Claudia Prémont se rallie à Paul-Matthieu Grondin

Les candidats au poste de bâtonnier, Paul-Matthieu Grondin et Lu Chan Khuong, ont pris part à un débat mardi à l’UQAM.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les candidats au poste de bâtonnier, Paul-Matthieu Grondin et Lu Chan Khuong, ont pris part à un débat mardi à l’UQAM.

L’actuelle bâtonnière du Québec, Claudia Prémont, renonce à briguer un second mandat pour éviter la division du vote et ainsi tenter de bloquer la voie à la candidate Lu Chan Khuong.

Mme Prémont a annoncé son retrait de la course mardi, peu avant un débat prévu entre les candidats, et à une semaine du début du vote.

Elle avait été élue à ce poste dans des circonstances particulières : Lu Chan Khuong, qui était alors bâtonnière, venait d’être suspendue de ses fonctions en juillet 2015 après des allégations de vol à l’étalage dans un magasin Simons. L’histoire avait été ébruitée, même si Me Khuong avait bénéficié du programme de non-judiciarisation, qui aurait dû garantir la confidentialité. Me Khuong a ensuite démissionné et Me Prémont a pris le relais.

En entrevue, Me Prémont a indiqué qu’une course à trois comporte des risques, et qu’elle veut éviter que Mme Khuong ne reprenne la tête du Barreau. Elle donne donc son appui à l’autre candidat, Paul-Matthieu Grondin, un jeune avocat montréalais. Elle affirme avoir demandé à tous ses appuis de le soutenir.

Elle juge que l’attitude de la candidate Khuong et les propos qu’elle a tenus sur la place publique font en sorte que le Barreau ne peut remplir sa mission première qui est d’assurer la protection du public et de soutenir ses membres.

La semaine dernière, la candidate Khuong avait accusé les administrateurs du Barreau de s’être enrichis illégalement avec leurs jetons de présence pour une somme totalisant 500 000 $.

Dans la foulée du retrait de la course de Mme Prémont, Me Khuong a sommé, par voie de communiqué, son adversaire restant, Paul-Matthieu Grondin, de rembourser le Barreau pour les émoluments qu’il aurait, selon elle, illégalement perçus en tant qu’administrateur depuis l’été 2016.

Me Khuong y précise aussi qu’elle entend poursuivre la course afin d’être réélue et d’appliquer son programme.


 
2 commentaires
  • Nicole Delisle - Abonné 25 avril 2017 14 h 37

    Affaire bien bizarre!

    Mme Prémont n'a jamais répondu aux accusations de M. Bellemare et de sa conjointe. Le Barreau nage en eau trouble et semble fermé sur lui-même. Ses pratiques semblent d'autant plus douteuses qu'il ne s'explique pas pour que le public sache en quoi s'en tenir. En ne le faisant pas, les soupçons se confirment. Pour des avocats, c'est plutôt lamentable. Et maintenant, ce comité veut barrer la route à celle qui semble vouloir être plus transparente et plus intègre! Cette petite clique du Barreau veut protéger ses acquis qui n'ont rien à voir avec la transparence et la droiture, enfin semble-t-il. Jusqu'à preuve du contraire, nous souhaitons presque que
    Mme Khuong gagne son pari, car enfin la justice et la transparence seront-elles mieux servies. Comme citoyen, le passage de Mme Prémont au poste de bâtonniere ne fut pas très marqué. Elle a été absente et en retrait du conflit avec les procureurs du
    gouvernement, son passage récent à l'émission "Tout le monde en parle" ne fut pas très convaincant. Son silence sur l'accusation portée et son revirement aujourd'hui
    pour s'immiscer dans la procédure électorale en disent bien long sur ses profondes motivations et son sens de la justice plutôt "ombrageux"!

  • Isabelle Audette - Abonnée 26 avril 2017 07 h 25

    Requête pour rembourser les membres du Barreau

    Le Barreau a payé une publicité en pleine campagne électorale de plusieurs dizaines de milliers de $ mettant en vedette la candidate Me Prémont, Bâtonnière sortante et une avocate qui oeuvre à la même adresse professionnelle et dans le même champ de pratique au détriment de centaines d'avocates. Le comité électoral du Barreau par la plume de M.Frédéric Lapointe, qui n'est même pas avocat, a émis un avis juridique complaisant rejetant une plainte visant à faire cesser cette pratique douteuse alors que le règlement électoral interdit la publicité. Le Barreau doit rembourser tous les avocats pour cette promotion privilégiée qui frise le favoritisme.