Bruno Roy demeure à la tête des orphelins de Duplessis

La bisbille perdure au Comité des orphelins institutionnalisés de Duplessis. La Cour supérieure a accepté hier après-midi une injonction provisoire à l'effet de maintenir en place l'exécutif de Bruno Roy à la tête du comité, déboutant ainsi l'exécutif élu la fin de semaine dernière lors d'une assemblée de dissidents.

Une assemblée générale du comité devait se tenir dimanche dernier à Montréal. L'assemblée a été annulée à la dernière minute et le président a quitté les lieux, devenant la cible d'injures. Une quarantaine d'orphelins dissidents se sont alors réunis sur le trottoir (la salle de réunion ne pouvait être ouverte, le formulaire de réservation n'ayant pas été complété) et ont procédé à l'élection d'un nouvel exécutif.

Les dissidents étaient déçus de l'entente conclue en juin 2001 avec le gouvernement. Le Programme national de réconciliation ne dédommageait que les orphelins ayant été internés sous de faux diagnostics de maladie mentale, sans tenir compte des sévices corporels et des agressions sexuelles ni des cas d'orphelins qui auraient été placés ailleurs.

«Le comité a été fondé pour faire avancer la question des orphelins internés illégalement. J'ai toujours expliqué aux orphelins du pensionnat Huberdeau qu'on ne pouvait pas mener deux batailles en même temps», fait valoir Bruno Roy. Selon lui, le maintien de l'exécutif de dissidents aurait remis en question l'entente conclue avec le gouvernement.

«Claque dans la face»

Les dissidents ont reçu la décision de la juge comme «une claque dans la face», selon leur leader, Hervé Bertrand. Plusieurs ont souligné que les victimes de sévices étaient marginalisées depuis la création, en avril 2001, de deux catégories de membres: les membres réguliers ayant été internés et les membres associés, qui ne pouvaient avoir qu'un représentant à l'exécutif. «Lors de l'assemblée sur l'entente, Bruno Roy avait fait sortir les membres associés», dénonce un des dissidents, Lionel Lambert.

Les dissidents entendent respecter la décision de la cour. Ils comptent cependant s'assurer que les élections auront bel et bien lieu le 15 septembre prochain, ayant déjà été reportées à deux reprises.

La Cour supérieure entendra de nouveau les deux parties le 15 juillet. Le tribunal se prononcera alors sur la pertinence de prolonger l'injonction jusqu'à ce que la question de la légitimité de l'élection soit débattue sur le fond.