Les victimes des Clercs de Saint-Viateur se partageront 30 millions

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Des enfants sourds qui ont été victimes d’agressions sexuelles, alors qu’ils étudiaient dans une école spécialisée tenue par les Clercs de Saint-Viateur à Montréal de 1940 à 1982, ont obtenu 30 millions de dollars en compensation dans le cadre d’une entente, sans avoir à se rendre en procès.

Ces anciens élèves — tous des garçons — ont obtenu 10 millions de dollars de plus la semaine dernière après une entente conclue avec l’Institut Raymond-Dewar (autrefois appelé l’Institution des sourds de Montréal). Ils avaient auparavant obtenu 20 millions de dollars des Clercs de Saint-Viateur, des religieux qui dirigeaient l’institution et y enseignaient.

Un montant de dommages record, selon le cabinet d’avocats Kugler Kandestin, qui représente le Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain ayant intenté l’action collective. « Ce règlement de 30 millions de dollars représente de loin l’indemnisation la plus élevée jamais payée au Québec pour des agressions sexuelles commises sur des mineurs. Le règlement est excellent, et il permettra aux victimes d’être indemnisées dans le cadre d’un processus de réclamation simplifié et confidentiel »,a déclaré Me Robert Kugler dans un communiqué.

« Nous espérons que ce règlement puisse non seulement aider les victimes de notre groupe, mais également donner confiance aux autres victimes dans notre système de justice », a ajouté Me Pierre Boivin, qui agit depuis de nombreuses années pour le compte de victimes d’agressions sexuelles.

La juge Eva Petras, de la Cour supérieure du Québec, a approuvé ce règlement mardi, rapporte le cabinet.

Réclamations confidentielles

Intentée en 2010, la demande d’action collective visait les Clercs de Saint-Viateur et l’Institut Raymond-Dewar. Les victimes réclamaient des dommages individualisés, mais aussi 100 000 $ chacune pour dommages punitifs.

Un juge va plus tard déterminer le montant auquel aura droit chacune des victimes. Et pour les protéger, le règlement prévoit que les défendeurs — les Clercs et l’Institut Raymond-Dewar — n’auront aucun droit de connaître les noms des victimes et aucun droit de contester leurs réclamations. Dans certains cas, les agressions ont duré des années, et des victimes disent avoir été battues pour avoir tenté de dénoncer leurs agresseurs.