Le mandat du SPVM élargi à tout le territoire québécois

Vigile en mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées, le 31 octobre à Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Vigile en mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées, le 31 octobre à Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pourra désormais enquêter sur toutes les plaintes criminelles de femmes autochtones contre tous les corps policiers du Québec, partout dans la province, a annoncé le gouvernement québécois mardi.

L’automne dernier, un reportage troublant de Radio-Canada avait mis en lumière des allégations graves d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir qui auraient été commis par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) contre des femmes autochtones à Val-d’Or. Québec avait mandaté le SPVM pour mener l’enquête sur la SQ.

Mardi, le gouvernement québécois a annoncé qu’il élargit le mandat du SPVM en lui donnant tout le territoire du Québec et les agents de tous les corps policiers, si ceux-ci sont accusés de gestes inadmissibles de nature criminelle envers les femmes autochtones.

De plus, toutes les enquêtes actuellement menées par la Sûreté du Québec (SQ) à ce sujet seront transférées au SPVM — sauf lorsque le SPVM est visé, évidemment, a fait savoir en conférence de presse le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Québec ajoute aussi une ressource pour les femmes autochtones qui veulent dénoncer des policiers : une nouvelle ligne téléphonique sera à leur disposition. Elle sera gérée par l’organisme Services parajudiciaires autochtones du Québec, qui reçoit aussi pour mandat de les accompagner dans leur processus de dénonciation auprès du SPVM. Des membres de l’organisme les dirigeront ensuite vers le centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) où elles pourront recevoir des soins et de l’aide.

Favoriser la confiance

Une ligne téléphonique existait déjà pour elles auprès du SPVM, mais cette « seconde porte d’entrée » peut être nécessaire pour celles qui hésitent à dénoncer un policier à un autre policier, reconnaît M. Coiteux. Il dit vouloir que les femmes « puissent être en confiance et qu’elles n’hésitent pas à porter plainte ».

« Dénoncer des cas d’agression sexuelle, c’est difficile pour toute femme. On le sait. Alors, a fortiori, dénoncer un cas d’agression sexuelle qui viserait un policier, le dénoncer devant un policier, c’est encore beaucoup plus difficile. Alors, on met sur pied […] un mécanisme qui va les mettre en confiance », a-t-il dit.

Le gouvernement dit avoir aussi l’intention de bonifier la formation offerte aux policiers à l’École nationale de police du Québec afin que ces derniers soient davantage informés et mieux outillés lorsqu’ils sont appelés à interagir avec les membres des communautés autochtones, particulièrement les femmes.

M. Coiteux dit avoir demandé au directeur général de la SQ de s’assurer que la pratique de « cure géographique » n’est faite en aucun cas. Celle-ci se produit lorsque des policiers abandonnent des autochtones à des lieues de chez eux pour qu’ils dégrisent. Le ministre parle de « tolérance zéro » à ce sujet.

M. Coiteux ne veut pas blâmer la SQ pour la façon dont elle a traité les plaintes des femmes autochtones. « Je ne me prononcerai pas sur le passé, mais par contre je veux m’assurer que toutes celles qui ont vécu une situation dramatique et qui doivent et qui veulent dénoncer ont tout le soutien nécessaire pour le faire », a-t-il dit.

3 commentaires
  • Alain Massicotte - Abonné 6 avril 2016 00 h 58

    Le mandat du spvm élargie à tout le territoire québecquois

    Enfin une nouvelle qui de prim abord semble favoriser les femmes autochtones afin qu'elles puissent porter plaintes , pas nécessairement à un policier, moi non plus je n'aurrais pas confiance mais par et avec leurs représententes qui les représente. Il existe une culture de la violence chez les policiers et ces femmes ne peuvent leurs faire confiance malgré les belles paroles de leur porte parole.!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Alain Massicotte(Trois-Rivières)

  • Pierre Asselin - Abonné 6 avril 2016 09 h 06

    Bonifier la Formation !!!!

    Bonifier la formation pour expliquer aux policiers que ce n'est pas bien d'abuser et d'agresser , ce sont des tests beaucoup plus poussés qui seraient nécessaires pour évaluer les valeurs morales et sociales avant de de permettre à certaines personnes d'exercer ce métier .Il me semble que la majorité des citoyens savent et comprennent que abus et agression sont de actes criminels , même les criminels le savent puisqu'ils se cachent pour commettre ces actes criminels

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 6 avril 2016 11 h 38

    Bravo à Enquête!!!

    Démoralisant est un mot beaucoup trop joyeux pour décrire ce scandale qu'à déterré Enquête.

    J'ai ma petite rancune contre eux pour avoir donné crédit à Gilles Cloutier, compassion au Juge Delisle et Déshonneur a mon pote Renaud Lachance.

    Mais disons qu'avec ce reportage et celui sur la Palestine ils se rachètent.

    Chapeau!

    Je nous trouve en général beaucoup trop indifférents au sort des autochtones.

    Je n'ai pas de mot, il faudrait en inventer un pour un tel degré de petitesse populaire.

    Moi je suis très fière de mes racines autochtones de mes deux côtés, et j'ai dit a Justin dans le sondage qu'il m'a envoyé, ainsi qu'à sa Sophie qui m'a aussi envoyé le sien, que les relations avec les premières nations devaient être la priorité numéro un du Canada.

    Je le pense fermement!

    Kateri de la Baie