Les deux Montréalais accusés de terrorisme choisissent de ne pas témoigner

La Couronne prétend que les deux jeunes voulaient quitter le Canada pour rejoindre le groupe armé État islamique à l’étranger.
Photo: Catherine Legault Le Devoir La Couronne prétend que les deux jeunes voulaient quitter le Canada pour rejoindre le groupe armé État islamique à l’étranger.

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, les deux jeunes Montréalais accusés de terrorisme, ont choisi de ne pas présenter de défense à leur procès.

Le couple, qui est notamment accusé d’avoir voulu quitter le Canada pour aller en Syrie, ne donnera donc pas sa version des faits.

Djermane, les cheveux attachés, portant un pull rose avec de la dentelle noire, et Jamali, en chandail blanc, barbe et cheveux bien taillés, sont restés impassibles dans le box des accusés, lorsque leurs avocats respectifs en ont fait l’annonce lundi.

Le juge Marc David avait indiqué aux membres de jury, au début du procès, que ce n’est pas aux accusés de prouver leur innocence, mais bien à la poursuite de démontrer hors de tout doute leur culpabilité.

Jusqu’à présent, une trentaine de témoins ont été entendus, dont plusieurs policiers et experts en informatique. Aucun membre de la famille du couple n’a témoigné.

Retrait d’une accusation

Le juge David a annoncé au jury le retrait du troisième chef d’accusation, soit « d’avoir facilité un acte terroriste ».

Il n’a cependant pas donné de détails sur les raisons de l’abandon de l’accusation. Il a précisé avoir été saisi de deux requêtes des avocats au dossier dans les derniers jours.

« Le groupe État islamique, un couple de jeunes adultes qui veulent quitter le Canada pour aller en Syrie rejoindre ce groupe terroriste et la découverte d’une recette pour faire une bombe avec une partie des ingrédients, voilà en une phrase ce que représente notre dossier », avait résumé la procureure fédérale, Me Lyne Décarie, lors de son exposé d’ouverture, en septembre dernier.

Les deux anciens étudiants du collège de Maisonneuve font désormais face à trois accusations, dont celle d’avoir été en possession d’une substance explosive dans un but criminel ainsi que d’avoir commis un acte au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste.

 

Une jurée en moins

La journée de lundi s’est conclue avec l’exemption de la jurée numéro 3, qui, pour des raisons personnelles, a demandé au juge David de pouvoir se retirer.

Les plaidoiries, une des dernières étapes avant la délibération du jury, commenceront le 4 décembre. Le jury devra ensuite délibérer dans le but de rendre un verdict avant les Fêtes.

Rappelons que l’intérêt des policiers pour le couple Djermane-Jamali a été suscité par un appel d’une « source anonyme » inquiète du comportement des amoureux, le 10 avril 2015.

Durant le procès, il a été possible d’apprendre que cette source était une des soeurs de l’accusée. Elle s’inquiétait notamment de l’affichage du drapeau du groupe EI sur la page Facebook du jeune homme.

Dans l’appartement que louait le couple sur la rue Aird dans le quartier Hochelaga, les policiers auraient trouvé une recette pour fabriquer une bombe, écrite par M. Jamali.