Enquête criminelle sur un haut gradé du SPVM

Au cours des dernières semaines, des policiers montréalais ont confié aux médias que le SPVM menait des vérifications pour tenter de découvrir lesquels, parmi eux, communiquaient des informations sensibles aux journalistes.
Photo: Legal Observers / CC Au cours des dernières semaines, des policiers montréalais ont confié aux médias que le SPVM menait des vérifications pour tenter de découvrir lesquels, parmi eux, communiquaient des informations sensibles aux journalistes.

Le grand patron des affaires internes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’inspecteur Costa Labos, serait ciblé par une enquête criminelle pour avoir menti à un juge afin de faire une perquisition dans la résidence d’un policier qu’il soupçonnait d’avoir transmis des documents confidentiels à un journaliste.

Voilà ce qu’a rapporté lundi soir le site TVA Nouvelles, dans un article qui vient alimenter la controverse sur une présumée traque aux policiers du SPVM qui parlent aux journalistes.

Au cours des dernières semaines, des policiers montréalais ont confié aux médias que le SPVM menait des vérifications pour tenter de découvrir lesquels, parmi eux, communiquaient des informations sensibles aux journalistes. Certains ont même affirmé avoir eu à se soumettre à des tests de polygraphes, une information que le chef Pichet s’est gardé de confirmer.

Or voilà que l’inspecteur Labos est ciblé par une enquête criminelle en raison de gestes qu’il aurait faits dans le cadre d’une enquête sur le policier Roger Larivière. Ce dernier aurait été vu par des collègues policiers alors qu’il partageait un repas avec le commentateur et auteur Stéphane Berthomet, qui analyse régulièrement les questions policières dans les médias.

Le SPVM aurait fait suivre Roger Larivière et demandé à un juge d’ordonner une perquisition à son domicile. C’est pour obtenir ce mandat de perquisition que Costa Labos aurait menti : selon les allégations, il aurait affirmé au juge que le policier Larivière avait consulté, et possiblement transmis, des documents secrets sans y être autorisé.

« Chasse aux sorcières »

Dans les faits, la consultation de ces documents serait routinière pour Roger Larivière. Selon les rapports cités par TVA Nouvelles, Costa Labos ferait l’objet d’une enquête pour avoir « truqué la vérité afin de perquisitionner et procéder à une véritable partie de pêche » à la résidence de son collègue.

Selon le conseiller d’opposition et vice-président de la Commission de la sécurité publique de Montréal, Alex Norris, de telles méthodes d’enquête — si elles s’avèrent — témoignent d’une « chasse aux sorcières » au sein du SPVM. « S’il est vrai qu’il [Costa Labos] a menti à un juge, il n’est pas à sa place au SPVM, et encore moins à la tête des enquêtes internes, parce qu’une telle personne doit être d’une probité irréprochable », a-t-il dit. À son avis, Philippe Pichet devrait relever Costa Labos de ses fonctions pour la durée de l’enquête.

Le maire Denis Coderre n’est pas allé aussi loin. « Il y a enquête. Le maire n’a pas à commenter », a fait savoir son attaché de presse, Marc-André Gosselin.

Tant le SPVM que la Sûreté du Québec — qui aurait été sommée d’enquêter sur l’affaire par le ministère de la Sécurité publique — ont refusé de commenter le dossier.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 21 juin 2016 04 h 47

    la police a notre image

    Une police pas si blanche que ca, une police avec des intérets politiques, n'étais-ce pas inévitable, on a beau croire a une police propre propre, mais est-ce que ca existe vraiment n'en découvrons nous pas des multicolores aux pantalons bariolés, ne dit on pas que c'est l'occasion qui fait le larron, la police n'est elle pas a notre image