Le Convoi de la liberté, loin de voir la couleur de son argent

Un tribunal ontarien a prolongé jusqu’au 9 mars l’ordonnance prévoyant le gel des contributions versées au Convoi de la liberté, qui a paralysé Ottawa, pendant les procédures vers une éventuelle action collective contre les organisateurs.

Les intervenants dans ce dossier ont convenu lundi de mettre sous séquestre une partie des contributions et de la cryptomonnaie que des sympathisants avaient versées au mouvement de contestation contre les mesures sanitaires.

 

Si l’action collective était couronnée de succès, ces sommes pourraient être redistribuées aux résidents et aux commerçants d’Ottawa qui soutiennent avoir subi des préjudices pendant ces trois semaines d’occupation du centre-ville.

Norman Groot, l’avocat représentant certains organisateurs de la manifestation, a déclaré que Christopher Garrah, Benjamin Dichter et Nicholas St. Louis avaient convenu de mettre sous séquestre des sommes qui sont actuellement sous leur contrôle.

Me Groot a souligné que les fonds que MM. Garrah, Dichter et St. Louis ont accepté de transférer dans un compte fiduciaire bloqué pourraient ne pas représenter toute la cryptomonnaie qui a été versée pour soutenir leur cause. L’avocat a proposé que les parties se réunissent la semaine prochaine pour faire le point sur ce qui aura été effectivement transféré.

Un agent fiduciaire supervisera les fonds transférés et sera autorisé à modifier les mots de passe pour accéder à la cryptomonnaie.

La demande d’action collective prévoit le versement de 306 millions de dollars en dommages et intérêts liés à la manifestation antigouvernementale autour de la colline du Parlement. L’occupation avait bloqué pendant trois semaines la circulation dans le secteur, forçant la fermeture de commerces et faisant subir aux résidents un tintamarre presque incessant de klaxons de poids lourds.

« Freedom George »

Par ailleurs, Tyson George Billings, de High Prairie, en Alberta, devra rester en prison à Ottawa en attendant de répondre aux accusations pour son rôle dans la manifestation qui a paralysé le cœur de la capitale fédérale pendant trois semaines.

M. Billings, âgé de 44 ans, avait été arrêté le 19 février, au deuxième jour de la vaste opération policière qui a permis de déloger les manifestants qui occupaient le centre-ville d’Ottawa depuis le 28 janvier pour contester les mesures sanitaires — et plus largement le gouvernement libéral.

Tyson George Billings a été accusé de méfait, d’avoir conseillé de commettre un méfait, d’avoir conseillé de désobéir à une ordonnance du tribunal, d’avoir fait obstruction à la police et d’avoir conseillé de le faire.

La juge Donna Hackett, de la Cour de l’Ontario, a émis lundi une ordonnance de non-publication sur les preuves entendues et sur les motifs de sa décision, mais elle a déclaré qu’elle n’était pas convaincue que l’accusé devrait être libéré sous caution.

306 
C’est le montant en dommages et intérêts liés à la manifestation antigouvernementale que demande l’action collective.

M. Billings, surnommé « Freedom George » par d’autres manifestants à Ottawa, avait diffusé en direct, pendant plusieurs jours, sa participation aux manifestations.

Il s’agit du plus récent organisateur du Convoi de la liberté à s’être vu refuser une libération sous caution en attendant la suite des procédures.

Tamara Lich, qui a été l’un des visages publics de ces manifestations, n’a pas pu recouvrer sa liberté la semaine dernière. Elle ne pourra pas non plus avoir de contact avec d’autres leaders de la manifestation — Pat King, Benjamin Dichter, Christopher Barber et Daniel Bulford. Les avocats de Mme Lich prévoient de faire appel de cette décision, mercredi.

Pat King, un proche collaborateur de M. Billings, s’est lui aussi vu refuser une remise en liberté sous caution vendredi dernier. Le juge de paix Andrew Seymour a estimé que les preuves présentées devant lui dressaient le portrait d’un homme qui avait de toute évidence l’intention de récidiver. M. King ne pourra pas non plus communiquer avec les autres organisateurs, y compris avec M. Billings.

Christopher Barber, quant à lui, avait obtenu sa libération sous caution le 18 février.

Au 21 février, à la fin de l’opération, la police d’Ottawa avait porté des accusations contre plus de 120 personnes, pour un total de 393 infractions liées aux manifestations.

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