et en novembre 2015.

Dans le premier dossier, l’ex-politicien a reconnu avoir retenu le plaignant par le haut du corps avec une ceinture lors d’une fête qui avait lieu à son domicile. M. Boisclair, qui était sous l’influence de drogues au moment des faits, aurait alors ordonné à une autre personne de pénétrer le jeune homme contre son gré. Dans le deuxième dossier, André Boisclair aurait commis des gestes de nature sexuelle à l’endroit d’un jeune homme de 23 ans malgré les réticences répétées de la victime, qui ne voulait pas avoir de relation avec lui.

Les deux victimes ont par la suite porté plainte à la police, entraînant le lancement de mandats d’arrestation à l’endroit de celui qui a été à la tête du PQ de 2005 à 2007.

Du chemin à parcourir

« La Commission ne peut faire abstraction de la gravité objective des crimes que vous avez commis », indique la décision de sept pages. « Les gestes posés sont intrusifs, violents et hautement abusifs », ajoute la décision, qui note que de tels comportements « commandent un travail intensif et de longue haleine » de la part d’André Boisclair avant que ce dernier ne puisse réintégrer la société.

Dans les derniers mois, Boisclair a entamé différentes thérapies, notamment pour contrer sa dépendance aux drogues, et consulte régulièrement un sexologue, indique la décision de la Commission, qui reconnaît les efforts de l’ancien politicien. M. Boisclair n’a également fait l’objet d’aucun rapport disciplinaire pendant son incarcération.

« Toutefois, votre dossier carcéral contient certaines notes négatives dénonçant une attitude arrogante envers des agents de services correctionnels. Deux notes d’octobre 2022 mentionnent que vous êtes à la limite de l’émission d’un rapport disciplinaire », indique la décision.

La Commission note par ailleurs qu’André Boisclair a refusé de prendre part à un programme spécialisé en délinquance sexuelle offert par son établissement de détention, qui lui avait pourtant été recommandé. Une décision qui « porte ses conséquences », peut-on lire.

« La participation à un tel programme aurait certes pu favoriser l’approfondissement de votre réflexion, l’acquisition d’outils pertinents à la prévention de la récidive, mais aussi, aurait permis aux intervenants spécialisés de dresser un portrait neutre et contemporain, découlant d’une observation prolongée de votre dynamique sexuelle et des pistes de traitement à favoriser », explique la Commission québécoise des libérations conditionnelles.

Cette dernière constate donc que le travail personnel que doit réaliser André Boisclair avant de pouvoir retourner dans la société « demeure important », le tout « afin de rendre le risque acceptable en collectivité ».

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