Enquête criminelle: la Fraternité des policiers exige le déplacement de Costa Labos

Selon le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, le maintien en poste de Costa Labos dénote d’une «situation absurde, aberrante et injustifiable».<br />
 
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Selon le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, le maintien en poste de Costa Labos dénote d’une «situation absurde, aberrante et injustifiable».
 

La Fraternité des policiers de Montréal a demandé mardi que l’inspecteur Costa Labos du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soit « déplacé » en attendant qu’une enquête criminelle à son sujet soit terminée.

« C’est évident qu’avec une enquête de cette nature pesant sur lui, il n’a pas la crédibilité ni la légitimité nécessaires pour assumer un rôle de surveillance de la probité de nos membres », a déclaré le président de la Fraternité, Yves Francoeur.

L’inspecteur Labos, à la tête des affaires internes au SPVM, serait ciblé par une enquête criminelle pour avoir menti à un juge afin de faire une perquisition dans la résidence d’un policier qu’il soupçonnait d’avoir transmis des documents confidentiels à un journaliste.

Ni le SPVM, ni la Sûreté du Québec — à qui l’enquête aurait été confiée — n’ont confirmé la nouvelle.

 
«Déficit de crédibilité»

Entre-temps, la Fraternité des policiers dénonce un « déficit de crédibilité » au sein du SPVM, une organisation qui ignore selon elle « les règles de justice naturelle ».

« En effet, le SPVM est juge et partie et suspend régulièrement sans solde des policiers syndiqués pour des allégations moins graves que ce qui est reproché au responsable du processus », a fait savoir la Fraternité dans un communiqué. De l’avis d’Yves Francoeur, le maintien en poste de Costa Labos dénote d’une « situation absurde, aberrante et injustifiable ».

L’inspecteur Labos est ciblé par une enquête criminelle en raison de gestes qu’il aurait posés dans le cadre d’une enquête sur le policier Roger Larivière. Ce dernier aurait été vu par des collègues policiers alors qu’il partageait un repas avec le commentateur et auteur Stéphane Berthomet, qui analyse régulièrement les questions policières dans les médias.

Le SPVM aurait fait suivre Roger Larivière et demandé à un juge d’ordonner une perquisition à son domicile. C’est pour obtenir ce mandat de perquisition que Costa Labos aurait menti. Selon les allégations, il aurait affirmé au juge que le policier Larivière avait consulté, et possiblement transmis, des documents secrets sans y être autorisé alors que dans les faits, la consultation de ces documents serait routinière pour Roger Larivière.