La preuve est close au procès de l’ex-député Harold LeBel

Harold LeBel au palais de justice de Rimouski lundi
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Harold LeBel au palais de justice de Rimouski lundi

La preuve dans le procès pour agression sexuelle de l’ex-député Harold LeBel est close. Le jury devrait se prononcer sur son sort la semaine prochaine.

Le contre-interrogatoire de l’accusé par la Couronne a pris fin mardi matin, au sixième jour des audiences. La défense devrait présenter sa plaidoirie mercredi matin ; la poursuite, en après-midi. Le juge Serge Francoeur entend donner ses directives aux jurés au début de la semaine prochaine et s’attend à un verdict lundi ou mardi.

La cour n’aura entendu que trois témoins dans cette affaire : un technicien en identité judiciaire, l’accusé et la plaignante, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Une quatrième personne, qui était présente lors des événements présumés d’octobre 2017, n’a finalement pas témoigné, n’ayant été appelée à la barre ni par le ministère public ni par la défense.

L’avocat de la poursuite, Me Jérôme Simard, a conclu mardi le contre-interrogatoire de M. LeBel amorcé la veille. Il a tenté de soulever des contradictions entre la version donnée par l’accusé aux policiers le jour de son arrestation et celle livrée lors de son témoignage.

Lorsqu’il a été arrêté en décembre 2020, par exemple, l’ex-élu péquiste avait acquiescé lorsqu’un policier lui avait demandé s’il avait subi un « black-out » le soir de l’agression présumée. « Je ne me souviens pas. Je dormais », a déclaré M. LeBel mardi.

Le fil des événements

La semaine dernière, la plaignante avait indiqué devant le juge et le jury avoir tardé à porter plainte par peur de « causer des vagues ». Elle dit avoir été agressée par M. LeBel dans son condo de Rimouski lors d’une soirée où l’accusé avait accepté de les héberger, elle et une autre femme.

Selon les dires des personnes impliquées, les événements se sont produits au petit matin, à la suite d’une discussion autour de quelques verres d’alcool. D’après M. LeBel, lui et sa victime présumée auraient échangé un baiser. La plaignante aurait également été touchée au niveau des cuisses, raconte-t-elle.

« Surprise », celle-ci serait allée prendre une douche. L’accusé l’aurait suivie, aurait dégrafé son soutien-gorge et aurait tenté d’ouvrir la porte de la salle de bains, verrouillée de l’intérieur par la plaignante.

« Quand je suis allé vers la toilette, [c’était] pour demander si ça allait bien », a répliqué l’accusé lorsqu’interrogé par son avocat lundi.

Après être allée se coucher dans un lit escamotable, la plaignante aurait reçu la visite de son agresseur présumé, qui lui aurait fait subir des attouchements non désirés toute la nuit. M. LeBel rejette en bloc ces allégations. L’accusé convient s’être couché « tout habillé » à côté de la présumée victime ce soir-là, parce que son lit était occupé par l’autre femme qu’il hébergeait chez lui.

Mardi, il s’est justifié d’avoir dit aux enquêteurs qu’il s’était « fait piéger » ce soir-là. « La situation m’a piégé. J’ai deux lits, puis j’ai une fille dans un lit, une fille dans l’autre. La situation m’a piégé ; j’ai décidé d’aller à une place », a-t-il dit lorsqu’interrogé par la Couronne. « J’aurais dû essayer de réveiller une [d’elles] », a-t-il ajouté.

Député du Parti québécois de 2014 à 2020, Harold LeBel a été exclu du caucus de son parti par le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, dès son arrestation. « Personne n’est au-dessus de la loi », avait dit ce dernier.

M. LeBel est resté en poste comme député indépendant jusqu’aux élections du mois dernier.

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