L’«Esprit de l’ours grizzly» débouté en Cour suprême

La montagne Jumbo, ou Qat’muk, comme la dénomme la Première Nation Ktunaxa
Photo: Première Nation Ktunaxa La montagne Jumbo, ou Qat’muk, comme la dénomme la Première Nation Ktunaxa

La Cour suprême a validé jeudi la construction d’une station de ski sur un glacier de l’Ouest canadien, malgré l’opposition d’une communauté autochtone qui invoquait des droits spirituels.

Initié en 1991 par le groupe Glacier Resorts, le projet de construction d’une station de ski sur un glacier du sud-est de la Colombie-Britannique avait obtenu le feu vert du gouvernement provincial en 2012.

Le projet sur la montagne Jumbo était depuis contesté par la Première Nation Ktunaxa au motif que ce sommet, qu’elle appelle Qat’muk, fait partie de ses terres sacrées.

La plus haute instance judiciaire a jugé à sept voix contre deux la demande non valide, soutenant que le gouvernement a le devoir de protéger le droit de chacun aux croyances religieuses, mais non celui de protéger les lieux sacrés.

La communauté autochtone a argué au tribunal que la construction de la station de ski « profanerait le Qat’muk et ferait fuir l’Esprit de l’ours grizzly, rompant par le fait même le lien entre les Ktunaxa et la terre », selon une retranscription des débats.

Les membres de la communauté seraient « alors privés de ses conseils et de son assistance spirituels » et les « chansons, rites et cérémonies associés à l’Esprit de l’ours grizzly perdraient tout leur sens ».

Le rôle de l’État, selon la Cour suprême, « ne consiste pas à protéger l’objet des croyances ou le point de mire spirituel du culte, comme l’Esprit de l’ours grizzly », mais « de protéger la liberté de toute personne d’avoir pareilles croyances et de les manifester par le culte et la pratique ou par l’enseignement et la diffusion ».

La station de ski devrait accueillir entre 2000 et 3000 personnes par jour en haute saison, selon Glacier Resorts.

4 commentaires
  • Marcel Dugré - Abonné 2 novembre 2017 15 h 50

    Étrange

    L'habillement est protégé (voile et autres) est protégé, mais pas les lieux. je ne comprends pas bien cette différence.

    • Gilles Théberge - Abonné 2 novembre 2017 22 h 45

      J’ai spontanément pensé à la même chose que vous.

      Si on ne protège pas les lieux de culte, comment peut-on prétendre protéger les droit?

      Mais la guenille, ça oui...

      Les jugements de cette cour ne sont que des jugements politiques, assaisonnés de raisonnements abscons.

      Voilà ce que je pense des jugements de cette cour.

  • Maxime Parisotto - Inscrit 2 novembre 2017 16 h 30

    y a pas d'esprit de grizzli...

  • Daniel Gagnon - Abonné 2 novembre 2017 22 h 34

    L'esprit du tiroir-caisse et du compte-chèque comme guide de la vie canadienne...

    La décision de la Cour suprême du Canada pourrait provoquer des remous au sein de cette montagne sacrée de l'Ouest canadien et l'« Esprit de l'ours Grizzly », rendu mécontent, pourraient avoir quelques réactions de colère, non?

    Il ne s'agit effectivement pas d'un conte de Noël, il ne s’agit pas non plus d’une chimère.

    En mars dernier, en Islande, un projet d'autoroute a été suspendu parce qu'elle allait traverser le territoire des elfes! Eh oui! Les lutins et les choses du monde invisible ont une puissante réalité en Islande et personne n’ose les énerver ou les courroucer.

    Le monde invisible existe pour les autochtones et leur montagne est sacrée et intouchable, car elle a une valeur spirituelle qui mérite une grande considération. La construction d’une station de ski leur paraît atteindre à la nature inviolable de cette honorable montagne.

    Ce développement commercial leur semble odieux parce qu’il profane les lieux d’une nature grandiose et magique, ce qui est admirable en ces temps où plus un seul coin de la planète n’est à l’abri de développeurs destructeurs touche-à-tout avec, comme seul esprit, le tiroir-caisse comme guide de vie.