Un homme décède par balle malgré l’utilisation du Taser

Le SPVM a reçu un appel vers 8 h 00 faisant état de la présence d’un homme en détresse psychologique dans un immeuble situé sur la rue Ontario Est.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le SPVM a reçu un appel vers 8 h 00 faisant état de la présence d’un homme en détresse psychologique dans un immeuble situé sur la rue Ontario Est.

Le décès d’un homme dans la soixantaine atteint par balle dans des circonstances nébuleuses, lundi matin à Montréal, remet à l’avant-plan le débat sur les interventions policières en présence de personnes en état de détresse psychologique et l’utilisation du pistolet Taser.

Lundi matin, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se sont présentés dans un immeuble résidentiel de la rue Ontario Est, près de l’intersection de la rue Sicard, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, après avoir reçu un appel concernant un homme « qui présentait des signes de détresse psychologique », a indiqué la Sûreté du Québec.

Selon les autorités, cet homme, André Benjamin, 63 ans, était muni d’une arme blanche lors de l’arrivée des policiers. Dans les minutes suivantes, il a été atteint par « au moins » un coup de feu. Il a alors été transporté à l’hôpital, où son décès a été constaté.

Lors de l’intervention policière, les agents ont utilisé une « arme à impulsion électrique », communément appelée un pistolet Taser, a précisé en début de soirée la porte-parole de la SQ Marie-Josée Ouellet. Il n’a cependant pas été possible de savoir à quel moment les policiers en ont fait usage. Les agents sont entrés dans l’édifice, mais on ne sait pas s’ils ont interpellé M. Benjamin dans un logement, dans l’escalier ou dans un couloir.

« La chronologie et les circonstances vont être établies au cours de l’enquête », a précisé Mme Ouellet. Celle-ci n’a pas été en mesure de préciser si André Benjamin était connu des services policiers.

Accès au Taser

Ces événements surviennent un peu plus d’un mois après le dépôt du rapport du coroner Luc Malouin, qui a enquêté sur la mort d’Alain Magloire. Ce dernier a été abattu par un agent du SPVM lors d’une intervention survenue en février 2014, alors qu’il se trouvait dans un état de détresse psychologique.

Le coroner Malouin a jugé que l’intervention policière avait été « correcte, mais sans plus ». Il a notamment recommandé d’améliorer la formation des policiers en santé mentale et de mettre davantage de Taser à la disposition des policiers du SPVM.

« Si les patrouilleurs avaient eu un Taser, cela aurait pu neutraliser M. Magloire avant de devoir faire feu », a souligné Me Malouin en entrevue au Devoir lors du dépôt de son rapport.

Si les policiers qui sont intervenus lundi ont utilisé un pistolet Taser, pourquoi André Benjamin a-t-il également été atteint par balle ? C’est la grande question à laquelle tentera sans doute de répondre la SQ, à qui a été confiée l’enquête, comme le veut la politique ministérielle en pareilles circonstances.

Rappelons que le Bureau des enquêtes indépendantes, qui aurait dû se charger de ce genre d’enquête, se fait toujours attendre. Il devait entrer en fonction au début de 2016, puis en avril, puis en mai, mais il ne sera pas opérationnel avant la mi-juin, d’après ce qu’a indiqué sa directrice, Madeleine Giauque, la semaine dernière lors de la commission parlementaire qui se penchait sur les crédits du ministère de la Sécurité publique.

Avec La Presse canadienne

3 commentaires
  • Carlo Boncy - Abonné 26 avril 2016 07 h 23

    Les barbares sont parmi nous

    Que vaut une vie humaine pour un policier au Québec ? Ça ne vaut rien du tout. Encore une fois, un homme déclaré malade mental armé d’un simple couteau a été abattu par un policier à Montréal. Voyez ! les barbares sont parmi nous au Québec ! En France, on fait plutôt appel à une brigade spéciale afin d’intervenir dans des cas semblables. Pourquoi pas au Québec ?
    Mesdames, Messieurs, Si un fou s’en prend à vous, ce n’est parce qu’il vous en veut personnellement, c’est seulement parce qu’il a un mal endogène - quelque chose qui empêche son cerveau de bien fonctionner - qui l’impose. Il est possible de le débarrasser de ce quelque chose qui emprisonne son cerveau. (Lisez Albert…)

    • Andrée Phoénix-Baril - Abonnée 26 avril 2016 09 h 07

      Je suis d'accord avec vous, 2 ou 3 policiers devant 1 homme avec un couteau c'est facile pour des policiers,en plus avec un "tazer gun"de
      maitriser sans tuer. Comme vs dites bien "les barbares sont parmi nous"

      Andrée Phoénix-Baril

  • Maryse Veilleux - Abonnée 26 avril 2016 22 h 58

    Savoir viser

    Un bon jugement voudrait que lorsqu'ils font feu, ils atteignent la personne dans une partie du corps en vue de maitriser l'individu, comme dans le bras ou une jambe. Pour le blesser et le maîtriser. Mais pas pour le tuer.