Nuit mouvementée à Montréal: quatre fusillades, trois blessés et deux arrestations

Une voiture du Service de police de la Ville de Montréal sur une scène de crime, en août, à Montréal
Graham Hughes La Presse canadienne Une voiture du Service de police de la Ville de Montréal sur une scène de crime, en août, à Montréal

La nuit de lundi à mardi a été fort tumultueuse pour les policiers de Montréal, qui ont été appelés sur les lieux de quatre événements où des coups de feu ont été tirés. Qualifiant de « troublant » et d’« inacceptable » cette flambée de fusillades, la mairesse, Valérie Plante, a lancé un nouvel appel aux gouvernements fédéral et provincial afin qu’ils en fassent davantage pour lutter contre la violence armée.

Le plus récent événement est survenu vers 2 h mardi matin dans l’arrondissement de Ville-Marie, où deux hommes ont été blessés.

C’est un appel au 911 qui a signalé que des coups de feu avaient été tirés dans la rue Saint-Denis, près du boulevard de Maisonneuve Est. À leur arrivée, les policiers ont découvert deux hommes blessés par balles : l’un âgé de 32 ans, atteint au haut du corps ; l’autre âgé de 26 ans, atteint au bas du corps. Ils ont été transportés à l’hôpital, où leur état était qualifié de stable.

« Deux arrestations ont eu lieu. On parle d’un homme de 47 ans et d’un second homme de 34 ans, tous deux connus de notre service de police. La relation entre les suspects et les victimes n’est pas encore déterminée », a indiqué l’agente Gabriella Youakim, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les policiers du SPVM s’étaient rendus à quelques coins de rue de là un peu plus tôt, vers minuit, où des coups de feu avaient été entendus à la place Émilie-Gamelin. « Une fois sur les lieux, les policiers localisent une victime blessée par balle au haut du corps. Selon les premières informations recueillies auprès de témoins, au moins un suspect aurait fait feu sur la victime avant de prendre la fuite », a précisé l’agente Youakim. La victime est un homme âgé de 38 ans. Il a été transporté dans un centre hospitalier dans un état critique, mais son état s’est stabilisé. Personne n’a été arrêté.

Les policiers ont aussi reçu un appel concernant d’autres coups de feu vers 0 h 30, cette fois près d’un parc de la 31e Avenue, non loin de la rue Beaubien Est, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. « Une fois sur les lieux, les policiers localisent plusieurs impacts de projectiles sur un véhicule stationné. Ils trouvent aussi plusieurs douilles au sol. Pour le moment, aucune victime n’a été localisée ou ne s’est manifestée », a souligné la porte-parole du SPVM.

Des coups de feu ont aussi été tirés vers 20 h lundi sur le terrain de l’école des Roseraies, dans l’arrondissement d’Anjou. À l’arrivée des policiers, les tireurs avaient quitté les lieux et aucune arrestation n’a pu être faite.

Inquiétude

 

« C’est extrêmement troublant et inacceptable. Je comprends les parents d’être inquiets », a déclaré Valérie Plante mardi. Selon elle, toutefois, la Ville et le SPVM n’ont pas perdu le contrôle de la situation bien que le rythme des fusillades ne semble pas vouloir s’apaiser sur le territoire. « Enlever des armes de nos rues, c’est ça que nos policiers et policières font en ce moment », a lancé la mairesse.

Celle-ci reproche cependant au fédéral de ne pas suffisamment contrôler la circulation des armes. « Qu’est-ce qu’il fait pour que ces armes-là ne se retrouvent pas dans les mains de nos jeunes ? […] Moi, je ne contrôle pas les armes qui entrent au pays, les armes illégales qui circulent. Il faut absolument se pencher sur cette question-là », a-t-elle dit.

« C’est un marathon. On aimerait avoir une solution tout de suite et que tout s’arrête, mais on sait qu’il y a des initiatives qui vont prendre plus de temps, dont le travail qu’on fait avec les jeunes », a-t-elle toutefois convenu.

Montréal doit d’ailleurs dévoiler mercredi un programme visant à sécuriser les abords des écoles et à renforcer la communication entre les jeunes, le SPVM et les directions d’école.

L’opposition à l’Hôtel de Ville juge que l’administration Plante manque d’initiative dans le dossier de la violence armée. « Le nombre d’événements de violence armée à survenir chaque semaine à Montréal parle de lui-même. Ça fait un an et demi qu’on réclame des actions fortes et concrètes de la part de l’administration Plante. Quand des mesures sont enfin annoncées, ça se résume finalement à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Les Montréalais ont besoin d’une administration vocale, qui prend cet enjeu à coeur », a déclaré le conseiller Abdelhaq Sari, porte-parole d’Ensemble Montréal en matière de sécurité publique. « Ça prend une administration qui fait preuve d’un réel leadership plutôt que de gouverner par les réseaux sociaux. »

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo