L’expulsion de Mamadou Konaté reportée d’«environ 8 à 12 mois»

Le cas de Mamadou Konaté a particulièrement été médiatisé au cours de l’automne. Cet aide à l’entretien ménager, qui a contracté le virus, a été notamment détenu alors qu’il tentait de faire régulariser sa situation.
Adil Boukind Le Devoir Le cas de Mamadou Konaté a particulièrement été médiatisé au cours de l’automne. Cet aide à l’entretien ménager, qui a contracté le virus, a été notamment détenu alors qu’il tentait de faire régulariser sa situation.

L’expulsion de Mamadou Konaté, demandeur d’asile ivoirien ayant travaillé comme agent d’entretien dans un CHSLD pendant la pandémie, sera reportée d’« environ 8 à 12 mois ».

Dans une décision rendue aujourd’hui, le juge Patrick Gleason, de la Cour fédérale, a indiqué que l’expulsion de M. Konaté, qui était prévue pour le 5 octobre prochain, serait reportée « jusqu’à ce qu’une décision sur le fond soit prise quant au contrôle judiciaire de la décision » de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), rapporte l’avocat de M. Konaté, Me Guillaume Cliche-Rivard.

La décision en question, sur laquelle tranchera la cour, est donc celle d’expulser M. Konaté, décision bien sûr contestée par son avocat.

Les deux parties se sont rencontrées hier en urgence, alors que la date d’expulsion de M. Konaté approchait à grands pas. Elle avait d’abord été prévue pour le 30 septembre, puis le 5 octobre.

Mardi dernier, Le Devoir rapportait que M. Konaté avait reçu un sursis pour une durée indéterminée.

Il s’agit du troisième sursis à être ordonné par la Cour fédérale pour M. Konaté. « Nous estimons qu’il est alors plus que temps [qu]’IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] et l’ASFC saisissent l’occasion pour enfin régulariser le statut de Mamadou au Canada », a indiqué Me Cliche-Rivard dans un communiqué.

Rappelons que M. Konaté est au Canada depuis 2016 et qu’il a été travailleur essentiel pendant la pandémie de COVID-19. Il a notamment travaillé à l’entretien ménager d’un CHSLD, et a même contracté le virus pendant son mandat. Il travaille aujourd’hui à l’Université Concordia.

Comme Le Devoir le rappelait mardi, une expulsion poserait de sérieux risques à M. Konaté, selon son avocat, puisqu’il a, dit-il, appuyé sur les réseaux sociaux un ex-politicien ivoirien condamné à la prison à perpétuité pour tentative de coup d’État.

C’est d’ailleurs parce qu’il avait fait partie d’un groupe ayant participé à des tentatives de renversement d’un gouvernement qu’Ottawa avait refusé de lui accorder un statut de réfugié en premier lieu.

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