Le DPCP lance des avertissements pour contrer les menaces en ligne contre les élus

Mêmes lorsqu'elles sont faites sur les réseaux sociaux, les infractions de menace, de harcèlement ou d’intimidation sont passibles d’une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.
Photo: iStock Mêmes lorsqu'elles sont faites sur les réseaux sociaux, les infractions de menace, de harcèlement ou d’intimidation sont passibles d’une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Casier judiciaire, six mois de prison, probation : voilà les conséquences bien réelles du harcèlement criminel et des menaces en ligne contre les élus, prévient le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux.

Depuis le début de la campagne électorale québécoise, plusieurs candidats ont rapporté avoir été ciblés, dont la libérale Marwah Rizqy, qui a reçu des menaces de mort.

 

Le député libéral sortant Enrico Ciccone a aussi été ciblé, ainsi que le candidat caquiste Sylvain Lévesque, qui a vu circuler sur les médias sociaux une image de sa pancarte électorale dégoulinant de sang.

Jeudi, le DPCP a commencé à diffuser des messages pour rappeler que les infractions de menace, de harcèlement ou d’intimidation sont passibles d’une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement — et d’un casier judiciaire.

Les propos violents, menaçants ou harcelants, même s’ils sont supposément tenus « au nom de la liberté d’expression en période électorale » — y compris ceux faits sur les réseaux sociaux et non en présence des personnes visées —, peuvent constituer des infractions criminelles. C’est le cas aussi des images et des messages violents laissés dans une boîte vocale ou postale, ou encore de courriels, précise le DPCP, qui est responsable d’intenter les poursuites criminelles au Québec.

Il s’est servi, dit-il, de cas réels pour illustrer ses propos.

Le DPCP rapporte notamment les accusations déposées contre un homme qui a écrit sur Facebook à un haut fonctionnaire : « C’est fini pour toi. T’es mort mon [censuré]. Ils ont découvert le pot aux roses ». Cet écrit lui a valu six mois de prison et un casier judiciaire, indique le DPCP.

On peut voir aussi sur Twitter le cas de cette jeune femme sans antécédents judiciaires qui a écrit à un élu (non identifié) qu’elle « lui péterait les jambes ». Résultat ? Dix-huit mois de probation.

Si les candidats provinciaux sont plusieurs à avoir rapporté des événements déplorables depuis le déclenchement de la campagne électorale, ils ne sont malheureusement pas les seuls : leurs collègues du fédéral ne sont pas épargnés, comme en faisait état cette analyse du Devoir plus tôt cet été.

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